MAGNETISME, SOMNAMBULISME, HYPNOTISME QQQ
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tellement si, par ignorance ou sottise, enfantillage ou bravade,, entraînement ou amusement frivoles, on allait consulter les diseurs de bonne aventure, les somnambules, les médiums et les autres occultistes. Donner la comédie de salon en interprétant les lignes de la main ou les bosses du crâne, la buée des carafes ou le marc de café, n'est pas sans doute très spirituel, ce n'est pourtant pas bien méchant, à moins que l'on n'arrive à prendre son propre rôle au sérieux ou à scandaliser fortement le prochain, ce qui n'est point rare et doit faire réfléchir sur les inconvénients de ces petits jeux et talents de société (i). ))
4. A propos du magnétisme, du somnambulisme et de r hypnotisme, il importe de bien distinguer : ils peuvent être l'objet d'études scientifiques, à l'exclusion de toute pensée superstitieuse, et dès lors ils ne sont pas condamnables ; mais ils sont repréhensibles dès qu'ils sont entachés de superstition. C'est dans ce sens que l'Eglise les déclare licites ou les condamne. La question avait été posée dès i8/io, à propos du magnétisme ; et voici la réponse du Saint- Office : (( Toute erreur, tout sortilège, toute invocation explicite ou implicite du démon étant écartés, la simple action d'employer des moyens physiques d'ailleurs licites n'est pas moralement défendue, pourvu qu'elle ne tende pas à une fin illicite ou mauvaise en quelque façon ; quant à l'application de principes ou de moyens purement physiques à des choses ou effets vraiment surnaturels, pour les expliquer physiquement, ce n'est rien qu'une déception illicite et de tendance hérétique (2). » Le 4 août
I. Didiot, Vertu de religion, n. 600, p. 471. — a. «Le I magnétisme sans divination, dit Didiot, loc. cit., n. 6o5, p. 476, peut bien être assimilé à l'alcool ou au chloral 3aps intempérance, à la cocaïne pq au chloroforDie sans im-
i856, dans une lettre adressée à l'univers entier, la même Congrégation revint sur ce sujet: «Un certain nouveau genre de superstition, dit-elle, se greffe sur les phénomènes magnétiques, dont plusieurs de nos contemporains s'occupent, non pour développer les sciences physiques, comme cela serait convenable, mais pour tromper et séduire les hommes, se persuadant qu'ils peuvent par l'art ou les prestiges du magnétisme, surtout avec le concours de malheureuses qui dépendent uniquement de la volonté du magnétiseur, découvrir des faits occultes, éloignés et futurs. » Le Saint-Office rappelle alors les diverses réponses déjàfaitesàce sujet, les condamnationsdéjàportées contre certains livres, ainsi que le texte cité plus haut, pour bien montrer que le magnétisme à but scientifique ou thérapeutique est laissé de côté et qu'il ne s'agit que du magnétisme superstitieusement divinatoire ; puis il signale les déplorables résultats de cet engouement superstitieux, les inconvenances du somnambulisme et les prétentions incroyables de la claire intuition, les médiums se vantant de voir l'invisible, se mêlant « de parler de religion, d'évoquer les âmes des morts et de recevoir leurs réponses, de découvrir des choses ignorées et lointaines ; » et
prudence. Le sommeil, provoqué par des procédés strictement modestes, peut être aussi moral que provoqué par une dose prudente de laudanum. Les phénomènes qui l'accompagnent spontanément, ne sont pas nécessairement dirigés dans un sens divinatoire et superstitieux, non plus que les phénomènes accompagnant l'inhalation d'un gaz exhilarant ne sont toujours et fatalement coordonnés vers une joie voluptueuse et immorale. Qu'on ne demande pas au magnétisme, au somnambulisme (et à l'hypnotisme) autre chose que des résultats physiologiques ou thérapeutiques d'ailleurs licites en eux-mêmes, et n'impliquant vraiment aucun désordre passionnel, et prob{iI?lement Rome m verra rien fj'illiçite dans son us^ge. «
OBSERVANCES VAINES Ot DANGEREUSES 3oi
tout cela dans un but de lucre, avec des procédés contraires à la foi et aux bonnes mœurs. En conséquence, il condamne ces pratiques supertitieuses comme étant à la fois une déception totalement illicite, de tendance hérétique, et un scandale contre Thonnêteté des mœurs (i). Cette solution fort sage s'applique à l'hypnotisme tel qu'il a été pratiqué dans la suite.
III. Observances vaines ou dangereuses. — i. Il en est pour acquérir la science, tel l'art notoire. L'art notoire est illicite, parce qu'il prescrit, pour acquérir la science, des moyens qui ne peuvent la donner, comme l'inspection de certaines figures, l'articulation de paroles incomprises et autres pratiques semblables ; ce ne sont pas là des signes institués par Dieu. Il est de plus inefficace, car il néglige les moyens qui donnent la science naturellement ; et celui qui s'y livre ne peut compter que sur Dieu ou le démon. Mais Dieu n'accorde le don gratuit de la sagesse et de la science qu'à qui il veut et comme il veut, et non à la condition de certaines observances ; et quant au démon, il est dans l'impossibilité I de donner ce que réclame l'art notoire (2).
2. // est d'autres observances qui ont pour but d'agir sur le corps, de rendre la santé ou de produire des effets semblables par des moyens qui n'ont pas en eux-mêmes la vertu de produire de tels effets, comme l'art magique, Temploi de ligatures, de charmes, d'amulettes, de remèdes proscrits par la \ science médicale (3). Ce qu'on appelle la magie blan- ( he (l\) est une chose parfois plus ridicule qu'irrélij
I I. Denzinger, n. i653, i654. — 2. Sam. theoL, IP ll^e,
Q. xcvi, a. I. — 3. Ibid., a. 2. — 4. « On la voit, par
* exemple, convaincue de Tefficacité de certains chiffres,
de certains nombres, pour donner aux prières ou aux
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gieuse et en général inoffensive, à moins qu'elle n'implique une évocation plus ou moins expresse du démon. Mais la magie noire est autrement grave (i), parce qu'elle suppose un commerce diabolique, entraîne à des actes coupables et vise un but trop souvent immoral.
3. Quand on cherche dans les observances divinatoires, non pas les causes, mais les signes des événements favorables ou funestes, on commet un acte illicite et superstitieux. Car ces signes n'ont pas Dieu pour auteur ; ils n'ont pas été indiqués par l'autorité divine, mais par la vaine ignorance avec le concours du démon qui s'efforce d'impliquer l'esprit de Thomme dans la vanité. C'est là un reste de Tido-
jeùnes une valeur toute spéciale : de l'efficacité des caractères bizarres, des mots absurdes, des formules étranges, pour composer des prières de choix ; de l'efficacité d'herbes cueillies tel jour de la semaine, à telle heure de la soirée, en présence de tel quartier de lune, pour préparer des breuvages ou des sachets de santé absolument merveilleux ; de l'efficacité de certains A'ersets bibliques, de certaines reliques au moins suspectes, pour fabriquer des phylactères ou des amulettes préservant d'une foule d'accidents ; de l'efficacité des perles de corail ou des cornes de buffle, pour retourner contre les gens à mauvais œil rinfiuence de leur redoutable regard, etc. » Didiot, Vertu de religion, n. 6i3, p. ^8G.
I. « Le commerce avec les puissances infernales y est fréquent par appels et pactes, abominable culte, luxure innommable, maléfices dirigés contre les individus et contre les sociétés, leçons diaboliques de sciences et arts, philtres d'amour ou de haine, drogues de santé ou de maladie. Que l'imagination et la crédulité, les névroses et la folie, aient joué un grand rôte dans les faits et gestes des magiciens et des sorciers d'autrefois ; que les récits de diableries et les descriptions des sabbats soient justement taxés de forte exagération ; qu'il y ait eu des épidémies d'illusions lamentables et de répressions féroces... il faut pourtant bien se garder de nier en bloc tout ce que les annales des sciences occultes rappor tent du passé. » Didiot, ibid.
LA TENTATION DE DIEU 3o3
latrie, qui consultait les augures et admettait des jours fastes ou néfastes ; elles se rapprochent sous un rapport de la divination par les astres qui séparent et distinguent les jours, mais elles s'en écartent en ce qu'elles n'impliquent ni la raison ni l'art, ce qui les rend plus vaines et plus superstitieuses (i).
B. — Péchés contre la religion par défaut. — Ces péchés d'irréligion accusent un manque de respect ou de révérence, soit envers Dieu lui-même, comme dans la tentation de Dieu et le parjure, soit envers les choses consacrées à Dieu, comme dans le sacrilège et la simonie.
I. Tentation de Dieu. — i. Sa nature. Tenter, c'est à proprement parler, essayer, sonder, mettre à l'épreuve quelqu'un soit en paroles, soit par des actes ; par parole, quand on dit une chose pour découvrir si une personne sait ce qu'on lui demande ou si elle peut et veut le faire ; par action, quand on pose un acte pour sonder sa volonté, sa puissance ou sa prudence. Tenter Dieu, c'est n'attendre d'effet que de sa puissance en négligeant les moyens ordinaires. On le tente expressément ou formellement quand on dit ou fait une chose pour mettre à l'épreuve sa puissance, sa bonté ; on le tente d'une façon interprétative lorsque, sans vouloir mettre à l'épreuve ses attributs suprêmes, on dit ou fait quelque chose qui semble ne pas admettre d'autre but (2). C'est * tenter Dieu, par exemple, quand on a embrassé la 'foi en connaissance de cause, que de chercher [encore à savoir si sa révélation est vraie ; il y a là ■une défiance ou un doute téméraire ; c'est tenter
I. Sum. theol.y II* IL''^ Q. xcvi, a. 3. — 2. Sum. iheol., II« il"-', Q. xcvn, a. I.
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Dieu que de ne vouloir pas prendre les moyens qu'il a prescrits pour se sauver ou éviter le péché.
2. Sa malice. La défense portée par le Deutéronome : « Vous ne (enterez point Jéhovah, votre Dieu{i), )) a été rappelée par Notre Seigneur, lorsque le démon, sur le pinacle du temple, lui dit: « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous d'ici en bas. Car il est écrit : Il a été donné pour vous l'ordre à ses anges de vous garder et de vous prendre entre leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre (2). »
Tenter Dieu pour connaître sa vertu est donc un péché, puisqu'on agit dans l'ignorance ou le doute de ses perfections. Ce n'est point le tenter lorsque, dans un cas de nécessité, on met à l'épreuve ses attributs, dont on ne doute point, mais pour les faire connaître aux autres. C'est ainsi qu'agirent les Apôtres, quand ils disaient : « Seigneur, considérez leurs menaces et donnez à vos serviteurs d'annoncer votive parole avec une pleine assurance, en étendant votre main, pour qu'il se fasse des guérisons, des miracles et des prodiges, par le nom de votre serviteur Jésus (3). » Il arrive parfois que, par excès de zèle, par imprudence, on affronte des entreprises, bonnes en elles-mêmes, mais pour lesquelles on n'est pas fait ; on tente alors réellement Dieu et Ton s'expose à échouer lamentablement, à scandaliser et à exciter contre Dieu des outrages ou des blasphèmes. Compter sur la guérison sans vouloir prendre de remèdes, sur le succès sans faire effort ni travail, sur la persévérance dans le bien sans éviter les occasions prochaines du mal, c'est tenter Dieu et se rendre coupable. Il y a là une faute contre la prudence et aussi contre la religion ; car c'est mettre en quelque sorte Dieu à demeure d'intervenir miraculeusement,