EXCELLENCE DES VOEUX DE RELIGION
en a formé le tissu. Dans cette vie consacrée, il n'y a plus d'actes vulgaires, capricieux ou inutiles. Un commandement formulé au nom de Dieu confère aux actions les plus simples, une valeur, une portée éternelles. Demandez à cet homme ce qu'il fera demain, en quel lieu du monde il portera ses pas, quel emploi il donnera à ses facultés, il l'ignore; au moment d'agir, l'obéissance le lui dira. En apparence, il est le plus assujetti des êtres ; en réalité, il est le plus libre, car cette dépendance, il l'a dioisie une fois, il la veut tous les jours ; elle affranchit son action du caprice, de la passion aveugle, pour la subordonner à une loi raisonnable et sainte, qu'il approuve et qu'il fait sienne par une adhésion renouvelée sans cesse, en pleine lumière de conscience et de volonté.
(( L'arbre est vivant : quelle est la sève qui circule dans ses branches ? C'est l'amour. Le vœu de chasteté prend encore la forme d'un renoncement, mais il contient une plénitude. Si le religieux ferme son cœur aux amours de la terre, ce n'est pas pour rester vide, c'est pour réserver toute sa capacité d'aimer et la remplir du Souverain Bien. Ah ! Dieu, dans sa bonté, daignait déjà se communiquer aux âmes qui soumettaient leurs affections à son empire et ne voulaient rien aimer contre Lui ou plus que Lui ; comment pensez-vous qu'il va se donner à cette âme qui a délibéré de n'aimer que Lui ?
« Regardez maintenant les fruits qui pendent aux rameaux. Nourris de la sève divine, ils auront cette saveur incomparable qui trahit leur céleste origine. La charité envers Dieu est ici plus pure et plus puissante : elle communiquera ses excellences à la charité envers les hommes. Ces pauvres nourriront les pauvres ; ces obéissants convertiront les superbes ; ces cœurs vierges purifieront les cœurs gâtés; ces solitaires réformeront les sociétés malades; ces contemplatifs enseigneront aux foules barbares le prix du travail ; ces humbles garderont les trésors du savoir. Tour à tour l'apostolat et la prière, le labeur qui défriche, la science qui éclaire, la miséricorde surtout, celle qui console et celle qui soulage, celle qui adopte les orphelins, recueille les abandonnés, nourrit les vieillards,
soigne les malades, réhabilite les pécheurs, et, pareille à son divin auteur, traverse le monde en faisant le bien, toutes ces vertus civilisatrices, qui sont ici-bas le cortège du christianisme, recruteront dans l'état monastique les dispensateurs de leurs bienfaits. » n'Hulst, ibid.y p. i4oi43.
Leçon X'
Troisième Commandement
I. Observations préliminaires, — II. Explications de ce précepte. — III. Intervention de l'Eglise .
LE premier commandement du Décalogue a posé les principes de tous nos devoirs envers Dieu, du culte privé et du culte public ; le second a précisé l'un de ces devoirs de religion à l'égard du nom de Dieu, en interdisant le blasphème, en consacrant le serment et en inspirant le vœu ; le troisième précise la périodicité du culte et lui assure son efficacité sociale par l'institution d'un jour consacré chaque semaine à la sanctification et au repos du sabbat (i).
u Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tous tes ouvrages. Mais le septième jour est un sabbat consacré àJéhovah, ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. Car, pendant six jours, Jéhovah a fait le ciel, la terre, la j'Tier, et tout ce qu'ils contiennent, et il s'est reposé le
1. BIBLIOGRAPHIE : Voir les auteurs signalés en tète de la eçon iv«.
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septième jour : c'est pourquoi Jéhovah a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié (i). »
La formule de ce précepte ne parle que du septième jour de chaque semaine sans exclure d'autres jours qu'il faudra célébrer pendant l'année, mais que la législation mosaïque aura soin d'indiquer (2). Il n'y est q^iestion que de la sanctification du sabbat sans dire en quoi elle consiste, sauf pour ce qui regarde le repos ; mais il va de soi qu'une place y sera faite pour la prière, l'offrande et les sacrifices. L'Eglise, en héritant de la Synagogue, aura soin de conserver ce précepte dans toutes ses prescriptions eesentielles, sauf à substituer le dimanche au sabbat, à remplacer les sacrifices sanglants par le sacrifice de la messe et à fixer pendant l'année d'autres jours de fête spécifiquement chrétiennes. C'est ainsi qu'en vertu de son autorité elle précisera, à son tour, par des commandements spéciaux, la manière dont il convient désormais d'observer dans sa plénitude le troisième précepte du Décalogue ; et de nouveaux motifs de sanctifier le dimanche et les jours de fêtes chrétiennes s'ajouteront à ceux qui justifiaient la sanctification du sabbat et des solennités juives.
Les rédacteurs du Catéchisme Romain, n'ayant pas consacré un traité spécial à l'explication des commandements de l'Eglise, mêlent ici des observations qui trouveront mieux leur place ailleurs ; nous nous bornerons donc à traduire leur texte, nous réservant de le compléter dans la suite.