‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 268 sur 312 · I. Sam, TheoL, IP 1I«^, Q. lxii, a · texte numérisé non relu

I. Sam, TheoL, IP 1I«^, Q. lxii, a

REPARATION DÛ DOMMAGE CAUsé 607

une perte considérable pour autrui ; il exige la réparation pécuniaire. Le droit naturel n'admet pas qu'une simple distraction, une légère négligence, puisse créer, à la charge de celui qui l'a commise, l'obligation morale d'un sacrifice énorme. Comment résoudre le conflit entre les deux droits.^ La plupart des théologiens vous diront : l'auteur du préjudice n'est pas obligé de se faire connaître, ni d'aller au devant d'une réparation qu'il ne doit pas en conscience. Mais si la justice humaine l'atteint, le respect qu'il doit aux lois et à l'ordre public, lui fait un devoir de s'exécuter. Cette solution est sage et morale, et l'application en paraît facile tant qu'on demeure dans les généralités du sujet. Mais le devoir de la réparation se complique singulièrement à mesure qu'on descend dans le détail [des applications (i). »

3. Pour les biens du corps, tels que la vie, les membres, l'intégrité, moins facile est l'estimation du dommage causé parle meurtre, la mutilation ou des sévices ; il y a lieu à réparation certes ; mais laquelle ? Dans l'impossibilité de rendre la vie ou jUn membre et de réparer d'une façon équivalente ■un tel préjudice, une légitime compensation s'impose au nom de la justice, et celle-ci doit être laissée à l'appréciation d'un homme sage ou, si l'on y recourt, à celle du juge, qui fixera une indemnité pécuniaire convenable.

Il faut en dire autant de la réparation du dom- .mage causé par le viol ou l'adultère. A défaut d'une (réparation équivalente absolument impossible, c'est ;iu juge de déterminer, selon les cas, la compensation nécessaire.

Page 1