I. Encyclique Graves de communi, loc, cit
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et prudence, sous la conduite des évêques et dans le sens des directions pontificales (i).
5. Excès et dangers. Malgré la clarté et la sagesse de ces prescriptions de Léon XIII, dûment précisées sur divers points importants par la Sacrée Congrégation des AfTaires ecclésiastiques extraordinaires, des imprudences ont été commises, au grand préjudice [;de la religion. L'autorité ecclésiastique, à plusieurs reprises, a dû faire entendre des avertissements significatifs, qui, trop souvent, sont restés lettre {morte. De là les plaintes du pape Pie X. La lettre i circulaire du 28 juillet 190/i, adressée par le secrétaire d'Etat aux Ordinaires d'Italie, précisait de nouveau les prescriptions relatives aux Comités Catholiques et à l'action populaire chrétienne, au point, dit Pie X, (( que même les moins instruits des éléments du catéchisme auraient dû comprendre qu'il ne peut y avoir d'action catholique, au vrai sens du mot, sans la soumission immédiate aux évêques. Mais déjà, depuis quelques temps, dans le champ de l'action catholique comme dans celui de la parajbole évangélique, la zizanie a été semée; elle croît et étouffe le bon grain ; et c'est là l'œuvre, non d'ennemis déclarés, mais de ceux même qui font profession et se vantent d'être catholiques. Et tels sont ceux que l'on appelle les démocrates chrétiens hatonomes ; mus par le désir d'une liberté mal
I. Le 27 janvier 1902, a paru une importante instruction le la Sacrée Congrégation des Affaires ecclésiastiques extra- )rdinaires sur l'action populaire chrétienne ou démocratique n Italie, commentant l'encyclique Graves de communi et enrant dans tous les détails nécessaires pour inaintenir dans la )onne voie les catholiques, soit prêtres, soit laïques, pour le )rogramme des conférences et des congrès, pour la fondation les cercles et des sociétés, pour les journaux et les publicaions diverses : précisions judicieuses et excellentes, dont toues les nations doivent faire leur profit.
entendue, ils manifestent par leurs actes qu'ils rejettent toute discipline ; assoiffés de nouveautés dangereuses que l'Eglise ne peut approuver, ils prennent un air d'autorité pour s'imposer, pour juger et critiquer toutes choses, et ils en arrivent à se déclarer prêts à s'incliner quand l'infaillibilité sera en jeu, mais non lorsqu'il s'agira d'obéissance (i). » «Par le développement logique de leurs principes, ils sont devenus explicitement rebelles à l'autorité de l'Eglise : » la preuve en est « dans tout ce qu'ils affirment en leurs réunions, où ils se déclarent indépendants ; dans tout ce qu'ils publient dans leurs journaux et leurs périodiques pour défendre leur œuvre et justifier leur conduite; enfin, dans toutes les réponses aux solennelles prohibitions des vénérables prélats, quand ils affirment que de telles prohibitions ne concernent ni leur association ni leurs personnes, ou qu'ils proclament que le pape et les évêquesont bien le droit de juger des questions qui se rapportent à la foi et à la morale, mais non celui de diriger l'action sociale, et que, par suite, ils se considèrent eux-mêmes comme libres de poursuivre leur entreprise (2). »
On reconnaît bien là les traits caractéristiques qui s'appliquent à d'autres qu'aux démocrates italiens. Le plupart se croyaient excusables par la bonne foi et l'ardeur généreuse qu'ils mettaient au service de la cause populaire ; mais ils allaient beaucoup trop loin dans leurs prétentions excessives, puisqu'ils s'arrogeaient le droit de décider et d'agir malgré même l'autorité religieuse, seul juge compétent en ces matières délicates ; au fond, si l'on avait laissé faire, ce n'était rien moins que la ruine du
I , Lettre de Pie X au cardinal Svampa, 1*' mars 1900. — a.Ibid,
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principe d'autorité et le triomphe de l'anarchie au sein mêm& de l'Eglise. Et c'est pourquoi, devant l'inefTicacité d'avertissements répétés, des condamnation* nécessaires ont dû intervenir et sont intervenues. 11 reste donc, même quand on veut se consacrer au relèvement des classes populaires et à l'action sociale chrétienne, qu'on doit s'en tenir fidèlement aux directions pontificales et marcher pleinement d'accord avec les évêques ; hors de là, il n'y aurait que confusion, et le mal l'emporterait de beaucoup sur quelques avantages particuliers et d'ailleurs fort problématiques; et, au contraire, dans l'union étroite avec le pape, vicaire du Christ, et avec les évêques, successeurs des Apôtres, réside le principe d'une action féconde et la cause d'un succès assuré parmi les contingences d'ici-bas (i).
I. Le christianisme est Tennenii de l'esclavage. — (( Son histoire est celle de l'affranchissement des hommes. Dans ce duel colossal qu'il a engagé contre un abus vieux comme le monde et dont le règne était universel, c'est bien injustement qu'on lui reproche de n'avoir pas procédé par la violence, de n'avoir pas prêché la révolte, de n'avoir pas apporté aux sociétés humaines acclimatées à la servitude un cri de guerre, un signal de perturbations, une cause de ruine. Il a fait une œuvre plus morale et, surtout, plus efficace en parlant d'abord à la conscience des maîtres et à celle des esclaves : il a révélé aux uns et aux autres ce que les uns et les autres avaient oublié: l'égalité des âmes devant Dieu et leur dignité inviolable. « Vous n'avez qu'un maître, vous êtes tous des frères ; » cette parole du Christ, redite par les apôtres, propagée par toute la terre, a fait plus et mieux qu'opposer une digue au torrent du despotisme qui débordait sur le monde, elle en a tari la source. Les maîtres chrétiens ont appris à respecter leurs esclaves ; les escla-