‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 128 sur 312 · LA DIVINATION · texte numérisé non relu

LA DIVINATION

comme il conviendrait, remarquons simplement avec saint Thomas que l'idolâtrie a sa cause dispositive dans rhomme par le dérèglement des afTections, par l'amour des simulacres ou des images et^ par l'ignorance du vrai Dieu, et sa cause complétive dans les démons qui se sont offerts à l'adoration de l'homme en lui donnant des réponses, et en faisant des prodiges au moyen des idoles (i).

II. Divination. — i. Sa nature. L'homme, dans son avidité insatiable de tout connaître et de tout savoir, même les secrets les plus cachés et les événements futurs qui dépendent des causes matérielles ou libres, se flatte parfois de pénétrer ces secrets et de découvrir l'avenir en dépit de l'impuissance de la raison et du silence de la foi : il a recours alors à la divination. Le devin se prétend divin et se dit posséder des moyens d'aboutir. Qu'il s'agisse de î faits existants mais cachés ou d'événements futurs humainement inconnaissables et inaccessibles à la science, peu importe, l'homme qui se livre à l'art j divinatoire usurpe un privilège qui appartient exclu- 1 sivement à Dieu. C'est toujours une recherche vaine ' et superstitieuse ; et dès que cette recherche se fait ; explicitement ou implicitement par une intervenj tion diabolique, elle est un péché grave. \ 2. Ses espèces. — La divination se sert du secours ides démons, soit par une invocation formelle, soit par l'utilisation de leur intervention subtile. Quand on les invoque expressément, les esprits de malice

I. Siim. theoL, IP Ipe, Q, xciv, a. 4- Inutile de rappeler en détail les formes multiples de l'idolâtrie ; cela nous entraînerait trop loin. De Broglie, dans Problèmes et conclusions de l'histoire des religions, p. 92 sq., a résumé les divers modes de décomposition de l'idée primordiale du Dieu unique, ou plu-

,tôt de l'attribution faite à divers sujets distraits de la notion

[deflmnité,

révèlent l'avenir de plusieurs manières. D'abord en frappant l'œil ou l'oreille de l'homme par de vains artifices : c'est ce qu'on appelle les prestiges, parce que ces phénomènes fascinent, éblouissent, trompent les regards. Ensuite, par des rêves : c'est Vonéiromancie (i) ; par l'intervention des morts, ou la nécromancie (2) ; par celle d'êtres vivants, la pythomancie. Parfois ils font connaître l'avenir par des signes ou des figures qui apparaissent dans des objets inanimés. Quand ces indices révélateurs se montrent dans une chose appartenant à la terre, comme le bois, le fer, une pierre polie, c'est la géomancie ; quand ils se manifestent dans l'eau, c'est Vhydromancie; quand c'est dans l'air, c'est Vaéromancie ; quand c'est dans le feu, c'est la py romande; quand c'est dans les entrailles des animaux immolés aux démons, c'est Varuspice. — En second lieu, la divination qui se fait sous l'invocation formelle du démon se subdivise en deux genres. Le premier renferme toutes les vaines pratiques dans lesquelles on observe, pour découvrir l'avenir, les dispositions de certaines choses : V astrologie examine le mouvement des astres ; Vaugure, de avium garritus, le chant des oiseaux ; Vauspice, de avium inspection le vol des oiseaux ; le présage applique à un événement des paroles prononcées comme par hasard. Ensuite, quand on cherche l'avenir dans la disposition des figures qui se rencontrent sur certains corps, la divination se subdivise encore en chiromancie, quand on étudie les lignes de la main,

I . Il y a aussi la phrénologie, étude du crâne ; le cumberlandisme, étude des impulsions et des mouvements des muscles ; la graphologie, étude de l'écriture ; le somnambulisme, Vhypnotisme, le magnétisme, ou sommeil provoqué ; la télépathie, action à distance; le don de seconde vue, etc. — a. A joindre à cette énumération de saint Tbomas, l§ spiritisme*

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