‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 231 sur 312 · LA SOLIDARITÉ AU SENS MODERNE · texte numérisé non relu

LA SOLIDARITÉ AU SENS MODERNE

ce qu'il est, tout ce qu'il a, la dignité de sa nature, ia grandeur de sa destinée, et parce que, par la rédemption, il l'appelle à une dignité plus haute, à une destinée plus sublime. Si donc l'homme ne possède pas la vie surnaturelle, l'amour veut la lui procurer ; et, s'il en est déchu, l'amour veut la lui rendre ; et, s'il la possède, l'amour veut la lui conserver et l'augmenter ; l'homme pour Dieu, parce que Dieu, en faisant tout pour l'homme, a fait tous les hommes pour Dieu. La charité envers le prochain devient par là un exercice de la charité envers Dieu.

Il ne saurait donc y avoir ni des indifférents, ni même des ennemis. Point d'acception de personnes, a-t-il été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras tes ennemis ; mais le Christ a dit : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Seigneur dans les deux (i). )) Pourquoi ces exigences nouvelles, que l'antiquité ne connut point, mais dont Notre Seigneur a voulu faire la caractéristique de tous ceux qui entendent sa parole et la mettent en pratique.^ C'est que, depuis le Christ et par le Christ, les hommes constituent plus que jamais une famille de frères.

3. La solidarité, au sens moderne, écarte indûment cette doctrine évangélique. Elle entend ne tenir compte ni de Dieu, ni de la destinée immortelle ; elle ne veut voir dans les hommes que des êtres enchaînés les uns aux autres par des liens matériels et travaillant au bonheur de l'espèce humaine sur la terre pour un temps qui se perd dans un avenir indéfini ; elle estime que la perspective de celte féli-

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