‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 271 sur 312 · I. Smi, Theol, IP W. Q. xxxi, a. i. i · texte numérisé non relu

I. Smi, Theol, IP W. Q. xxxi, a. i. i

DEVOIR DE l'aUMONE 6ll

faim, et VOUS m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez' donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; en prison, et vous êtes venus à moi. Les justes lui répondront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim, et vous avons-nous donné à manger ; avoir soif, et vous avonsnous donné à boire ?. . . Et le Roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, toute les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.

« S'adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire... Alors eux aussi j lui diront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir j faim, ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en 1 prison, et ne vous avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait.

« Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice et les justes à la vie éternelle (i). »

k. U enseignement traditionnel. Celui-ci a été de tout temps conforme aux données évangéliques. Quelques Pères ont même semblé en exagérer la rigueur. A prendre, en effet, au sens rigoureux et précis qu'elles ont reçu depuis et que nous leur donnons aujourd'hui, certaines expressions laisseraient croire que l'aumône est un devoir de stricte justice. Saint Basile, par exemple (i), a dit que le

I. Mailh., x:xv, 34-46. — i. « N'èles-vous donc pas un avare et un voleur, vous qui vous appropriez ce que vous avez reçu pour le communiquer à plusieurs ? Si l'on appelle voleur celui qui dérobe un habit, doit-on donner un autre nom à celui qui, pouvant, sans se priver lui-même, revêtir un pauvre, le laisse néanmoins sans vêlement ? Le pain que vous retenez chez vous et qui est superflu pour les besoins de

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superflu des riches est le bien des pauvres, et que celui qui retient 'ce superflu est un voleur. Cette formule et d'autres semblables doivent s'entendre d'après le sens que renseignement traditionnel leur a reconnu, c'est-à-dire dans un sens large. Par conséquent, dire que le superflu des riches est le patrimoine des pauvres, c'est dire que, dans les desseins de la Providence, il est destiné au soulagement des pauvres ; de même dire que le riche qui refuse l'aumône commet une injustice ou un vol, c'est dire simplement qu'il retient à tort ce qu'il devrait communiquer à autrui par charité.

Léon Xin a donné le sens exact de l'enseignement traditionnel : « Dès qu'on a suffisamment donné à la nécessité et au décorum, c'est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres. C'est un devoir, non pas de stricte justice, sauf le cas d'extrême nécessité, mais de charité chrétienne... Quiconque a reçu de la divine Bonté une grande abondance soit des biens externes et du corps, soit des biens de l'âme, les a reçus dans le but de les faire servir à son propre perfectionnement, et, tout ensemble, comme ministre de la Providence, au soulagement des autres (i). »

Réfutant ailleurs l'objection des socialistes contre l'aumône, Léon XIII dit encore : « Sans doute, les socialistes condamnent l'aumône et veulent la voir disparaître comme injurieuse à la dignité humaine. Pourtant, si elle est faite selon les préceptes de l'Evangile et d'une manière chrétienne, elle n'a rien qui puisse ou entretenir l'orgueil de ceux qui donnent ou faire rougir ceux qui reçoivent. Loin d'être

votre faimillc, est aux pauvres qui meurent de faim. » Sermo de eleemosyna» Patr. gr., t. xxxi, col. ii58.

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