CONCOURS DES PATRONS ET DES OUVRIERS
nieux et fera en sorte, par de prudentes épargnes, de se ménager un -petit superflu, qui lui permette de parvenir, un jour, à l'acquisition d'un modeste patrimoine. »
La solution vraiment efficace est dans le principe fondamental de l'inviolabilité de Idi propriété privée. Aux lois donc de favoriser l'esprit de propriété, de le réveiller et de le développer, de stimuler « l'industrieuse activité du peuple par la perspective d'une participation à la propriété du sol. — En outre, la terre produira toute chose en plus grande abondance. Car l'homme est ainsi fait que la pensée de travailler sur un fonds qui est à lui redouble son ardeur et son application. Il en vient même jusqu'à mettre tout son cœur dans une terre qu'il a cultivée lui-même, qui lui promet, à lui et aux siens, non seulement le strict nécessaire, mais encore une certaine aisance. Et nul qui ne voie sans peine les heureux effets de ce redoublement d'activité sur la fécondité de la terre et sur la richesse des nations. — Un autre avantage sera l'arrêt dans le mouvement d'émigration. »
(( Mais une condition indispensable pour que tous ces avantages deviennent des réalités, c'est que la propriété privée ne soit pas épuisée par un excès de charges et d'impôts. Ce n'est pas des lois humaines, mais de la nature, qu'émane le droit de propriété individuelle ; l'autorité publique ne peut donc l'abolir ; tout ce qu'elle peut, c'est en tempérer l'usage et le concilier avec le bien commun . C'est pourquoi elle agit contre la justice et l'humanité, quand, sous le nom d'impôts, elle grève outre mesure les biens des particuliers. »
10. Aux maîtres et aux ouvriers d'aider à la solution par toutes les œuvres propres à soulager efficacement l'indigence et à opérer un rapprochement entre les deux classes : sociétés de secours mutuels, en vue de secourir les ouvriers ainsi que leurs veuves et leurs orphelins, en cas de mort, d'accidents ou d'infirmités ; patronages, pour exercer une action bienfaisante sur les enfants des deux sexes, les adolescents et les hommes faits ; par dessus tout corporations, soit entre ouvriers, soit entre patrons et ouvriers, eu les adaptant aux conditions nouvelles,
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Car les associations ou corporations sont plus opportunes que jamais. « Le droit à l'existence leur a été octroyé par la nature elle-même, et la société civile a été instituée pour protéger le droit naturel, non pour l'anéantir. )> L'Etat n'a pas le droit de les interdire, mais « il y a des conjonctures qui autorisent les lois à s'opposer à la formation de quelque société de ce genre. Si une société, en vertu même de ses statuts organiques, poursuivait unefm en opposition flagrante avec la probité, avec la justice, avec la sécurité de l'Etat, les pouvoirs publics auraient le droit d'en empêcher la formation et, si elle était formée, de la dissoudre. Mais encore faut-il qu'en tout cela ils n'agissent qu'avec une très grande circonspection pour éviter d'empiéter sur les droits des citoyens, et de statuer, sous couleur d'utilité publique, quelque chose qui serait désavouée par la raison. Car une loi ne mérite obéissance qu'autant qu'elle est conforme à la droite raison et à la loi éternelle de Dieu (i) ».
i.Sum. iheol.y 1* Ilae, Q. xni, a, 3. Léon XIII profite de l'occasion pour plaider la cause des Confréries, des Congrégations, des Ordres religieux. « Considérées simplement par la raison, dit-il, ces sociétés apparaissent comme fondées dans un but honnête, et conséquemment comme établies sur le droit naturel. Du côté où elles touchent à la religion, elles ne relèvent que de l'Eglise. Les pouvoirs publics ne peuvent donc légitimement s'arroger sur elles aucun droit, ni s'en attribuer Tadministration ; leur office plutôt est de les respecter, de les protéger et, s'il en est besoin, de les défendre. Or, c'est justement tout l'opposé que nous avons été condamné à voir, surtout en ces derniers temps. Dans beaucoup de pays, l'Etat a porté la main sur ces sociétés et a accumulé à leur égard injustice sur injustice : assujetissement aux lois civiles, privation du droit légitime de personne morale, spoliation des biens (et depuis, dissolution). Sur ces biens, l'Eglise avait pourtant ses droits ; chacun des membres avait les siens ; les i ^nateui;^,q\^i Iwi^ avaienti ifi^é .une destination, ceux enfin [ q];i,f;n;rfrtirq^9pi^, ^e^ ^^eqpurs ^^\^^, ,s.9^1a.g§pfîqnt. , ^y4^n\ Ips,
]m.h\ > ^H?.f ^^ . J¥^H^9R?rP.9P? -.^^^Ms . ^ppêchep, de c^éplçr.ei: amèrement dés spoliations si iniques et si funesites ; d'autant plus qu on frappe de proscription les sociétés carholiques dans fôfei^^%#é'bW WimM^^'lâ'^^
SOLUTION CHRÉTIENNE DE LA QUESTION OUVRIERE iSg
« A ces corporations, il faut évidemment, pour qu'il y ait unité d'action et accord des volontés, une organisation et une discipline sage et prudente» Si donc, comme il est certain, les citoyens sont libres de s'associer, ils doivent l'être également de se donner les statuts et règlements qui leur paraissent les plus appropriés au but qu'ils poursuivent... On doit prendre pour règle universelle et constante d'organiser et gouverner les corporations de
. façon qu'elles fournissent à chacun de leurs membres les moyens propres à lui faire atteindre, par la voie la plus commode et la plus courte, le but qu'il se propose, et qui consiste dans l'accroissement le plus grand possible des biens du corps, de l'esprit, de la fortune. Mais il est évident qu'il faut viser avant tout à l'objet principal, qui est le perfectionnement moral et religieux ; c'est surtout cette fm qui doit régler toute l'économie de ces sociétés ; autrement elles dégénéreraient bien vite et tomberaient, ou peu s'en faut, au rang des sociétés où la religion ne tient aucune place... Ainsi donc, après avoir pris Dieu comme point de départ, qu'on donne une large place à l'instruction religieuse, afin que tous connaissent leur
j devoir envers lui ; qu'on les prémunisse avec une sollicitude particulière contre les opinions erronées et toutes les
' variétés du vice ; qu'on porte l'ouvrier au culte de Dieu, qu'on excite en lui l'esprit de piété, qu'on le rende surtout fidèle à l'observation des dimanches et des jours de
jfête. Qu'il apprenne à respecter et à aimer l'Eglise, à obtempérer à ses préceptes, à fréquenter ses sacrements.»
II. La solution chrétienne. « Le sort de la classe ouvrière, telle est la question qui s'agite aujourd'hui ; elle sera résolue par la raison ou sans elle, et il ne peut être jindifTérent aux nations qu'elle soit résolue par l'une ou l'autre voie. Or, les ouvriers chrétiens la résoudront facilement parla raison, si, unis en sociétés et conduits par une direction prudente, ils entrent dans la voie où leurs
privées, et que ce que Ton refuse à des hommes paisibles et jqui n'ont en vue que l'utilité publique, on l'accorde, et très f largement, à des hommes qui roulent dans leur esprit des ' des desseins funestes tout à la fois à la religion et à l'Etat. »
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pères et leurs ancêtres trouvèrent leur salut et celui desj peuples. Quelle que soit, dans les hommes, la force des préjugés et des passions, si une volonté perverse n'a pas entièrement étouffé le sentiment du juste et de l'honnête,! il faudra que tôt ou tard la bienveillance publique se] tourne vers ces ouvriers, qu^on aura vus actifs et modes-] tes, mettant l'équité avant le gain et préférant à tout lai religion du devoir. — Il résultera de là cet autre avantage, que l'espoir et de grandes facilités de salut seront offerts à ces ouvriers qui vivent dans le mépris de la foi chrétienne ou dans des habitudes qu'elle réprouve. Ils comprennent, d'ordinaire, ces ouvriers, qu'ils ont été le jouet d'espérances trompeuses et d'apparences mensongères. Car ils sentent, par les traitements inhumains qu'ils reçoivent de leurs maîtres, qu'ils n'en sont guère estimés qu'au poids de l'or produit par leur travail. Quant aux sociétés qui les ont circonvenus, ils voient bien que, à la place de la charité et de l'amour, ils n'y trouvent que les discordes intestines, ces compagnes inséparables de la pauvreté insolente et incrédule. L'âme brisée, le corps exténué, combien qui voudraient secouer un joug si humiliant ! mais, soit respect humain, soit crainte de l'indigence, ils ne l'osent pas. Eh bien, à tous ces ouvriers, les sociétés catholiques peuvent être d'une merveilleuse utilité, si, hésitants, elles les invitent à venir chercher dans leur sein un remède à tous leurs maux, si, repentants, elles les accueillent avec empressement et leur assurent sauvegarde et protection. »
12. Conclusion. « Vous voyez, dit en terminant Léon XIII, par quels moyens cette crise si difficile demande a être traitée et résolue... Que les gouvernants fassent usage de l'autorité protectrice des lois et des institutions ; que les riches et les maîtres se rappellent leurs devoirs ; que les ouvriers, dont le sort est en jeu, poursuivent leurs intérêts par des voies légitimes ; et puisque la religion seule est capable de détruire le mal dans sa racine, que tous se rappellent que la première condition à réaliser, c'est la restauration des mœurs chrétiennes, sans lesquelles même les moyens suggérés par la prudence hu-