Encycl. Rerum Novarum, i6 mai
QUOTITÉ DE l'aUMONE 6i3
déshonorante pour l'homme, elle favorise les rapports sociaux, en resserrant les liens que crée réchange des services. 11 n'est pas d'homme si riche qui n'ait besoin d'un autre ; il n'est pas d'homme si pauvre qui ne puisse en quelque chose être utile à autrui. 11 est naturel que les hommes se demandent avec confiance et se prêtent avec bienveillance un mutuel appui. Ainsi, la justice et la charité, étroitement liées entre elles sous la loi juste et douce du Christ, maintiennent dans un merveilleux équilibre l'organisme de la société humaine, et, par une sage prévoyance, amènent chacun des membres de cet organisme à concourir au bien particulier et au bien commun (i). »
II. Mesure de Tauniône. — L'aumône se mesure aux besoins du pauvre et aux biens du riche. Or,
1. Uindigence du pauvre peut être ou médiocre, ou grave et de nécessité pressante, ou absolue et de nécessité extrême. L'indigence est médiocre et de nécessité commune chez les pauvres ordinaires qui mendient de porte en porte et chez les ouvriers gênés qui cherchent du travail et réclament, en attendant, des secours. Elle est grave et de nécessité pressante, quand les besoins matériels de l'indigent exigent une satisfaction immédiate à laquelle il ne pourrait pourvoir lui-même que très difficilement. Elle est absolue et de nécessité extrême, quand l'indigent, faute d'un secours immédiat, est exposer à mourir.
2. Les biens du riche sont ou nécessaires à la vie et à la condition de celui qui les possède, ou superflus. Tout comme le pauvre, le riche a une vie à sauvegarder et des intérêts essentiels à protéger. Il