‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 156 sur 312 · LE DIMANCHE CHRETIEN · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE CHRETIEN

3. Premiers témoignages. — Les chrétiens n'eurent pas de peine à adopter le nouveau jour. Selon toute apparence, c'était chose faite avant la fin du i" siècle. Car, d'une part, la Didaché désigne le jour « seigneurial du Seigneur » comme celui où l'on doit se réunir pour rompre le pain et rendre grâces à Dieu (i) ; le pseudo-Barnabe, peu sympathique aux Juifs, montre que Dieu a repoussé les sabbats et a consacré un autre commencement du monde, à savoir le huitième jour qu'on célèbre avec joie, car c'est le jour où Jésus est ressuscité (2). D'autre part, dans ses lettres à ïrajan, en ir2, c'est bien le jour du soleil que Pline désigne comme celui où les chrétiens tiennent leurs assemblées. Voici du reste comment saint Justin décrit ces réunions prétendues illicites : « Le jour du soleil, tous ceux qui habitent la ville ou les champs se réunissent en un même lieu. On lit, autant que le temps le permet, les mémoires des Apôtres ou les écrits des Prophètes (3). Puis le lecteur s'arrête et le président prend la parole pour faire une exhortation et inviter à suivre les beaux exemples qui viennent d'être cités. Tous se lèvent ensuite et l'on fait des prières. Enfin, la prière étant achevée, on apporte

côté de l'antique sabbat, que l'on célébrait avec ses frères en Israël, un jour consacré à des réunions exclusivement chrétiennes. Le dimanche a été d'abord juxtaposé au sabbat ; à mesure que s'élargit le fossé entre l'Eglise et la Synagogue, le sabbat devient de moins en moins important ; il linit même par être complètement négligé. »

I. Didaché, xiv, i. — 2. Epist., xv, 8-9. — 3. On lisait aussi les lettres venues d'Eglises ou d'évêques étrangers ; c'est ce que signale Denys de Corinllie, au ii« siècle, dans sa lettre à l'Eglise de Home : « Aujourd'hid nous avons fait le dimanche, et nous avons lu votre lettre ainsi que celle qui fut adressée autrefois à notre Eglise par Clément, » Euscbe, iiist. eccL, IV, 23, Pair, gr., t. xx, col. 388.

du pain, du vin et de l'eau. Le président prie et rend grâces aussi longtemps qu'il peut ; le peuple répond par l'acclamation : Amen. On distribue à chacun sa part des éléments bénis, et l'on envoie la leur aux absents par le ministère des diacres (i). »

C'est donc, à la fin du i*'' siècle et au débat du second siècle, le jour du soleil, comme on dit encore, ou le jour du Seigneur, comme on dit déjà, que se célèbre la liturgie chrétienne. Le dimanche prend toute l'importance religieuse qu'il ne cessera plus d'avoir. Méliton de Sardes lui consacre tout un traité, Tzzpl xjp'.ax?;ç (2). Al défaut d'un texte formel ou d'une prescription positive de la part de l'Eglise, qui ont bien pu exister mais dont il ne reste pas de trace, nous avons là des témoignages suffisants qui montrent, pris sur le fait, l'usage chrétien de la sanctification du dimanche par l'assistance et la participalion des fidèles à la liturgie eucharistique. 11 n'y est pas question du repos ; mais, dans la suite, les textes ne manquent plus où s'affirme et se précise la législation canonique sur une matière aussi importante.

III. Les fêtes chrétiennes. — i. Lear première apparition. De toutes les fêtes juives, deux surtout devinrent tout d'abord des fêtes chrétiennes, celles de Pâques et de la Pentecôte. L'une rappelait aux

I. ApoL, 1, 66. — 2. Cet ouvrage, connu d'Eusèbe, Hisi. eccL, i\, 2Q, Pair, gr.^ t. XX, col. 892, est perdu Au témoignage du même Eusèbc, Ilist. eccL, m, 27, coL 273, les ébionites, qui pratiquaient les observances judaïques, célébraient pourtant le dimanche comme le reste des fidèles afin de passer pour chrétiens. Les Consi Hâtions apostoliques, vui, 33, Pair, gr., t. i, col. 11 33, attribuent à Pierre et à Paul l'institution du dimanche ; elles fixent au jour delà résurrection, appelé dimanche, la réunion des fidèles et Poblation du sacrifice; Ibid., 3i. col. 1022.

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