‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 141 sur 312 · LE VŒU · texte numérisé non relu

LE VŒU

elle devient publique, au sens canonique du mot ; elle se fait sous le contrôle officiel de l'autorité compétente et donne au vœu, avec une garantie plus grande, une consécration d'ordre particulier.

On peut se lier, soit vis-à-vis d'un ange, soit à l'égard d'un saint ; mais il n'y a de vœu proprement dit que lorsqu'il se rapporte finalement à Dieu. Car il appartient par sa pâture à la vertu de religion, dont Dieu est nécessairement l'objet immédiat ou médiat. Il peut porter sur un acte déjà régi par la vertu de religion, comme le sacrifice ou la prière, et, dans ce cas, il est doublement religieux, par sa nature et par son objet. 11 peut porter aussi sur un acte commandé par une autre vertu, comme le jeûne ou la continence, et alors cet acte rentre dans la vertu de religion par l'engagement ou la promesse dont il est devenu l'objet. En toute hypothèse, l'acte voué est plus parfait que l'acte ordinaire correspondant ; et ce surcroît de perfection lui vient de la nature du vœu lui-même. Car chaque vertu revêt ses actes du caractère qui la distingue et les fait vivre de sa bonté ; mais comme, par le vœu, la religion, qui est la première, la plus noble et la plus sainte des vertus morales, s'empare de ces actes, il s'ensuit qu'il est meilleur de faire une chose par vœu que sans vœu. Grâce au vœu enfin, ce qui n'était jusque-là qu'un bien facultatif devient désormais obligatoire.

2. Sujet du vœu. Tout homme n'est pas capable de faire des vœux. Car le vœu, étant un acte humain par excellence, requiert, chez celui qui le fait, l'usage de la raison, la conscience de l'obligation qu'il va s'imposer, et la pleine liberté. Ce sont là des conditions essentielles, requises par le droit naturel et sanctionnées par le droit canonique. II suffit qu'on possède la jouissance de sa raison,

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qu'on se rende un compte exact de la nature de l'acte qu'on veut poser et des obligations qui en résultent, qu'on ait la libre disposition de soi et que l'on formule de façon expresse la volonté oii on est de s'engager vis-à-vis de Dieu. Mais ce qui manque parfois, c'est la libre disposition de soi ou de tous ses actes; l'enfant est sous la puissance de ses parents, la femme sous la puissance de son mari, l'esclave ou le serf sous celle de son maître. De là vient que ni les uns ni les autres ne peuvent s'obliger par vœu, dans les choses oii ils sont soumis à autrui, sans une autorisation préalable de la part de ceux dont ils dépendent ; et rien n'est plus sage; car sans cela des troubles pourraient en résulter dans les familles et la société. Sous prétexte de rechercher les avantages spirituels et le surcroît de mérites qu'ils offrent, beaucoup s'empresseraient de faire certains vœux pour rompre leurs liens domestiques ou sociaux (i).

En dehors de ces cas de dépendance, où la liberté est limitée, chacun peut faire les vœux qui conviennent à son état et à sa position. Beaucoup plus grande encore est la latitude accordée à ceux qui ont la pleine maîtrise d'eux-mêmes et de leurs actes. Mais toujours, avant de prendre un engagement définitif, s'imposent des devoirs de prudence et de sagesse ; car on pourrait facilement trop présumer de ses forces, et, faute d'expérience, faute aussi de pouvoir prévoir l'avenir, on courrait le risque de s'engager dans des impasses morales, oii les vœux, au lieu d'être une source de bonheur, de paix et de

I. D'après le Concile de Trente, Sess. xxv, De regul., xv, les jeunes gens qui ont atteint l'âge de i6 ans peuvent s'engager par des vœux solennels dans la profession religieuse. L'Eglise limite ici la puissance paternelle en faveur des droits de Dieu et de la vertu de religion.

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