‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 151 sur 312 · LE TROISIÈME COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME COMMANDEMENT

céder de quelques réflexions pratiques l'explication de ce commandement, puis marque en quoi il ressemble aux autres et en quoi il en diffère.

î. Devoirs. — i. Du pasteur. « Ce commandement étant du nombre de ceux qui doivent produire les fruits et les avantages les plus admirables (pour les individus, la famille et la société), il importe surtout que le curé mette le plus grand soin à l'expliquer. Ce premier mot : « Souviéns-toi, » lui offre un puissant motif d'enflammer son zèle ; car si les fidèles doivent se souvenir du précepte, c'est au pasteur de le leur rappeler par des avertissements et des instructions fréquemment répétés (i). »

2. Des fidèles. — « Ce qui montre combien il importe aux fidèles d'observer ce précepte, c'est que son observation scrupuleuse facilite beaucoup l'observation des autres commandements de la loi. En eifet, puisque parmi les devoirs des jours de fête, figure celui de se réunir à l'église pour entendre la parole de Dieu, il suit naturellement que les chrétiens, une fois instruits des décrets divins, garderont la loi du Seigneur de tout leur cœur. C'est pourquoi la solennité et le culte du sabbat sont fréquemment recommandés dans les saintes Lettres, aux livres de l'Exode, du Lévitique, du Deutéronome, et dans les prophéties d'Isaïe, de Jérémie, d'Ezéchiel (2). »

3. Des gouvernements. — « 11 faut aussi avertir et exhorter les princes et les magistrats de prêter l'appui de leur autorité aux chefs de l'Eglise dans tout ce qui intéresse le maintien et le développement de ce culte, et de faire des lois pour obliger le peuple à obéir *aux règles ecclésiastiques (3). »

IL Comparaison de ce précepte avec les autres. — « Dans l'explication de ce commande-

I. Cat. Rom., P. III, Tert, prœc. Decalogi, n. 3. — a. Jbid., n. 4-0.— 3. Ibid,,ïi, 6.

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ment, il convient d'enseigner aux fidèles en quoi il ressemble aux autres et en quoi il en diffère ; c'est le moyen de leur faire connaître la cause et la raison pour lesquelles on ne célèbre et on ne sanctifie plus le sabbat, mais le dimanche. »

1 . Différences. « La différence certaine, c'est que les autres commandements du Décalogue sont fondés sur la nature, qu'ils sont perpétuels et ne sauraient changer pour aucun motif. D'où il suit que, bien que la loi de Moïse ait été abrogée, le peuple chrétien n'en conserve pas moins tous les préceptes des deux tables ; et cela, non point parce que Moïse en a fait un ordre, mais parce qu'ils sont l'expression de la nature, dont la force les pousse à les observer. Quant au précepte du culte sabbatique, à ne le considérer que dans le choix du jour, il n'est ni fixe ni constant, mais mobile ; il n'appartient pas aux mœurs, mais aux cérémonies ; il n'a pas la raison d'être dans la nature, car ce n'est pas la nature qui nous apprend et qui nous porte à rendre à Dieu un culte extérieur ce jour-là plutôt qu'un autre. Les Israélites ne sanctifièrent le jour du sabbat qu'à partir de leur délivrance de la servitude de Pharaon.

« Du reste, l'époque qui devait abolir le culte du sabbat est celle qui devait voir également remplacer toutes les autres parties du culte et des cérémonies mosaïques, c'est-à-dire l'époque delà mort du Christ. Tout cela, en effet, n'était que l'image ébauchée de la lumière et de la vérité ; tout cela devait donc disparaître à l'apparition du Christ, qui est la lumière et la vérité. Aussi saint Paul écrit-il aux Galates, qu'il blâme de conserver encore les rites mosaïques : « Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Tai peur pour vous d'avoir travaillé en vain parmi vous (i). » Il écrivit dans le même sens aux Golossiens (2). »

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