‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 240 sur 312 · L ADULTERE · texte numérisé non relu

L ADULTERE

ent ce commandement, on ne tombe dans des létails plus propres à enflammer la passion qu'à éteindre. Il est pourtant plusieurs choses qu'on ne )eut passer sous silence et que l'on doit expli- [uer (i). » C'est ce que nous allons tâcher de faire ivec toute la réserve désirable (2).

L Ce qu'il défend.

1 I. Observations préliminaires. — Le texte ne ^•arle explicitement que de radaltère, c'est-à-dire de .1 violation du lien conjugal. L'homme a droit au espect dans sa propre personne ; il a droit aussi au espect dans la personne qui lui est unie par le

iiariage. u Si donc un mari a commerce avec une j3mme libre, c'est son propre lit qu'il souille ; mais |i un homme libre connaît l'épouse d'un autre,

'est le lit de cet autre qu'il souille (3). » C'est l'a-

uUère simple ; quand les deux coupables sont

lariés, l'adultère est double.

2. La défense de ce commandement s'étend beaucoup las loin. « D'après saint Ambroise et saint Augustin, |3lte défense s'étend à tout ce qui est déshonnête et mpur. Et c'est bien ainsi qu'il faut l'entendre d'après

|i. Cal. Rom., loc. cit., n. 2-3. — 2. BIBLIOGRAPHIE :

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•isus console ni iœ. De virtutibus, Paris, 1891, t. i; Ballerini,

'^mpendium theologlœ moralis, Rome, 1898, t. i ; Palmieri,

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II ; Eschbasch, Disputationes physiologlco-theologicœ, Rome,

01 ; Lehmkuhl, Theologia moralis, Fribourg-en-Brisgau,

oa, t. I. — 3. Cat. Rom., loc. cit., n. 4«

l'Ancien et le Nouveau Testament. Car, outre l'adultère, d'autres espèces de libertinage ont été interdites par Moïse. La Genèse mentionne un jugement de Juda contre sa belle fille (i), et le Deutéronome contient la fameuse loi qui défend aux filles d'Israël de se faire courtisanes (2). D'autre part, Tobie dit à son fils : u Garde-toi, mon fils, de toute impureté, et qu'en dehors de ton épouse, ta conscience ne te reproche jamais une action criminelle (3). » U Ecclésiastique dit aussi : « Aie honte de regarder une femme débauchée (4)-» Dans l'Evangile, Notre Seigneur a dit : « C'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités (5). » Et saint Paul, dans une foule de passages et dans les termes les plus sévères, formule son horreur pour ce vice ; « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification : c'est que vous évitiez Vimpudicité (6). » (( Fuyez Vimpudicité (7). » « N'ayez pas de relations avec les impudiques (S).» « Qu'on n'entende pas dire qu'il y ait parmi vous de fornication, d'impureté de quelque sorte, de convoitise, ainsi qu'il convient à des saints (9). » « Ni les impudiques , ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes ne posséderont le royaume de Dieu (10). »

3. « Si V adultère est nommément interdit, la raison principale en est que, outre la turpitude qui lui est commune avec tous les autres genres d'incontinence, il implique une injustice criante, non seulement contre le prochain, mais aussi contre la société civile. 11 est certain, d'ailleurs, que celui qui n'évite pas les autres impuretés, est facilement entraîné jusqu'à l'adultère. 11 est donc facile de comprendre que, dans l'interdiction de l'adultère, toutes les impuretés, toutes les impudicités qui souillent le corps sont défendues. 11 y a plus : le libertinage intérieur du cœur l'est aussi ; on le voit, tant par la portée même de la loi qui est spirituelle que par cet enseignement: « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : « Tu ne commettras point d'adultère. » Et

I. Gen., xxxviil, 24. — 2. Deut., xxni, 17. — 3. Tob., iv, i3.

— [x,Eccli., xLi, 25. — 5. Malth., xv, 19. — 6. I Thess.» iv, S»

— 7.1 Cor., VI, 18. — 8.1 Cor., \, 9. — 9. Eph,, v, 5. — ïo. I Cor», \i, 9.

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