‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 286 sur 312 · Cf. Marc, Instit, morales, t, i, p. 764-766^ n.ii8o-ii · texte numérisé non relu

Cf. Marc, Instit, morales, t, i, p. 764-766^ n.ii8o-ii

justice et abordant ceux qui, en dehors des jugements, peuvent outrager le prochain par la parole, saint Thomas traite de la conlumelia, de la détraction, des faux rapports, de la moquerie et de la malédiction. Il distingue avec raison ce qu'il appelle la contumelia de la détraction, parce que l'une s'attaque à l'honneur du prochain, tandis que l'autre ne s'en prend qu'à la réputation. L'honneur, en effet, n'est pas à confondre avec la réputation. L'honneurapour fondement le mérite ou l'excellence de celui qui en est l'objet ; la réputation réside simplement dans la pensée ou l'opinion que les hommes se font d'un autre. L'honneur s'adresse à la personne et se témoigne par des actes ou des paroles de déférence et de respect ; la réputation se fait et existe en dehors de nous, souvent même à notre insu, elle court de bouche en bouche, bonne ou mauvaise, selon l'idée du public, relative à nos mérites ou à nos défauts. L'honneur peut donc être attaqué d'une façon toute spéciale et complètement distincte, et ce qui Tattaque, dit saint Thomas, c'est la contumelia (i), outrage ou injure.

La contumelia implique donc l'idée d'un déshonneur ou d'un outrage infligé à quelqu'un. Cela peut arriver de deux manières : comme l'honneur est la conséquence d'une excellence personnelle, on déshonore quelqu'un, soit en le privant de cette excellence même pour laquelle il a droit à être honoré, soit en relevant ce qui est contre cet honneur pour le porter à sa propre connaissance et à celle des autres. Le vice dont il s'agit ici a pour objet ce second point et s'exerce par certains signes, particulièrement par la parole, qui est de tous les signes le plus expressif pour traduire la pensée et les sen-

i. ^v^m, theoU, IV II" Q, lxxii.

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