‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 157 sur 312 · LES FÊTES CHRETIENNES · texte numérisé non relu

LES FÊTES CHRETIENNES

hébreux la délivrance de la servitude d'Egypte et le passage miraculeux de la mer rouge ; l'autre était consacrée à l'oflrande des prémices. Pour les chrétiens, ces deux fêtes évoquaient des souA^enirs particulièrement glorieux, celui de la résurrection du Christ et de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. L'Eglise en fit le centre de son année liturgique et l'époque de l'initiation solennelle des catéchumènes. C'est autour d'elles qu'elle rangea d'autres fêtes de moindre importance, mais qui furent bientôt célèbres partout, celles de la mort glorieuse des martyrs, célébrées comme le dies natalis ou jour de naissance des héros chrétiens (i). Chaque Eglise particulière avait soin, en outre, de dresser la liste de ses confesseurs ainsi que de marquer la date de Vordinatio et de la deposUio de ses évêques. Et l'on eut bientôt, à côté du dimanche et des fêtes communes, des fêtes locales.

2. Comment les célébrait-on ? Evidemment par un office liturgique, par le sacrifice de la messe. Tertullien nous apprend, en effet, qu'on célébrait l'oblation de l'eucharistie au jour anniversaire des martyrs (2) ; et quand saint Cyprien témoigne tant de sollicitude pour qu'on prenne bonne note de la mort des martyrs, c'est, dit-il, pour qu'on puisse plus tard au jour de leur anniversaire, offrir des oblations et le sacrifice (3). Ici encore, aucun docu-

I . Au 11^ siècle, l'cpître de l'Eglise de Smyrne, racontant la mort de son évc'que, saint Polycarpe, annonce qu'on célébrera dans la suite l'anniversaire de son martyre comme un souvenir glorieux et comme un exemple. Martyr. Polycarpi,xyui, 3. Pendant la persécution de Dèce, saint Cyrien recommande de bien prendre note du jouroùmeurentlcsrnartyrs,is'/»i6'^ ,xxxvii, Palr.lat., t. iv, col. 828-329. — 2. De corona, 3 ; Patr. lat., 1. 11, col. 79. — 3. Epist., xxxiv, 3 ; xxxvii ; Pair, lat., t. iv, col. 023, 328-829. Au IV* siècle, le concile de Laodicée prescrit de trans-

ment patrisiique ou conciliaire ne signale le repos comme obligatoire. Mais tout porte à croire qu'or devait assimiler la célébration de ces fêtes à celle du dimanche. Car il y avait réunion liturgique. Et ces jours-là, l'évêque prêchait au peuple, soit en commentant le mystère de la fête, soit en prononçant la panégyrique des saints. Les fidèles y assistaient donc. Etait-ce en veriu d'une prescription ecclésiastique ou simplement poussés par un sentiment de piété et de pure dévotion ? Rien ne l'indique. Certaines expressions de saint Augustin permettent de croire que, pour quelques-unes de ces fêtes, il n'y avait pas d'obligation étroite à les célébrer (i). Mais le moment ne devait pas tarder où la question des fêtes publiques, des obligations qu'elles entraînent et du mode de leur célébration allait être réglée canoniquemcnt.

I. Le sabbat. — « Après le péché il ne devait plus y avoir de sabbat, ni jour de repos pour l'homme : nuit et jour, hiver et été, dans la semaille et dans la moisson, dans le chaud et dans le froid, il devait être accablé de

porter, pendant le carôme, la célébration de l'anniversaire des martyrs au samedi ou au dimanche;, jour de synaxe liturgique. Can. 5i, Mansi, t. ii, page 672. Les Conslitations apostoliques, vni, 33 ; Pair, gr., t. i, col. ii33, mentionnent les fètcs de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la Noël, de l'Epiphanie, des saints Apôtres et de saint Etienne, jours où les chrétiens doivent aller à l'église pour y recevoir l'instruction religieuse.

I. Parmi les canons de l'Eglise d'Afrique, on en trouve un, le 61*, qui est une demande adressée aux empereurs pour imposer la fermeture des théâtres et des autres jeux, les dimanches et jours de fête. Le pouvoir civil, surtout quand il fut devenu chrétien, ne pouvait pas se désintéresser d'une telle mesure. En fait, comme nous le verrons, la législation civile vint ici en aide à la législation canonique, à maintes reprises et sous diverses fdrmes.

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