‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 277 sur 312 · I. Qat. Rom,, loc. cit., n. Sô-Stj · texte numérisé non relu

I. Qat. Rom,, loc. cit., n. Sô-Stj

font valoir contre la propriété les collectivistes et: les socialistes ? Les premiers posent en principe que^ tous les biens doivent être communs et réclameni en conséquence la suppression de toute propriété! privée. Sans aller aussi loin, les seconds consentent] bien à laisser à chacun la jouissance de certainsj biens personnels, mais il requièrent ce qu'ils appellent la nationalisation ou la socialisation de tous! les moyens ou instruments de production et d'exploitation. De toute manière, les uns et les autres] critiquent l'état actuel des choses, y constatent des abus, ce qui n'est pas malaisé, car tout ce qui est humain est sujet à l'imperfection : et, sous prétexta d'y porter un remède efficace, ils proposent et cherchent à imposer une solution, qui serait pire. Flat-J ter les instincts, exciter les convoitises, déchaînei l'envie dans le cœur des déshérités, c'est assurément chose facile, mais surtout immorale et antisociale. La société présuppose l'individu et la famille ; ceux-ci existent avant elle ; avant elle, ilsj ont des droits absolument imprescriptibles, celuH de propriété entre autres ; et ces droits, une socié-] té vraiment digne de ce nom ne peut que les reconnaître, les protéger, les favoriser, et non les] supprimer. Collectivisme et socialisme, par cela] seul qu'ils visent la liquidation de l'ordre actuel dej choses au moyen d'une expropriation générale, s( heurtent donc au droit primordial de propriété. Mais, prétendent les partisans de ces systèmes, nous respectons lès droits des particuliers, nous laissons! à chacun le droit de posséder individuellement etj même de transmettre ce dont il jouit pour lui-même! et sans lui rien faire produire, une maison, desj meubles, de l'argent. Quant à ce qui tend par sa nature à l'exploitation du travail d'autrui, comme les champs, les mines, les fabriques, nous en réser-j

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vons la propriété à la collectivité. Que chacun jouisse de la richesse individuelle qui se consomme, mais non pas de celle qui produit. L'Etat alors serait maître de l'exploitation, de la production, de la distribution des fruits acquis ; et rien, disent-ils, ne serait ni plus beau ni plus juste.

Sur ces données fondamentales, les théoriciens brodent des variations a l'infini et font miroiter, dans un avenir plus ou moins prochain, l'avènement d'un vrai paradis terrestre. Mais, en attendant, il faudrait que la génération présente, faisant table rase de ce qui existe, se sacrifiât pour le bonheur des générations futures. Comment obtenir ce sacrifice général obligatoire.^ C'est là une première difficulté. Comment ensuite, quand l'évolution désirée sera passée dans le domaine des faits, obtenir de chacun une contribution égale de travail.^ Comment établir une répartition équitable des biens entre tous les membres de la communauté, au prorata de leurs besoins ? Pure chimère que tout cela, et dont l'aboutissement fatal, si elle venait à se réaliser, serait de plonger l'humanité dans l'anarchie pure et de la rendre plus misérable que jamais. C'est encore et toujours leDécalogue seul qui est à même, par ses défenses précises et par ses ordres positifs, d'assurer aux hommes Advant en société le respect de leurs droits, l'exercice fécond de leur liberté et le

règne de la justice.

I. Facilités de commettre l'injustice. — u Vous êtes magistrat. Vous devez la justice à tous sans acception de personne. Oh ! je sais bien que vous n'avez pas vendu pour argent comptant vos sentences. Mais ne vous est-il pas arrivé d'en peser les conséquences moins au poids de l'équité qu'au poids de vos intérêts : avancement, faveur du pouvoir, contentement d'une personne aimée, que sais-je ? Moins encore : vous avez négligé de

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VOUS instruire. Vous vous êtes élevé par l'intrigue à un siège trop haut pour votre mérite ; ou, si le savoir professionnel ne vous manque pas, c'est l'attention, le sérieux, l'application au travail qui vous font défaut. Vous êtes juge à vos heures, homme de plaisir le reste du temps. Vous parcourez d'un regard superficiel des dossiers qui avaient droit à vos veilles. Vous écoutez d'une oreille distraite des plaidoiries qui devaient éclairer votre religion. L'heure est venue de rendre une sentence d'où dépend l'honneur ou la fortune d'un citoyen. Oh ! alors, je le reconnais, vous faites de votre mieux ; mais ce mieux ne vaut rien, et cela par votre faute. Par votre faute aussi, le jugement est inique. Vous statuez peut-être en dernier ressort devant les hommes. Mais la cause juste qui succombe a recours contre vous devant Dieu, et je vous plains si vous n'y pensez qu'au dernier jour.

(( Faut-il multiplier ces exemples ? C'est un avocat ignorant qui conseille mal son client, un médecin léger qui ne voit dans son malade qu'une source de profit ; un prêtre, un confesseur, qui connaît imparfaitement les règles de la morale et qui, consulté sur un cas épineux, égare et fausse la conscience de son pénitent. Tous ces gens-là sont tranquilles : ils font bourgeoisement leur métier. Rien ne paraît au dehors des préjudices qu'ils causent tous les jours ; eux-mêmes ne songent pas un instant qu'ils puissent en être responsables. Oh ! mon Dieu, qu'il est donc facile de devenir malhonnête ! Et que je comprends bien maintenant ce cri d'admiration, d'espoir et d'épouvante tout ensemble, que jetait vers vous le prophète : a C'est vous seul. Seigneur, qui jugez avec justice, parce que vous sondez les reins et les cœurs. » jy'Uulsi, Conf. de N. D., Carême de 1896, Paris, 1901, p. i54.

2. Ne pas attendre pour réparer l'injustice, l'approche de la mort. — « La restitution : voilà pour beaucoup de mourants la cause des pires angoisses. A cette heure décisive, les illusions, soigneusement entretenues pendant la vie, ne rassurent plus personne. C'est

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