‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 199 sur 312 · I. Encyclique Graves de communi, i8 janvier igoï · texte numérisé non relu

I. Encyclique Graves de communi, i8 janvier igoï

I l'action sociale chrétienne 443

en harmonie avec ceux qu'a établis le Dieu créateur (i). »

(( Mais il serait condamnable de détourner à un sens politique ce terme de démocratie chrétienne. Sans doute, la démocratie, d'après l'étymologie même du mot et l'usage qu'en ont fait les philosophes, indique le régime populaire ; mais, dans les circonstances actuelles, il ne faut l'employer qu'en lui ôtant out sens politique, et en ne lui attachant aucune uitre signification que celle d'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple (2). » Elle consiste dès jors à travailler au bien des prolétaires, mais sans amais tendre à préférer un régime civil à un autre ou à faciliter son introduction, sans négliger les liasses supérieures, et en obéissant aux pouvoirs jîonstitués. C'est donc « le zèle qui, selon la loi naturelle et la loi divine, n'a d'autre objet que l'amener à une situation plus tolérable ceux qui jivent du travail de leurs mains, de les mettre à inême petit à petit d'assurer leur avenir, de pouvoir ibrement, au foyer comme en public, pratiquer la ertu et remplir les devoirs religieux, de sentir qu'ils ont des hommes et non des animaux, des chrétiens t non des païens, de se porter enfin avec plus de icilité et d'ardeur vers ce bien unique et nécesaire, vers ce bien suprême pour lequel nous sommes nés. Yoilà le but, voilà la tâche de ceux qui oudraient voir le peuple relevé à temps par l'esprit hrétien et préservé du fléau du socialisme (3). »

3. La question sociale, prétend-on, nest qu'une 'lestion économique ; elle est avant tout une queslOn morale et religieuse. Il faut donc la résoudre '•après les règles de la morale et le jugement de la

la religion. « Nous n'avons jamais engagé les catholiques, dit Léon XIII, à entrer dans des associations destinées à améliorer le sort du peuple ni à entreprendre des œuvres analogues, sans les avertir en même temps que ces institutions devaient avoir la religion pour inspiratrice, pour compagne et pour appui (i). » Or, la religion chrétienne impose Texercice de la charité, et « la loi de charité mutuelle, qui est comme le couronnement de la justice, ne nous ordonne pas seulement de rendre à chacun ce qui lui est dû et de n'entraver l'exercice d'aucun droit, elle commande encore de rendre de mutuels services, » soit envers le corps, soit surtout envers l'âme. « Ainsi la justice et la charité maintiennent dans un merveilleux équilibre l'organisme de la société humaine, amènent chacun des membres de cet organisme à concourir au bien particulier et au bien commun. » De plus, la charité ajoute aux secours passagers des institutions permanentes, qui forment à l'économie et à la prévoyance pour que les ouvriers assurent eux-mêmes, au moins en partie, leur avenir.

4. Travailler donc au bien du peuple dans cet esprit de charité, c'est se conformer pleinement à la pensée de l'Eglise. Quant aux moyens, peu importe qu'on les désigne sous le nom d'action populaire chrétienne ou sous celui de démocratie chrétienne ; l'essentiel, c'est V unité d'esprit, de volonté, d'action sous la direction tiécessaire de V Eglise. Chacun doit s'y employer, surtout ceux qui occupent une place élevée, à cause de l'intérêt commun, et pour parer efficacement aux dangers que le socialisme fait courir à la société et à la religion ; mais sans discussions irritantes, et, de la part du clergé, avec précaution

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