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Le vol est-il toujours un péché grave ? Le vol

I. Par voie d'héritage, de travail et d'économie ou d'achat. — 2.1 Cor., VI, 10. — 3. Epist., cluï, 20. — 4- Habac, n, 6. 5, Cat. Rom,, loc. cit., n. 12-1 5.

LE VOL BqI

qu'il se pratique par la fraude ou par la violence, est toujours un péché, d'abord parce qu'il blesse la justice, et ensuite parce qu'il ajoute à l'acte une malice particulière selon les cas, celle de la fraude ou celle de la violence. Est-il par là même un péché mortel? Saint Thomas n'hésite pas à répondre affirmativement, parce que le vol est particulièrement opposé à la charité (i). Sans doute, dans les Proverbes (2), il est dit que ce n'est pas une grande faute si quelqu'un vole pour satisfaire sa faim, quand il n'a rien à manger ; mais c'est là un cas de nécessité qui excuse, où le droit naturel l'emporte et où, à vrai dire, il n'y a alors ni vol ni rapine (3). Et, du reste, si les Proverbes parlent ainsi, c'est par comparaison avec l'adultère, faute beaucoup plus grave et punie de mort tandis que le voleur n'est condamné qu'à rendre sept fois autant. Mais saint riiomas a soin d'ajouter que ce qui est minime doit être raisonnablement considéré comme rien. Dans les choses de ce genre, un homme ne doit pas penser qu'on lui cause un dommage, et celui qui prend est en droit de présumer que son action n'est pas contraire à la volonté du propriétaire. Et c'est ainsi qu'on peut excuser de péché mortel celui qui prend furtivement des objets minimes (4).

Il y a donc légèreté de matière en fait de vol. Quel est alors, en fait de vol, le minimum requis pour constituer une faute grave ? « La vraie mesure du péché se trouve dans l'importance du préjudice causé ; mais ce préjudice, à son tour, peut être estimé d'une façon relative ou absolue. Ainsi le vol d'un franc fait à un pauvre homme qui gagne deux francs par jour pour nourrir sa famille, sera cer-

1. Sum. theoL, II» H'^, Q. lxvi, a. 6. — 2. Prov., vi, 3o. — 3. Sum. theoL, IP IP% Q. lxvi, a. 7.-4. Sum. theoL, 11^ 11^% ^î- LXVI, a. 0, ad 3.

tainement un péché grave. Le même vol, fait à un homme riche ou aisé, constitue pour celui-ci une perte insignifiante ; la faute du voleur sera réputée légère.

« Cette façon toute relative d'apprécier la gravité de l'injustice ne saurait suffire. L'intérêt de la société exige en outre que, à un degré supérieur, se rencontre une mesure absolue. Ainsi prendre vingt francs à un homme très riche, ce n'est pas lui causer un grave dommage ; que de fois il prodiguera luimême cette somme aux plus frivoles usages 1 Toutefois, si un pareil détournement était traité comme un accident sans portée, il n'y aurait plus de sécurité pour ceux qui possèdent. L'homme cupide, dont la conscience pourtant n'est pas éteinte, se croirait permis de renouveler un attentat qui, dans la persuasion générale, ne le rendrait pas gravement coupable. Tous ceux qui pensent que des lois répressives sont pour la société humaine une sauvegarde insuffisante, estimeront, avec les théologiens, qu'il y faut ajouter la sanction de la morale. Voilà pourquoi un vol de vingt francs sera regardé comme une faute grave. Autrefois, quand le pouvoir de l'argent était moindre, les moralistes faisaient descendre beaucoup au dessous, et jusqu'à la valeur d'un écu, ou plus bas encore, la limite absolue du péché mortel (i). »

III. Différentes espèces de vol. — H y a tant de manières de voler qu'il est fort difficile de les énumérer toutes. 11 suffira donc de traiter du vol et de la rapine, ces deux espèces auxquelles se rattache tout ce qui reste à dire.

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