‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 129 sur 312 · LA DIVINATION · texte numérisé non relu

LA DIVINATION

et en spatulomancie , quand on étudie les omoplates d'un animal (i).

La divination faite sans l'invocation formelle du démon comprend toutes les pratiques superstitieuses dans lesquelles on étudie les effets produits par certains actes que l'on pose pour découvrir les choses cachées, ou certaines formes et figures que prennent certains objets dans tel ou tel cas (2).

3. Sa gravité. La divination par invocation des démons est gravement illicite par l'appel même adressé aux démons et par les suites qu'elle entraîne. Car c'est prêter au démon un rôle qui n'est pas le sien et se confier pour ainsi dire à sa discrétion (3). Il est permis, par l'inspection des astres, de prédire des éclipses, comme aussi, par Tétude des I phénomènes météorologiques, d'essayer de prévoir le temps qu'il; fera, car c'est là proprement de la science ; mais prétendre prévoir avec certitude de la même manière des événements fortuits et libres, c'est alors un acte défendu de divination superstitieuse (4). On doit en dire autant de la prédiction

I. Il y a tant et tant de manières, tant et tant de moyens, auxquels on ajoute quelque autorité : ustensiles de ménage, salières renversées, couteaux en croix, miroirs magiques, baguettes de coudrier, tables tournantes, nombres fatidiques, coups de dés, dessins bizarres, jeux de cartes, jours néfastes, rencontres fâcheuses, le mauvais œil, etc., etc. On dirait que l'homme s'en prend à tout pour se tromper lui-même ou pour tromper les autres ; souvent, il est vrai, sans arrièrepensée ni intention coupable, par faiblesse d'esprit, curiosité simple, pure distraction ou passe-temps ; souvent aussi par exploitation de la crédulité naïve et dans un but intéressé de lucre ; mais ce qui est condamnable, comme le note le Docteur angélique, dans beaucoup de ces pratiques qui, par ellesmêmes sont insignifiantes ou indifférentes, c'est le recours explicite ou implicite à une intervention diabolique. — a. Sum. theoL, II» II", Q. xcv, a, t-3. — 3, Ibid.^ a. 4r — 4* Wid,, a. 5,

de l'avenir par les songes : quand ces songes viennent d'une révélation divine ou d'une cause naturelle, soit intrinsèque, soit extrinsèque, lorsque d'ailleurs on ne dépasse pas les limites que peut atteindre cette cause, il n'y a point là de divination superstitieuse et défendue. Mais lorsqu'on veut découvrir l'avenir par une révélation des mauvais anges avec lesquels on fait, soit un pacte exprès en les invoquant, soit un pacte tacite en dépassant la vertu de la cause employée, c'est divination superstitieuse et illicite (i). Quand la divination par les augures ou par les présages dépasse les effets que leurs causes peuvent produire dans l'ordre de la nature ou de la providence, elle est superstitieuse et illicite (2). Enfin quand on fait dépendre le sort de la disposition des astres ou de l'action des démons, le sortilège est illicite ; mais il peut être permis quand on consulte le jugement divin par le sort, pourvu qu'on ne le fasse pas sans nécessité, contre le respect dû à l'Etre souverain, en appliquant les oracles célestes aux affaires terrestres ou pour conférer les dignités ecclésiastiques (3).

On doit donc regarder comme très coupable u toute sérieuse tentative de connaître par divination les choses contingentes, libres, sues de Dieu ou de leur auteur seulement. Les procédés choisis pourcette divination sont toujours gravement superstitieux, dès qu'explicitement ou implicitement ils font place au démon, le provoquant pour ainsi dire à fournir les connaissances cherchées. L'appeler expressément à son aide est évidemment le comble de la malice, mais le reste n'est pas pure bagatelle. Subjectivement pourtant, on ne pécherait pas mor-

I. Sujn. theol,, II» II", Q. xcv, a^. 6. — 3. Ibid,, a. 7. — 3. Ibid., a. 8,

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