In supremo apostolatus fastigio, 3 décembre
demment, sur nos instances et nos exhortations, de réprimer, d'empêcher et d'abolir cette traite, la plus ignoble et la plus infâme qui se puisse imaginer. »
Voulant donc travailler aussi efficacement que possible à cette croisade anti-esclavagiste, il donna, en 1890, par la lettre Catholicœ Ecclesiœ, du 20 novembre, au cardinal Lavigerie, la mission « de parcourir l'Europe pour montrer l'ignominie de ce honteux trafic et persuader aux princes et aux particuliers de secourir cette malheureuse race » des nègres. Le cardinal se mit résolument à l'œuvre. Des congrès anti-esclavagistes furent tenus ; des efforts furent tentés ; Léon Xllt a eu soin de les apprécier. Mais il a tenu à ce que de vaillants missionnaires aillent en Afrique soutenir la cause de Thumanité, de la justice et de la religion. Les Pères Blancs sont à la tête de cette campagne d'apostolat. Mais comme des ressources matérielles sont nécessaires, Léon XIII a ordonné que, dans le monde catholique tout entier, une quête soit faite chaque année, dans et; but, au jour de l'Epiphanie, qui rappelle l'entrée des premiers gentils dans l'Eglise. Tel est le dernier acte de la papauté contre ce qui reste encore de l'esclavage ; il ne sera pas moins fécond que les précédents.
C'est ainsi que l'Eglise a contribué à l'émancipation de l'humanité et que l'abolition de l'esclavage reste malgré tout l'une de ses plus pures gloires, Fun de ses titres les moins indéniables à la reconnaissance de tous (i).
I. Voir, a latin de cette leçon, des citations de Mgr D'Hulst; cf. Aug. Gochin, L'abolition de l'esclavage, Paris, 1861, réponse péremptoire aux détracteurs de rÈglise ; Paul AUard, Esclaves chrétiens, Paris, 1876,
LE PROLIETARIAT 421