Pénalités canoniques. La simonie est un crime
I. Prop. 25 ; Denzinger, n. 6o5 (5oi). — 2. En i665, Alexandre VII condamne cette proposition : « Il n'est pas contre la justice de ne pas conférer gratuitement les bénéfices ecclésiastiques ; car le collateur, conférant ces bénéfices moyennant de l'argent, ne l'exige pas pour la collation du bénéfice, mais en vue pour ainsi dire de l'avantage temporel qu'il n'était pas tenu de vous conférer. » Prop. 22; Denzinger, n. 1 122 (998). Le collateur ne donne rien qui lui appartienne et dont il ait le droit de retirer un revenu quelconque; il confère le bien de l'Eglise et de Jésus-Christ, non le sien. — Innocent XI, le 2 mars 1679, condamna ces deux autres : « Donner le temporel pour le spirituel n'est pas simonie, quand le temporel n'est pas donné comme prix, mais seulement comme motif de conférer ou de faire le spirituel ; ou encore quand le temporel est uniquement une compensation gratuite pour le spirituel, ou bien à l'inverse. » « Il en est encore ainsi lors même que le temporel serait le principal motif de donner le spirituel, et lors même qu'il serait la fin de cette chose spirituelle, au point d'être estimée plus qu'elle. » Prop. 45-4^ ; Denzinger, n. 1195-1196 (io62-io63).
détestable et une faute grave, quand il y a matière grave, et la matière est toujours grave dans la vente proprement dite des sacrements, des pouvoirs spirituels, des bénéfices et des charges ecclésiastiques, quand il y a une prohibition absolue de la part de l'Eglise, et lorsque les conséquences en sont dangereuses, soit pour le clergé par l'admission de sujets indignes, soit pour les fidèles par les scandales qui en sont la suite ordinaire. Et c'est pourquoi l'Eglise a maintenu dans sa législation des peines sévères: celle de V excommunication encourue ipso jacto et réservée au pape contre la simonie réelle ou confidentielle en matière bénéfîciale, contre la simonie pour entrée en religion, contre le trafic lucratif des indulgences, des autres grâces spirituelles et des honoraires de messe (i) ; celle de la menace de suspense, d'interdit et d'excommunication contre le prélat qui commettrait un acte de simonie dans une ordination, de suspense et d'excommunication contre Fordonné et contre quiconque pratiquerait la simonie dans l'administration des sacrements et des sacramentaux. Il y a enfin annulation ipso facto de tout acte simoniaque et des actes même réguliers qui auraient pu suivre, irrégularité et note d'infamie pour les délinquants (2).
I. Invocation des saints. — « Quand Messieurs de la religion prétendue réformée nous objectent qu'en adressant nos prières aux saints, et en les honorant comme présents par toute la terre, nous leur attribuons une espèce d'immensité, ou du moins la connaissance du secret des cœurs, qu'il paraît néanmoins que Dieu se réserve par tant de témoignages de l'Ecriture, ils ne considèrent pas assez notre doctrine. Car enfin, sans examiner
I. Cf. Bulle Apostolicœ Sedis, la octobre 1869. — a. Santi, Prœlect, Jaris canonici, L. v, tit. 3.
INVOCATION DÉS SAINTS 3ll
quel fondement on peut avoir d'attribuer aux saints, jusqu'à certain degré, la connaissance des choses qui se passent parmi nous, ou même de nos secrètes pensées, il est manifeste que ce n'est point élever la créature au dessus de sa condition, que de dire qu'elle a quelque connaissance de ces choses par la lumière que Dieu lui en communique. L'exemple des prophètes le justifie clairement. Dieu n'ayant pas même dédaigné de leur découvrir les choses futures, quoiqu'elles semblent plus particulièrement réservées à sa connaissance. Au reste, jamais aucun catholique n'a pensé que les saints connussent par euxmêmes nos besoins, ni même les désirs pour lesquels nous leur faisons de secrètes prières. L'Eglise se contente d'enseigner, avec toute l'antiquité, que ces prières sont très profitables à ceux qui les font, soit que les saints les apprennent par le ministère et le commerce des anges, qui, suivant le témoignage de l'Ecriture, savent ce qui se passe parmi nous, étant établis par ordre de Dieu esprits administrateurs pour concourir à l'œuvre de notre salut; soit que Dieu même leur fasse connaître nos désirs par une révélation particulière ; soit enfin qu'il leur en découvre le secret dans son essence infinie, où toute vérité est comprise. Ainsi l'Eglise n'a rien décidé sur les différents moyens dont il plaît à Dieu de se servir pour cela. Mais quels que soient ces moyens, toujours est-il véritable qu'elle n'attribue à la créature aucune des perfections divines, comme faisaient les idolâtres, puisqu'elle ne permet de reconnaître, dans les plus grands saints, aucun degré d'excellence qui ne vienne de Dieu, ni aucune considération devant ses yeux que parleurs vertus, ni aucune vertu qui ne soit un don de sa grâce, ni aucune connaissance des choses humaines que celle qu'il leur communique, ni aucun pouvoir de nous assister que par leurs prières, ni enfin aucune félicité que par une soumission et une conformité parfaite à la volonté divine. » Bossuet, Exposition de la doctrine de l'Eglise catholique, Œuvres y Paris, i836, t. v, p. 386.
2. Culte des Images. — « Pour les images, le concile de Trente défend expressément d'y croire aucune divinité
3l2 LE CATECHISME ROMAIN
OU vertu par laquelle on les doive révérer, de leur demander aucune grâce, et d'y attacher sa confiance, et veut que tout l'honneur se rapporte aux originaux qu'elles représentent. Toutes ces paroles du concile sont autant de caractères qui servent à nous faire distinguer des idolâtres, puisque, bien loin de croire comme eux que quelque divinité habite dans les images, nous ne leur attribuons aucune vertu que celle d'exciter en nous le souvenir des originaux. C'est sur cela qu'est fondé l'honneur qu'on rend aux images. On ne peut nier, par exemple, que celle de Jésus-Christ crucifié, lorsque nous la regardons, n'excite plus vivement en nous le souvenir de Celui qui nous a aimés jusqu'à se livrer pour nous à la mort. Tant que l'image présente à nos yeux fait durer un si précieux souvenir dans notre âme, nous sommes portés à témoigner, par quelques marques extérieures, jusqu'où va notre reconnaissance ; et nous faisons voir, en nous humiliant en présence de l'image, quelle est notre soumission pour son divin original. Ainsi, à parler précisément et selon le style ecclésiastique, quand nous rendons honneur à l'image d'un apôtre ou d'un martyr, notre intention n'est pas tant d'honorer l'image que d'honorer l'apôtre ou le martyr, en présence de l'image... Enfin on peut connaître en quel esprit l'Eglise honore les images, par l'honneur qu'elle rend à la croix et au livre de l'Evangile. Tout le monde voit bien que devant la croix elle adore Celui qui a porté nos crimes sur le bois, et que si ses enfants inclinent la tête devant le livre de l'Evangile, s'ils se lèvent par honneur quand on le porte devant eux, et s'ils le baisent avec respect, tout cet honneur se termine à la vérité éternelle qui nous y est proposée. Il faut être peu équitable pour appeler idolâtrie ce mouvement religieux qui nous fait découvrir et baisser la tête devant l'image de la croix, en mémoire de Celui qui a été crucifié pour l'amour de nous ; [ et ce serait être trop aveugle que de ne pas apercevoir l'extrême différence qu'il y a entre ceux qui se confiaient aux idoles, par l'opinion qu'ils avaient que quelque divinité ou quelque vertu y était, pour ainsi dire, attachée, et peux qui déclarent, comme nous, qu'ils ne se veulent; sei:»
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vir des images que pour élever leur esprit au ciel, afin d'y honorer Jésus ou les saints, et dans les saints Dieu même, qui est l'auteur de toute sanctification et de toute grâce. » Bossuet, Ibid., p. 386.
3. Culte des reliques. — « On doit entendre delà même sorte l'honneur que nous, rendons aux reliques, à l'exemple des premiers siècles de l'Eglise ; et si nos adversaires considéraient que nous regardons les corps des saints comme ayant été les victimes de Dieu par le martyre ou par la pénitence, ils ne croiraient pas que l'honneur que nous leur rendons, par ce motif, pût nous détacher de celui que nous rendons à Dieu même... S'ils considéraient que tout le culte extérieur de l'Eglise catholique a sa source en Dieu même, et qu'il y retourne, ils ne croiraient jamais que ce culte, que lui seul anime, pût exciter sa jalousie; ils verraient, au contraire, que si Dieu, tout jaloux qu'il est de l'amour des hommes, ne nous regarde pas comme si nous nous partagions entre lui et la créature, quand nous aimons notre prochain pour l'amour de lui ; ce même Dieu, quoique jaloux du respect des fidèles, ne les regarde comme s'ils partageaient le culte qu'ils ne doivent qu'à lui seul, quand ils honorent, par le respect qu'ils ont pour lui, ceux qu'il a honorés lui-même... Si nos adversaires considéraient paisiblement les explications précédentes, qui comprennent la doctrine expresse du concile de Trente, ils cesseraient de nous objecter que nous blessons la médiation de Jésus-Christ, et que nous invoquons les saints ou que nous adorons les images d'une manière qui n'est propre qu'à Dieu. » Bossuet. Ibid., p. 387.
4. La divination et les démons. — « Incomparablement moins capables que les bons anges de surprendre les vérités renfermées dans la connaissance divine ; réduits à des conjectures habiles, mais nécessairement trompeuses, sur des faits contingents et libres qui ne se voient pas nécessairement dans l'intuition de leurs causes ; poussés par haine de Çieu, par jalousie envers les hommes rachetés, par désespoir surtout, à mentir et à nuire, les démoTis offrent aussi peu (}e titres que possible
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à la confiance de celui qui les interroge ou les écoute. Du reste, pourquoi les évoquer, et de quel droit? Us sont définitivement exclus de l'ordre qui a Dieu pour centre et pour fin. A moins de rompre avec l'ordre, il faut donc rompre avec eux. Qui se commet dans leur compagnie, doit renier celle de Dieu. On dit qu'ils se présentent parfois spontanément, avec de riches enseignements et d'extraordinaires prévisions d'avenir ; qu'on peut bien les écouter puisque Dieu les laisse parler ; qu'on a le droit et presque le devoir de recueillir la vérité partout où elle se trouve ; et qu'au surplus il suffît, pour ne pas pécher, de l'intention bien arrêtée de résister au désordre diabolique. Mais si Dieu permet ces infestations et apparitions, ce n'est pas du tout dans un but à' instruction pour nous ; c'est dans un but à'épreuve, qui précisément nous oblige à repousser les moyens, les prétextes, les avances flatteuses, par lesquels le démon s'elTorce d'entrer en pourparlers avec nous. La science offerte par lui en appât est de si peu de prix ; elle est si suspecte en elle-même, si intimement rattachée aux erreurs dont il est l'apôtre perfide ; elle est si méprisable en comparaison de celle que Dieu met abondamment et très sûrement à notre disposition, dans les sources divines naturelles et surnaturelles auxquelles sa providence même nous a conduits, que nous n'avons aucune bonne raison de consentir à puiser aux citernes infernales, lézardées et fangeuses, dont la Bible reprochait la fréquentation aux Israélites éloignés du droit chemin. Les démons se présentent volontiers sous le nom et l'apparence des bons anges et des saints, qui certainement sont quelquefois envoyés du ciel en terre pour converser avec nous. Une extrême prudence s'impose donc à nous au début de toutes ces manifestations. Y prendre part sans avoir appliqué les règles du discernement des esprits, que l'Eglise possède et communique toujours à qui en a besoin, serait une imprudence gravement coupable. La vertu de religion, avec celles de foi et de charité, interdit énergiquement de se fourvoyer en des milieux ténébreux où la gloire et le culte de Dieu courent tant de risques, et l'honneur des chrétiens tant de dangers. » Didiot, Vertu de religion, n. 596, p. 466.
Leçon IX' Second commandement
I. Ce qui est prescrit: i. Respect du nom de Dieu. — 2. Serment. — 3. Vœu. — II. Ce qui est défendu : i. Blasphème. — 2. Parjure. — 3. Violation des vœux.
E premier commandement du Décalogue pose le principe de tous nos devoirs envers Dieu ; les deux suivants ne font qu'en préciser quelquesuns, dont Dieu a voulu faire l'objet d'un précepte spécial (i). Le second, par exemple, marque une obligation envers le nom même de Dieu.
« Sans doute, observe le Catéchisme Romain (2), le premier commandement qui nous ordonne d'honorer Dieu j avec religion et piété, contient nécessairement le second. Car celui qui veut être honoré, veut par là même qu'on parle de lui avec beaucoup de déférence et interdit le contraire. C'est ce qu'indiquent ces paroles du Seigneur, dans Malachie : « Un homme honore son père, et un serviteur son maître. Or, je suis père, où est l'honneur qui m'appartient ? Et si je suis Seigneur, où est la crainte qui jm'e5^ (/«e (3) ?» Toutefois, à cause de soji importance, jDieu a voulu nous laisser sur l'honneur dû à son nom jdivin et plein de sainteté, un commandement à part, en 'termes clairs et formels. »
I. BIBLIOGRAPHIE : Voiries auteurs signalés en tête de ia leçon iv«. — 2. Cat. Rom., P. III., Sec. Dec. praec, n. i. — 3. Mal., I, 6.
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« Tu ne prendras pas le nom de Jéhovah, ton Dieu, en vain (i). » Sous cette formule négative, ce commandement ne semble viser que les fautes dont on peut se rendre coupable envers le saint nom de Dieu ; il comprend cependant des prescriptions positives, l'une qui est d'honorer le nom de Dieu, l'autre de le faire intervenir dans les serments avec un religieux respect (2). Et tels sont les deux points que traite d'abord le Catéchisme Romain. Mais, comme d'ordinaire les théologiens y joignent le vœu, à cause de certaines analogies qu'il offre avec le serment, il en sera également question ici ; puis on traitera des péchés opposés au respect du nom de Dieu, du serment et des vœux.