I. Cat. Rom., toc. cit., n. 17. — a. IJoan., u
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tes, l'accepte ou n'y résiste pas. C'est ce qu'enseigne l'apôtre saint Jacques dans ce passage où il montre l'origine et le développement progressif du péché : « Chacun est tenté par sa propre convoitise, quiVamorceet l'entraîne. Ensuite la convoitise, lorsquelle a conçu, enfante le péché, et le péché, lorsqu'il est consommé, engendre la mort (i). »
Etre tenté n'est pas un mal ; c'est, pour ceux qui pratiquent la vigilance et la prière, l'occasion d une lutte et d'un trionjphe avec la grâce de Dieu ; mais c'est aussi, trop souvent, pour ceux qui ne coupent point court à la curiosité de la convoitise, l'occasion d'une défaite. Car le passage est si facile, si glissant et si imperceptible, entre la tentation qui commence et la concupiscence qui cède, et la raison ainsi que la volonté sont si fragiles, que le consentement coupable est vite donné. Et pourtant la loi divine fait défense de le donner, comme elle fait aussi un devoir de résister quand même à la tentation, de quelque nature qu'elle soit, quand celle-ci nous entraîne vers le mal.
IL But des deux derniers préceptes. — Comme nous l'avons dit, les deux derniers préceptes du Décalogue complètent le sixième et le septième en défendant de désirer ce qu'il est défendu de posséder. Ils ont donc un point de ressemblance, mais ils différent, comme il est facile de s'en convaincre par l'explication littérale de leur formule.
I . Déjense de désirer les biens matériels du prochain. — ({ Ces mots du précepte : « Tu ne convoiteras point, » signifient qu'on doit tenir ses désirs éloignés du bien d'autrui ; caria soif de ce bien est immense, infinie, insatiable, ainsi qu'il est écrit : « Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent (•>.) ; » ce qui a fait dire à Isaïe :
I. Jac, I, i4-i5 ; Cal. Rom., loc. cit., n. 18. — 2. EccL, V, 9.
DEFENSE DE DESIRER LE BIEN d'aUTRUI 670
« Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ û champ (i).»
« L'explication de chaque mot va mieux faire entendre la laideur et l'énormité de ce péché. — La maison désigne non seulement le lieu que nous habitons, mais encore toutes nos possessions, comme on le voit par l'emploi usuel qu'en font les auteurs sacrés. 11 est écrit, dans V Exode, que « Dieu fit prospérer la maison des sages-femmes (2) ; » ce qui veut dire qu'il étendit et augmenta leurs biens. Cela étant, cette loi nous défend de désirer avec avidité les richesses et de porter envie à la fortune, à la puissance, à la noblesse des autres, voulant que nous soyons contents de notre condition, quelle qu'elle soit, basse ou élevée. Elle nous défend aussi de désirer la gloire du procliain, parce que la gloire fait partie des biens compris sous le mot de maison. — Le bœuf, Vàne, indiquent qu'il n'est pas seulement interdit de convoiter les choses considérables d'autrui, telles que la demeure, la noblesse et la gloire, mais encore les petites, qu'elles soient animées ou inanimées. — Le mot serviteur doit s'entendre aussi bien des captifs que de toute autre espèce de serviteurs, et nous ne devons pas plus les convoiter que le reste des biens du prochain. Quant aux hommes libres qui servent volontairement, soit en vue d'un salaire, soit par allection ou par déférence, on ne doit rien employer, ni paroles, ni promesses, ni argent, pour les corrompre et les engager à quitter ceux à qui ils se sont spontanément attachés. Même s'ils viennent à les quitter avant le temps qu'ils avaient promis de rester à leur service, il faut les avertir que ce précepte leur fait une obligation formelle de revenir chez leurs maîtres. — S'il est fait mention du prochain, c'est pour faire ressortir le vice des hommes qui ont l'habitude de désirer les terres, les maisons et les autres biens de leurs voisins. Parla, en effet, le voisinage qui, d'ordinaire, est une cause d'amitié, devient une source de haines parle désordre de la cupidité.