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LE TROISIÈME COMMANDEMENT

1011 point sous'le rapport Fitiiel et cérémoniel, mais parce ju'il touche par un côté au droit naturel et à la morale. Car le culte de Dieu et la vertu de religion sont de droit naturel : c'est la nature qui nous porte à consacrer certaines de nos heures aux choses du culte divin. La preuve en est que, chez tous les peuples, on trouve des fêtes, et des fêles publiques, consacrées aux devoirs religieux. Il est naturel à l'iiomme de réserver une partie de son temps pour les fonctions nécessaires à la vie du corps, comme le repos, le sommeil et autres choses de ce genre. Or, ainsi qu'a notre corps, la nature veut que nous consacrions du temps à notre âme pour qu'elle puisse se retremper dans la contemplation de Dieu. Si donc nous devons consacrer une partie de notre temps pour vaquer à la religion et pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû, le précepte qui l'ordonne appartient par là même à la morale.

« C'est pour cette raison que les Apôtres consacrèrent le premier des sept jours qu'ils appelèrent le jour du Seigneur. Saint Jean en fait mention dans l'Apocalypse (i), et saint Paul ordonne de faire les collectes le

our qui suit le sabbat (2), c'est-à-dire le jour du Seigneur, seloQ l'interprétation de saint Chrysostome. Gela montre :î\ie dès ce temps-là le jour du Seigneur passait pour un

aint jour dans l'Eglise (3). »

I. Apoc, I, 10. — 2. I Cor., XVI, 2. — 8. Cat. Rom.i oc. cit., n. II- 12. Il est certain qu'en dehors de la Réélaiion du Sinaï, on ne trouve chez aucun autre peuple ncien quoique chose d'analogue à la semaine ôt au sabbat. lebdomas appartient au grec des Juifs d'Alexandrie ; lieptaeleria est inconnu aux anciens grecs ; sepllmcmc apparaît dans 3 Gode Théodosicn. Mais tout porte à croire que le précepte |3tbbatiquc, formulé au Sinaï, est d'institution primitive et u'il établit moins une pratique nouvelle qu'il ne sanctionne îid tradition antique.

Ui CATBCbiSUH. — t, V. : î

IL Explication du précepte

1. Première partie. — i. Teneur du précepte. (( La première chose à expliquer, ce sont ces paroles : (( Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. » Ce mot: « Souviens-toi, » est placé avec raison en tête du précepte, pour indiquer que ce commandement appartient à la loi cérémonielle. C'est un point qu'il semblait utile de rappeler, car, encore que la loi naturelle enseigne qu'il faut consacrer un certain temps à honorer Dieu d'un culte extérieur, elle ne fixe point le jour où il convient mieux de le faire.

(( De ces mots on peut très bien déduire ensuite la manière dont il convient de travailler pendant la semaine, c'est-à-dire en ne perdant jamais de vue le jour de fête. Car, ayant comme à rendre compte à Dieu ce jour-là de nos actes et de nos occupations, il faut que nos travaux soient de ceux qui ne seront pas répudiés au jugement de Dieu et qui ne deviendront pas pour nous, comme a dit l'Ecriture, une source de soupirs et de remords.

« Une chose enfin qu'on y apprend, et à laquelle il faut bien prendre garde, c'est que les occasions ne manqueront pas d'oublier ce précepte, soit par l'exemple de ceux qui le négligent, soit par le goût des spectacles et des jeux qui détournât si souvent de l'observation sainte de ce jour (i). »

2. Signification du mot sabbat. « Qu'entendre par sabbat? Sabbat est un mot hébreu, qui signifie en latin ccssatio, repos. D'où sabbatiser en latin se dit cessare et requiescere, cesser d'agir, se reposer. Or, ce qui a valu au septième jour ce nom de sabbat, c'est que Dieu, après avoir achevé la création du monde, se reposa en ce jour de tout ce qu'il avait fait. Et c'est ainsi que Dieu Tappellei dans l'Exode. Plus tard ce terme ne désigna pas seulement ce septième jour, mais encore la semaine à cause de

I, Cal. Rom,, P. III, loc. cit., n. i4.

SANCTIFICATION DU SABbAT 555

la dignité du jour lui-même. C'est dans ce sens que le pharisien dit: « Je jeûne deux fois le sabbat (i). »

3. Sanctification du sabbat. « Quant à la sanctification du sabbat, d'après l'Ecriture, c'est la cessation des travaux du corps et du négoce, comme le montre clairement la suite du précepte : « Ta ne travailleras pas. » Mais ce n'est pas uniquement cela, sans quoi il aurait suffi de dire dans le Deutéronome : « Observe toujours le sabbat (2). » L'addition de ces mots, au même endroit : « Pour le sanctifier, )) fait voir que le sabbat est un jour saint, consacré à des actes religieux et au service divin. On célèbre donc le sabbat pleinement et parfaitement quand on rend à Dieu des devoirs de piété et de religion ; et c'est vraiment là le sabbat qu'Isaïe appelle le « jour des délices (3), » puisque les jours de fête sont, en effet, comme les délices du Seigneur et des personnes pieuses. Et si à ce culte religieux on joint des œuvres de miséricorde, oh ! alors le même chapitre du prophète promet les récompenses les plus grandes et les plus abondantes. Aussi le sens vrai et propre de ce commandement veut que l'homme s'applique d'esprit et de corps, loin de tout négoce et de tout travail corporel, au culte pieux et à la vénération de Dieu (4). ))

II. Seconde partie. — i. Cest le septième Jour. « La seconde partie de ce commandement indique que c'est le septième jour que Dieu a consacré à son culte. Il est écrit: « Pendant six jours tu travailleras; mais le septième est un sabbat consacré à Jéhovah, ton pieu. )) Ce qui revient à dire qu'on doit considérer lie sabbat comme consacré au Seigneur, y rendre à jDieu les devoirs de religion et y voir un signe comjmémoratif du repos du Seigneur. Ce jour-là fut déïlié au culte divin parce qu'il ne convenait pas de jlaisser à un peuple grossier le soin de fixer ce temps

[i son gré, de peur qu'il n'imitât les fêtes d'Egypte. »

I. Luc, xvui, 12; Cat. Rom., toc. cit., n. i5. — 2. Dcul., v,

a. — 3. /s., Lvni, i3. — 4, Cal. Rom., loc, cit., n» 1G-18.

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2, Cest an signe. « Sur sept jours on en choisit donc un, et ce fut le dernier, pour le consacrer au culte ; et cela est plein de mystère. Aussi le Seigneur l'appelle-t-il un signe dans l'Exode et dans Ezéchiel. « Ne manquez pas d'observer mes sabbats ; car c'est entre moi et vous un signe pour toutes vos générations, pour que vous sachiez que c'est moi, Jéhovah, qui vous sanctifie (t). » C'était un signe parce que, en voyant ce jour consacré au service divin, ils apprenaient par là à se consacrer eux-mêmes à Dieu et à se montrer à lui dans de saintes dispositions ; car ce jour est saint, surtout parce qu'on l'emploie à la pratique de la sainteté et de la religion.

(( C'est encore un signe et comme un monument de la création de cet admirable univers. Pour les Israélites c'était encore un signe pour leur rappeler qu'ils n'avaient été déliés et délivrés du joug si dur de la servitude d'Egypte que par le secours de Dieu. Le Seigneur lui-même nous l'apprend par ces paroles : u Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Egypte et que Jéhovah, ton Dieu, fen a fait sortir d'une main forte et d'un bras étendu : c'est pourquoi Jéhovah, ton Dieu, t'a ordonné d'observer le jour du sabbat (2). »

(( C'est enfin le signe du sabbat spirituel et du sabbat céleste. Le sabbat spirituel est cette espèce de repos saint et mystique du fidèle qui, après avoir enseveli le vieil homme avec Jésus-Christ, est uni à une vie nouvelle et ne s'applique plus qu'à la pratique des actes qui conviennent à la piété chrétienne ; car ceux qui autrefois avaient été ténèbres et qui sont à présent lumière' dans le Seigneur doivent marcher comme des enfants de lumière dans tout ce qui est bon, juste et vrai, et ne plus prendre aucune part aux œuvres stériles des ténèbres (3) . »

« Le sabbat céleste, comme le dit saint Cyrille en expliquant ce passage de l'Apôtre: « // reste donc un jour de repos réservé au peuple de Dieu (4), » c'est cette vie dans laquelle nous jouirons de tous les biens en vivant réunis

I. Exod., XXXI, i3. — 2. Deut.t v, i5. — 3. Eph., v. 8-11. — 4- Hebr., iv. g.

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