V. Péchés de luxure non consommée
j I. // en est de parement internes, soit de pensée, soit I de désir, soit de jouissance sensuelle. Les uns re- ' gardent Tavenir : c'est le désir ou le propos délibéré ' de commettre une chose contraire à la pudeur, à la modestie, à la chasteté. Les autres regardent le passé : c'est la complaisance intime dans une faute de luxure déjà commise. D'autres enfin regardent le présent : c'est la délectation moroseà la pensée d'un acte charnel qu'on se représente comme actuel. Tout cela est interdit par le sixième commandement comme un mal en soi et comme l'amorce d'un autre mal. Car, en soi, ces pensées, ces désirs, ces jouissances intérieures sont un désordre moral, qui blesse la rectitude de la raison, trouble la conscience . et détruit l'harmonieuse intégrité de l'âme. En ou- 1 tre, ils favorisent les péchés externes et constituent ainsi un danger prochain de chute.
2. Il en est d'externes, soit de paroles, soit de regards, soit de toucher ; chacun des sens peut y donner lieu et faire commettre des fautes de luxure.
L'Apôtre l'a dit : « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs {i) ; » et cela doit s'entendre en particulier des entretiens honteux, des correspondances, des chants, des lectures, qui portent atteinte à l'honnêteté des relations, à la pureté de la conscience : autant de fautes graves, quand on se livre à ces actes par délectation sensuelle, ou quand on s'expose au péril prochain de consentir à une délectation de ce genre, ou quand on cause ainsi un grave scandale. Tel est l'avis de tous les moralistes (2).
Parmi les stimulants d'impuretés, le Catéchisme
I. I Cor., XV, 33. — 2. Cf. Marc, Inslit. morales, t. i, p. 542,
Romain range avec raison les entretiens honteux et obscènes ; car l'obscénité du langage est comme une torche qui embrase le cœur des adolescents. Tel est aussi l'effet produit par des chants trop tendres ou trop efféminés, par la lecture des livres licencieux et erotiques. Car tout cela est de nature à souiller l'imagination, à exciter les passions mauvaises, à enflammer le cœur (i). Et c'est pourquoi l'on ne saurait trop se tenir en garde contre de telles occasions de péché.
La vue, d'autre part, influe beaucoup plus que l'ouïe sur l'imagination, et, par elle, sur la concupiscence charnelle ; c'est une fenêtre ouverte qui livre passage aux spectacles les plus dissolvants. « Ce qui enflamme surtout la concupiscence, ce sont les regards. C'est à cela que Notre Seigneur fait allusion quand il dit : « Si ton œil droit est pour toi une occasionde chute, arrache- le , et jette-le loin de toi{2). » Et les prophètes nous offrent plusieurs passages à ce sujet. Job disait par exemple : a fai fait un pacte avec mes yeux et je n'aurais pas arrêté mes regards sur une vierge (3). » Et que d'exemples de désordres qui ont leur origine dans l'indiscrétion du regard I Témoins les péchés de David, de Sichem et des vieillards qui portèrent contre Suzanne leurs calomnieuses accusations (4). » Un regard impudique
I. Cat. Rom. y loc. cit.^ n. i8. — 2.Matth.,Y, 29.— 3.Jo6.,xxxi, I. — fi. Cat. Rom., loc, cit.,n. 18. « Trop d'élégance dans la parure, ajoute le Catéchisme Romain, pour attirer les regards, voilà encore une des causes de Timpureté et non des moindres. De là cet avis de V Ecclésiastique : « Détoarne les yeux de la femme élégante. » Eccli., ix, 8. Les femmes étant d'ordinaire trop attachées à leurs parures, il est bon de leur rappeler ce langage sévère de l'apôtre Pierre : « Que votre parure ne soit pas celle du dehors : les cheveux tressés avec art, les ornements d'or ou l'ajustement des habits ; » I Petr., m, 3 ; et celui-ci de f^aint Paul : « Que les femmes soient en vêtements discrets^ sepa^r
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est une faute grave, quand on le porte dans un but mauvais, dans une intention de luxure. Rappelonsnous, en effet, la parole de Notre Seigneur : « Quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis r adultère avec elle dans son cœur (i). » Mais si tout regard impudique ne va pas jusqu'à cet exi ces, il n'est jamais sans offrir une occasion plus ou . moins grave de péché (2) ; il est alors proportion- ' nellement coupable au danger de délectation char- I nelle auquel il expose.
I Le toucher, enfin, est celui de tous les sens qui i excite le plus la concupiscence charnelle et provoj que ainsi le plus grand nombre de fautes. Sans en- S trer dans d'inutiles détails, rappelons simplement j les principes de morale qui règlent cette matière.
Bonum est homini, a dit saint Paul (3), maliereni nontangere; s'ensuit-il que le contraire soit essentiellement et intrinsèquement un mal? La question se pose à propos des tactus, oscula, amplexus.
rent avec prudence et simplicité, sans tresses, or, perles ou habits somptueux. » I Tim., II, 6. D'autres fois, c'est la coquetterie et l'immodestie de la femme qui provoque l'homme au péché. Les Pères de l'Eglise n'ont pas cessé de combattre ces défauts féminins avec une virulence qui n'étonnent que ceux qui ne connaissent pas ou qui oublient le prix d'une âme et ;le rôle salutaire que la jeune fille, l'épouse ou la mère doiivent jouer, par la grâce du Christ, dans la famille et la société.