X. Exod; XX
« Il montrera d'abord avec quelle juste raison on a joint des menaces à ce commandement : elles feront connaître et la gravité du péché, et la bonté de Dieu qui, bien loin de se réjouir de la perte des hommes et de nous voir avec plaisir encourir sa colère et son indignation, nous effraie par ces menaces salutaires, dans le but de nous faire éprouver sa bienveillance plutôt que son courroux. Le pasteur appuiera sur ce passage et y insistera avec le plus grand soin pour que le peuple puisse mieux apprécier la gravité de ce crime, le détester avec plus d'horreur et mettre à l'éviter la diligence et les précautions les plus grandes.
« Il montrera ensuite tout ce qu'il y a, dans l'homme, de penchants à commettre ce péché, puisqu'il n'a pas suffi de porter la loi sans l'accompagner de menaces. On ne saurait croire combien cette pensée est utile. Car, de même que rien n'est plus nuisible qu'une imprudente sécurité, de même la conscience de notre propre faiblesse ofTre beaucoup d'avantages.
« II ajoutera aussi que Dieu n'a pas fixé de châtiment spécial, mais qu'il a simplement memacé d'une manière générale de ne point laisser impunis ceux qui se rendraient coupables d'une telle transgression. C'est pourquoi les tourments, qui chaque jour nous affligent, doivent nous avertir de nos péchés sur ce point. Car il est facile de conjecturer que les hommes ne doivent leurs plus grands malheurs qu'à leur infidélité à ce précepte. Et il est très probable qu'en mettant sous leurs yeux le tableau de ces infortunes, on les rendrait plus prudents à l'avenir. Il faut donc que, frappés d'une sainte frayeur, les fidèles fuient ce péché avec le plus grand soin. Si, au jugement dernier, on doit rendre compte de toute parole oiseuse, que dire de ces crimes énormes qui se signalent par un souverain mépris du nom de Dieu (i) ? »
I . Erreurs sur le serment. — Du xii* au xv* siècle, le serment a eu pour adversaires décidés les Vaudois, les