‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 158 sur 312 · LE REPOS DU SABBAT · texte numérisé non relu

LE REPOS DU SABBAT

travail. Cependant Dieu laissa au genre humain l'observance du sabbat établi dès l'origine du monde, en mémoire de la création de l'univers ; et nous le voyons observé à l'occasion de la manne, comme une chose connue du peuple, avant que la loi fût donnée, où l'observance est instituée plus expressément... Dieu donc eut dès lors pitié du genre humain et, en lui donnant un jour de relâche, il montre en quelque façon que, touché de compassion, il modérait la sentence du perpétuel travail qu'il nous avait imposé.

(( Mais il ne faut pas se persuader que ce soit là tout le mystère du sabbat : Dieu y figurait le repos futur qu'il préparait dans le ciel à ses serviteurs. Car, comme Dieu, qui n'a pas besoin de repos, avait voulu néanmoins célébrer lui-même un repos mystérieux au septième jour, il est clair qu'il le faisait de la sorte pour annoncer de même à ses serviteurs qu'un jour, et dans un repos éternel, il ferait cesser tous les ouvrages.

« C'est la doctrine de saint Paul, qui nous fait voir dans l'ancien peuple, et dès l'origine du monde, dans une excellente figure, la promesse d'un bienheureux repos. L'Apôtre appelle David en confirmation de cette vérité ; lorsqu'il remarque que ce grand phophète promet aux enfants de Dieu un nouveau repos, où Dieu jure que les rebelles n'entreront pas, et en même temps un jour d'épreuve, où nous apprendrons à obéir à sa voix... Voilà donc deux jours mystérieusement marqués par le Seigneur, l'un pour obéir à sa voix, et l'autre pour se reposer éternellement avec lui : et c'est là le vrai sabbat, et le vrai repos qui est laissé au peuple de Dieu.

« Célébrons donc en foi et en espérance le jour du repos. Remontons à l'origine du monde et aux anciens hommes qui le célébraient en mémoire de la création. Et encore que dorénavant, et dans la nouvelle alliance, ce jour soit changé parce qu'il y faut célébrer avec la résurrection de Notre Seigneur, et dans le renouvellement du genre humain, une création plus excellente que la première, apprenons que ce repos n'en est que plus saint. Car nous y voyons le vrai repos de Notre Seigneur ressus-»

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cité, qui est entré dans sa gloire par les travaux de sa vie et de sa douloureuse passion, et en même temps le nôtre, par la vertu de sa vivifiante résurrection, où nos corps seront conformés au sien glorieux. Passons donc en espérance et en paix les jours du travail : souffrons et travaillons avec Jésus-Christ, pour régner aussi avec lui, et nous asseoir dans son trône, où il nous appelle. » Bossuet, Elévations sur les mystères, VllI" semaine, xii^ élévation.

2. La loi du sabbat. — « Tu travailleras six jours : voilà la part de l'activité humaine. ïu te reposeras le septième : voilà la part du sacrifice. Ce repos ne sera pas seulement, ne sera pas principalement le bénéfice du corps ; c'est avant tout une offrande au Seigneur : requies sancla Domino. Et la raison de ce précepte, c'est qu'il faut honorer le repos divin après la création. Qu'est-ce donc que le repos divin ? Si je ne me trompe, c'est le mystère insondable de la vie divine. Dans les six jours de la création, nous adorons cette fécondité extérieure qui enfanta les mondes sans rider, fiit-ce par l'ombre d'une vicissitude, la surface immobile de l'être incréé. DaQs le repos du septième jour, nous adorons l'acte immanent qui constitue le fond impénétrable de la Divinité!...

« C'est ainsi que la religion humaine arrive à sa perfection. Elle atteint Dieu en lui-même, par delà des manifestations de sa puissance créatrice, jusque dans le sanctuaire de son être incommunicable. En même temps elle répond à tous les besoins moraux de l'humanité. En subordonnant le travail manuel aux exigences du culte, elle nous rappelle que la créature intelligente ne vit pas seulement de pain, et que six jours donnés au corps pour assurer sa nourriture appellent un se.ptième jour réservé aux besoins supérieurs dont la prière est la plus haute expression. En intervenant dans la distribution des travaux et des loisirs, elle prend possession de la vie sociale et devient le facteur le plus puissant de la civilisation véritable. Le philosophe ne pourra plus s'enfermer dans l'orgueil d'une adoration solitaire qui l'isolerait de ses semblables : il doit à ses frères l'exemple qu'il attend d'eux à son tour. Le temple recevra au même jour la vi-

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