DIMANCHES ET JOURS DE FETE
à Jésus-Christ, après la destruction radicale du péché, selon ce témoignage : « Là point de lion ; aucune bête féroce ny mettra le pied et ne s'y montrera. Il y là une route, une voie, qu'on appelle la voia sainte (i). » En effet, les âmes des élus puisent la jouissance de tous les biens dans la vision de Dieu. Il faudra donc exhorter et presser les fidèles par ces mots : « Empressons-nous d'entrer dans ce repos (2). »
3. Autres jours de fête, « Outre ce septième jour, le peuple juif avait encore d'autres jours de fête, établis par la loi divine, pour rappeler le souvenir des plus grands bienfaits du Seigneur (3). »
4. Le dimanche et les fêtes chrétiennes. « L'Eglise a jugé à propos de transporter le culte et la solennisation du sabbat au dimanche. De même que la lumière commença en ce jour à éclairer le monde, ainsi notre Rédempteur en nous ouvrant l'entrée de la vie éternelle par sa résurrection survenue ce jour-là, nous fit passer des ténèbres à la vraie lumière. De là le nom de jour du Seigneur que les Apôtres lui firent donner. C'est de plus un jour solennel parce que c'est en ce jour que commença la création du monde et que le Saint-Esprit fut donné aux Apôtres.
« Dès les origines de l'Eglise et dans les âges suivants, les Apôtres et nos pères ont établi d'autres jours de fête pour faire honorer chrétiennement et pieusement le souvenir des bienfaits divins. Parmi les plus solennels figurent ceux que l'on a consacrés à la religion en rhonnei* des mystères de notre rédemption. Viennent ensuite ceux que l'on a dédiés à la très sainte Vierge, aux apôtres, aux martyrs et aux autres saints qui régnent avec Jésus- Christ. On y loue la bonté et la puissance de Dieu dans leur victoire ; on leur rend les honneurs qui leur sont dus, et leur exemple sert de stimulant à l'imitation des fidèles (4). »
I. Is.y XXXV, 8-9. — 2. Hebr., iv, 11. — 3. Le Lévitiquc et lo Dcutéronomc signalent le 1 4 et le 1 5 du premier mois, la fête des prémices, celle de la Pentecôte, du i", du 10 et du i5 du septième mois. — 4- Cat. Rom, y loc. ciL^ n. 35-27.
5. Travail pendant six jours. «Comme l'un des puissants motifs d'observer ce précepte est formulé dans ces mots : « Pendant six jours tu travailleras, mais le septième est un sabbat consacré à Jéhovah, ton Dieu, » le pasteur doit l'expliquer avec soin. Car de ce passage on peut conclure qu'il faut exhorter les fidèles à ne point mener une vie oisive et paresseuse, mais plutôt à traiter leurs propres affaires et à travailler de leurs mains, conformément à l'enseignement apostolique (i). Par ce commandement, le Seigneur nous prescrit de travailler pendant six jours pour ne pas renvoyer au jour de fête ce que l'on doit faire pendant la semaine et ne pas distraire son esprit du soin et de l'application aux choses de Dieu (2). »
III. Troisième partie. — i . Manière de sanctifier le sabbat. « La troisième partie de ce commandement indique la manière dont on doit sanctifier le sabbat, surtout en marquant ce qu'il est interdit de faire ce jour-là. Dieu dit, en effet: « Ta ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni tafiille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni V étranger qui est dans tes portes (3). »
2. Ce qui est interdit, a On doit éviter tout ce qui peut entraver le service divin. 11 est facile de voir que toute œuvre servile est prohibée, non point qu'elle soit vile ou mauvaise de sa nature, mais parce qu'elle détourne l'esprit du culte de Dieu, qui est la fin du précepte. A plus forte raison, dès lors, tout péché doit-il être évité, parce que non seulement il détourne du service de Dieu, mais parce qu'il nous sépare complètement de son amour (4). »
« Pour ne rien omettre de ce qui pourrait gêner le culte du sabbat, il est fait mention même des bêtes de somme. Leurs travaux, en effet, empêchent l'homme de sanctifier ce jour ; car, pour utiliser les bêtes pour quelque ouvrage pendant le sabbat, l'homme doit nécessaire-
I. I Thess., IV, II. — 2. Cat. Rom., loc. cit., n. 28-29. — 3. Cat, Rom., ibid., n. 3o. — 4. Cat. Rom., ibid., n. 3i.
SANCTIFICATION DU SABBAT OOg
ment les conduire ; par elles-mêmes, en effet, elles ne servent qu'à aider l'homme dans ses entreprises. Or, nul n'a le droit de' travailler ce jour-là; par conséquent les animaux domestiques ne l'auront pas davantage.
« A plus forte raison, puisque le travail des animaux est interdit. Dieu veut-il qu'on évite d'être inhumain envers ceux qui ont mis leurs soins et leur industrie à notre service (i). »
3. Ce qui est permis. « Ce commandement ne défend t pourtant pas les actions et les œuvres qui intéressent le ' culte, môme quand elles sont serviles, comme de dresser I un autel, d'orner le temple pour un jour de fête, et autres i choses semblables. C'est ce qui a fait dire à Notre Sei- ' gneur : « Les prêtres violent le sabbat dans le temple sans \ commettre de péché (2). »
I « 11 ne défend pas davantage les œuvres faites en vue d'éviter les pertes qui auraient lieu sans cela : les saints canons les permettent. Il est encore beaucoup d'autres choses que Notre Seigneur, dans l'Evangile, a déclarées licites les jours de fête. Le curé les trouvera facilement dans saint Matthieu et dans saint Jean (3). »
4. Ce qui est prescrit. « Le curé n'oubliera pas de faire connaître soigneusement les œuvres et les actes auxquels doivent s'appliquer les chrétiens pendant les jours de fête. Les voici : c'est d'aller au temple de Dieu ; d'y assister avec une piété sincère et beaucoup d'attention au saint sacrifice de la messe ; de recevoir souvent, pour guérir les blessures de notre âme, les divers sacrements de l'Eglise institués pour notre salut. Car rien n'est plus opportun ni meilleur que la confession fréquente de ses péchés. Pour y pousser les fidèles, le curé pourra puiser ses motifs dans ce qui est prescrit au sacrement de pénitence. Non seulement il poussera les fidèles à la réception de ce sacrement, mais encore il redoublera d'instances pour leur faire recevoir fréquemment celui de l'eucharistie. En outre, les chrétiens doivent entendre avec soin
I. Cal. Rom., ibid., n. 33-34. — 2. Maith., xii, 5. — 3. Cat. \Rom., loc. cil. y n. Sa.
36o LE QATECHISME ROMAIN
les instructions religieuses. Car rien de moins tolérableet de plus indigne que de mépriser la parole du Christ ou de mettre de la négligence à l'entendre. On doit aussi s'exercer à s'appliquer à la prière et aux louanges divines. On doit mettre tous ses soins à apprendre les règles de la vie chrétienne. On doit enfm pratiquer avec soin les devoirs qui rentrent dans la piété, comme l'aumône à l'égard des pauvres et des indigents, la visite des malades, les consolations pieuses aux affligés et aux malheureux ; car il est écrit : a La religion pure et sans tache devant notre Dieu et Père n'est pas autre chose qu'avoir soin des orphelins et des veuves dans leur détresse (i). »
IV. Quatrième partie. — i . Motifs de célébrer le sabbat. « C'est un devoir du curé d'avoir sous la main un recueil ori il puisse puiser les arguments et les raisons les plus propres à persuader aux fidèles qu'ils doivent obserA^er cet article de la loi avec l'empressement le plus grand et la diligence la plus scrupuleuse. Or, rien ne réussira mieux que de leur faire comprendre et de leur démontrer combien il est juste et raisonnable d'avoir certains jours à consacrer en entier au culte divin, et pendant lesquels on s'applique particulièrement à connaître, à aimer, et à adorer le Seigneur dont nous avons reçu de si grands et de si admirables bienfaits. S'il nous avait ordonné de lui rendre chaque jour ce culte religieux, n'aurait-on pas dû, à la vue de si nombreux et de si grands bienfaits, s'efforcer d'accomplir un pareil ordre avec promptitude et avec joie ? Il n'y a donc pas lieu, maintenant qu'il n'a réservé que quelques jours pour son culte, de se montrer négligent ou de trouver des difficultés dans Faccomplissement d'un devoir qu'on ne peut omettre d'ailleurs sans faute grave (2). »
I. Jac, I, 27 ; Cat. Rom., loc. cit., n. 35. — 2. Cal. Rom., lac. cit., n. 37.
INTERVENTION DE l'ÉGLISE 36 1
2. Excellence de ce commandement. « Le curé montrera ensuite l'excallence de ce précepte, puisque ceux qui le pratiquent fidèlement semblent être devant Dieu et s'entretenir avec lui. Dans la prière, en effet, on contemple la majesté de Dieu et on converse avec lui ; au sermon, on entend sa voix par l'organe de ceux qui traitent des choses divines pieusement et saintement ; au sacrifice, on adore Notre Seigneur Jésus-Christ présent sur Tautel. Et tels sont les avantages dont jouissent ceux qui observent religieusement ce précepte (i). »
3. C est une faute de le violer. « Quant à ceux qui le négligent complètemeiit, ils désobéissent à Dieu et à l'Eglise, et, en refusant de s'y soumettre, ils sont tout à la fois les ennemis de Dieu et des saintes lois. Ce qui le montre, c'est qu'on peut accomplir ce commandement sans la moindre peine. En effet, dès que Dieu ne nous impose pas de fatigue, lui pour qui nous devrions supporter même ce qu'il y a de plus dur ; dès que, au contraire, il nous ordonne de passer les jours de fête dans le repos et loin des soucis des choses terrestres, refuset notre soumission à un tel ordre, n'est-ce pas le comble de la témérité ? La preuve en est dans ces châtiments exemplaires que Dieu a tirés quelquefois de ceux qui l'ont violé, comme on peut la voir dans le livre des Nombres (2). Afin donc de ne pas encourir ce courroux de Dieu, il sera bon de repasser souvent dans son esprit le comm.andement : « Souviens-toi ; » de remettre devant ses yeux le tableau des avantages qui découlent du culte des fêtes, et de se représenter une foule d'autres considérations de ce genre qu'un pasteur bon et diligent pourra développer fort au long, qi^and l'occasion s'en présentera (3). »