‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 207 sur 312 · ORIGINE DU POUVOIR CIVIL · texte numérisé non relu

ORIGINE DU POUVOIR CIVIL

tendu Rousseau avec sa théorie de Contrat social, et quoi qu'en prétendent aujourd'hui les courtisans intéressés et menteurs de la démocratie, il est certain que le pouvoir ne vient pas du peuple, mais de Dieu. Rien de plus sûrement établi que cette vérité.

1. D'après r Ecriture. Le droit de commander n'a pour source naturelle et pour nécessaire principe que Dieu. C'est par Dieu, en effet, que régnent les rois et que les souverains commandent; c'est par Dieu que les arbitres des peuples rendent la justice (i) ; c'est de Dieu que vient l'autorité (2) ; c'est Dieu qui prépose des chefs au gouvernement de chaque nation (3). Saint Paul est décisif sur ce point ; du même coup, il établit le droit qu'ont les chefs de gouverner et le devoir qu'ont les sujets d'obéir : (( Que toute âme soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui. C'est {pourquoi celui qui résiste à Uautorité, résiste à l'ordre \que Dieu a élabli... Il est donc nécessaire d'être soumis mon seulement par crainte du châtiment, mais aussi \par motif de conscience (4). »

2. Les Pères de r Eglise ont mis tous leurs soins à reiroduire et à répandre cet enseignement dont ils avaient

[été nourris. « N'accordons à personne, dit saint Augus-

|[. « Par moi les rois régnent

Et les princes ordonnent ce qui est juste.

Par moi gouvernent les chefs,

Les grands, tous les juges de la terre. » Prov., vni, i5-i6.

|t. « Sachez que la force vous a été donnée par le Seigneur Et la puissance par le Très-Haut, Qui examinera vos cœurs et sondera vos pensées. Parce que, étant ministres de sa royauté. Vous n'avez pas gouverné équitablement. » Sap., vi, 3-4-

. « A chaque peuple il assigne un chef. » Eccli., xvu, i4. h, Rom., xm, i-5.

U) CATicaiiMB. — T, V. ^0

tin, le droit de donner la souveraineté et l'empire, sinon au seul vrai Dieu (i). » Saint Jean Chrysostome s'exprime ainsi sur le même sujet : « Qu'il y ait des autorités établies, que les uns commandent, que les autres obéissent ; qu'ainsi tout dans la société ne soit pas livré au hasard, c'est là, je l'affirme, l'œuvre de la divine sagesse (2). » Saint Grégoire le Grand rend le même témoignage u (( Nous reconnaissons, dit-il, que la puissance a été donnée d'en haut aux empereurs et aux rois (3). » Les mêmes saints Docteurs «e sont encore attachés à éclairer cette doctrine par le raisonnement, afin de la faire accepter comme juste et vraie de ceux-là même qui n'ont d'autre guide que la raison naturelle (4). » Inutile d'ajouter d'autres textes patristiques ; ceux-là suffisent pour montrer l'accord essentiel des Pères avec l'Ecriture.

3. La raison, à son tour, prouve la même vérité. « Ce qui réunit les hommes pour les faire vivre en société, c'est la loi de la nature, ou, plus exactement, la volonté de Dieu, auteur de la nature ; c'est ce que prouvent avec évidence et le don du langage, instrument principal des relations qui fondent la société, et tant de désirs qui naissent avec nous, et tant de besoins de premier ordre qui resteraient sans objet dans l'état d'isolement, mais qui trouvent leur satisfaction dès que les hommes se rapprochent et s'associent entre eux. D'autre part, cette société ne peut ni subsister, ni même se concevoir, s'il ne s'y rencontre un modérateur pour tenir la balance entre les volontés individuelles, ramènera l'unité ces tendances diverses et les faire concourir aussi par leur harmonie «à l'unité commune. D'où il suit que Dieu a certainement voulu dans la société civile une autorité qui gouvernât la multitude (5).

I. De civ. Dei, V, xxi. — 2. In Rom., hom. xxiii, i. 3. Episl.y 1. II, epist., lxi. — 4- Encycl, Diulurnam. 5. Léon XIII reprend ainsi cet argument dans son Encyclique Immortale Del: « L'homme est né pour vivre en société, car, ne pouvant dans l'isolement ni se procurer ce qui nécessaire et utile à la vie, ni acquérir la perfection de l'esp] et du cœur, la Providence l'a fait pour s'unir à ses sembli

Page 1