‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 303 sur 312 · III. Ce que Dieu prescrit · texte numérisé non relu

III. Ce que Dieu prescrit

I. Sentiments qu'on doit avoir. — Après la partie négative, la partie positive, qui n'est à vrai dire que l'attitude que l'on doit prendre et les sentiments que l'on doit avoir, à titre de remèdes appropriés contre les funestes effets de la convoitise.

1. Vis-à-vis des richesses et de la pauvreté. — « Si les richesses abondent chez nous, ce commandement veut que nous n'y attachions pas notre cœur, mais que nous soyons prêts à les sacrifierpar attachement à la foi et aux choses de Dieu, et que nous dépensions volontiers notre argent à soulager les misères des pauvres. Si, au contraire, les biens nous manquent, il veut que nous supportions de bon cœur et avec joie la pauvreté. Plus, en effet, nous donnerons libéralement de notre bien, plus nous éteindrons la convoitise du bien des autres. Le curé pourra facilement puiser dans l'Ecriture et dans les Pères et livrer aux fidèles beaucoup de choses sur l'éloge de la pauvreté et le mépris des richesses (i). »

2. Ce que l'on peut et doit désirer. — « Ce commandement nous ordonne aussi de souhaiter vivement et avec ardeur la réalisation, non pas decequenousdésirons,mais de ce que Dieu veut, conformément à ce qui est dit dans l'Oraison dominicale. Or, Dieu veut surtout notre sanctification, la conservation intégrale de notre cœur dans une sincérité et une pureté sans tache, et la pratique des œuvres spirituelles qui combattent la sensualité. 11 veut qu'après avoir dompté les appétits du corps, nous suivions toujours le droit chemin de la vie sous la conduite de l'esprit et de la raison, et qu'enfin nous réprimions vigoureusement la violence des sentiments, qui pourraient fournir un aliment à nos convoitises et à nos passions (2). »

I. Cal. Rom., loc. cit., n. 33. — 2, Cai. fîom,^ loc. cit., Ti. 34-35,

IL Moyens de combattre la convoitise. — « Un moyen très efacace pour éteindre cette ardeur des désirs déréglés, c'est de penser aux inconvénients qui en sont la conséquence. » Ce sujet pourrait prêter à beaucoup de développements ; mais le Catéchisme Romain se borne à de sommaires indications, dont on pourra profiter de la manière la plus heureuse pour l'enseignement et l'édification des fidèles.

1. « Le premier de ces inconvénients, dit-il, c'est que. lors(|ue nous obéissons à nos convoitises, le péché règne dans notre ame de toute sa force tyrannique. De là cette recommandation de l'Apôtrê : « Que le péché ne règne donc point dans voire corps mortel, de sorte que vous obéissiez à ses convoitises (i). » Car, de même que, parla résistance à nos passions, la force du péché est brisée, de même, en y succombant, nous chassons le Seigneur de son royaume et nous y installons le péché à sa place. »

2. «Le second, c'est que tous les autres péchés découlent de la concupiscence comme de sa source, ainsi que l'enseigne saint Jacques (2). Et saint Jean a dit : « Tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et Vorgueil de la vie, ne vient pas du Père, mais du monde (3). »

3. « Le troisième, c'est que les désirs déréglés obscur- ^ cissent le jugement. Aveuglés par les ténèbres de la convoitise, les hommes trouvent honnête et beau tout ce qu'ils convoitent. »

4. « Enfin, la convoitise étouffe la parole que Dieu, ce grand cultivateur de nos âmes, a déposée en nous. C'est ainsi qu'il est écrit : « Ceux qui reçoivent la semence dans les épines, ce sont ceux qui écoutent la parole ; mais les sollicitudes du monde, et la séduction des richesses, et les autres convoitises, entrent dans leurs cœurs, étouffent la parole, et elle ne porte point de fruit (4). »

I. Rom., VI, 12. — a. Jac.» m, i4. — 3.1 Joan., u, 16. — 4. Marc, iv, 18-19.

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