‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 292 sur 312 · I. CaL Rom., loc. cit., n. 32. — 2. Rom., vm · texte numérisé non relu

I. CaL Rom., loc. cit., n. 32. — 2. Rom., vm

puisque le devoir du chrétien est de tout souffrir plutôt que de mentir.

7*^ (( Reste enfin la double catégorie de ceux qui s'excusent du mensonge, les uns ne se le permettant que par plaisanterie, les autres dans un but intéressé ; par exemple pour pouvoir mieux acheter ou mieux vendre. Il faut détromper les premiers, en leur montrant que les mensonges réitérés augmentent l'habitude de commettre ce péché, car il est dit : « Au jour du jugement, les hommes tiendront compte de toute parole vaine (i) ; » et les seconds, en les gourmandant davantage, eux qui s'accusent gravement en s'excusant, puisqu'ils montrent ainsi qu'ils n'accordent ni confiance ni autorité à ces paroles de Dieu : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par dessus (2). »

1. Le jugement téméraire. — « Trois choses, dit saint Thomas, sont absolument nécessaires pour former un jugement équitable, l'autorité, la connaissance et l'intégrité : l'autorité, dans la personne du juge ; la connaissance, dans son esprit ; et l'intégrité, dans son cœur ; l'autorité, pour pouvoir juger; la connaissance pour savoir juger et l'intégrité, pour vouloir bien juger. Si celui qui juge n'a pas un pouvoir et une autorité légitime, son jugement est chimérique et nul : s'il n'a pas une juste connaissance de la cause, son jugement est faux et aveugle ; et s'il manque d'intégrité, son jugement est vicieux et corrompu... Trois défauts qui se rencontrent dans les jugements désavantageux que nous faisons du prochain, et d'où il s'ensuit que ce sont des jugements injustes et téméraires : défaut d'autorité, défaut de connaissance, défaut d'intégrité. Nous jugeons le prochain, mais nous le jugeons témérairement: pourquoi? Parce que Dieu ne nous a donné sur lui nulle juridiction; parce que nous ne pouvons pénétrer son cœur ni le bien connaître ; enfin parce que ce sont nos passions qui nous préoccupent, et que notre intérêt propre est le plus ordinaire motif de nos jugements...

I. Malth.» XII, 36. — 2. Matlh., vi, 33; Cal. Rom., toc, cit.» n. 33.

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