‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 290 sur 312 · MALÉDICTION · texte numérisé non relu

MALÉDICTION

mépris plus sensible que dans la contumélie. Sous ce rapport, la dérision est un péché d'autant plus grave qu'on doit plus de respect à la personne qui en est l'objet. Se moquer de Dieu et des choses divines est, par conséquent, le plus grave. Après la dérision de Dieu vient celle des parents. Il est dit, en effet, de u Vœil qui se moque cVun père, et qui dédaigne robéissance envers une mère, » que « les corbeaux du torrent le perceront, » et que « les petits de V aigle le dévoreront (i). » Vient ensuite la dérision des justes ; la gravité de ce péché, c'est qu'il ravit un honneur qui doit être la récompense de la vertu, et voilà ce dont se plaint Job, que la simplicité du juste soit un objet de dérision (2) ; dérision très nuisible au bien, parce qu' elle en détourne trop facilement (3).

G. — Malédiction. — Tel est le dernier vice opposé à la vertu de justice, dont traite saint Thomas. Maudire, non de ce sens de dire du mal de quelqu'un, ce qui ne serait autre chose que la médisance ou la calomnie, mais dans le sens d'appeler le mal sur quelqu'un par des souhaits ou des imprécations, est une chose illicite, quand on n'a en vue que l'intention formelle du mal. Mais commander ou souhaiter le mal d'un autre, parce qu'on y voit un bien, et que c'est le bien qu'on recherche avant tout, ce n'est pas, à proprement parler, une malédiction au sens indiqué. Et c'est ainsi que le juge stigmatise un homme, au nom du droit et de la justice, en lui iniligeant la peine quTl mérite, et que l'Eglise, au nom de la vérité révélée et de la religion, frappe certains pécheurs d'anathème (4).

I. Prov.,w^, 17. — 2. Job., XII, '\. — 3. Sum.theoL, 11» Une, Q. Lxxv, a. 2. — i. Sam. tlieoL, II'' II"*', Q, lxxvi, a. i.

Maudire, dans le sens indiqué, c'est-à-dire appeler le mal sur quelqu'un, est une chose qui, de soi, répugne à la charité, puisque cette vertu nous fait vouloir le hien de ceux qu elle nous fait aimer. C'est donc là un péché mortel en son genre, et d'autant plus grave que nous devons plus d'amour et de respect à la personne qui est l'objet d'une telle malédiction. 11 peut se faire néanmoins qu'une parole de malédiction ne soit qu'un péché véniel, soit parce que le mal souhaité est léger, soit à raison du sentiment qui l'a fait proférer, légèreté, plaisanterie ou surprise ; car les péchés de parole doivent surtout être jugés d'après le sentiment qui les inspire (i).

IL Ce que Dieu ordonne

Après la partie négative du huitième commandement, la partie positive, à savoir ce qu'il prescrit. Et de même que, dans la première partie, il a été question des actes défendus, soit dans les jugements, soit dans le cours ordinaire de la vie, de même, ici, il y a lieu de faire connaître les prescriptions relatives à ce qui se passe dans les tribunaux et dans les relations sociales. Le Caléchisme Romain le fait sobrement, en s'abstenant d'insister sur des points qui se prêteraient sans peine à de plus amples développements. Nous ne ferons que reproduire sa doctrine.

I. Devant les tribunaux. — Il s'agit des devoirs qui incombent aux juges, aux accusés, aux témoins et aux avocats, pour sauvegarder les droits de la vérité et satisfaire pleinement à la justice.

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