I. Os., IV, II. — 2. Cat. Rom,, loc. cit., n
LB CATÉCBISMB. — T« T. ^^
C'est cet homme instinctivement orienté du côté de la terre, affamé de ses biens, avide de ses plaisirs ; cet homme sympathique au monde dont il a le goût et Tesprit ; pour qui dès lors le monde est fatalement un flatteur opiniâtre, un séducteur savant, un tentateur aussi dangereux qu'infatigable. C'est cet hom-. me enfin en qui Satan, même après qu'il en est chassé, . trouve encore ses vestiges, et qui garde avec ce démon toutes sortes d'affinités secrètes... C'est cet homme-là si vivant, si vivace, qu'il faut tout entier et toujours mortifier, le réduisant pratiquement à l'impuissance, à l'inertie et à la stérilité d'un mort, l'empêchant de donner son fruit, qui est le péché, et annulant son action dans toute notre vie morale (i). ))
Et où le mortifier sinon dans ses membres et dans ses sens? Tous peuvent servir au bien, mais tous aussi servent trop souvent et trop facilement au mal. Dans le corps de l'homme, a il n'y a pas un sens, pas une fibre, pas une goutte de sang, pas un trait du visage, pas un sourire des lèvres qui ne puisse entrer pour une part dans l'effroyable conjuration que, du fond de l'âme adamique où elle siège, la triple concupiscence ourdit incessamment contre l'œuvre de Jésus en nous. Il n'y a rien qui, sous l'inspiration de cette force ténébreuse et odieuse, ne tende toujours plus ou moins à ce mal suprême du péché, et qui n'ait même à s'y employer une docilité, une facilité, une promptitude natives. On a dit de l'homme, et spécialement de l'homme physique, qu'il est un trésor de douleur... Hélas! si l'homme est un grand trésor de douleur, convenons qu'il est aussi et d'abord un grand arsenal de péché ; et
I. Gay, De la vie et des vertus chréliennes, 6* édit., Paris, 1878, t. II, p. 19.