‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 304 sur 312 · SE TENIR EN GARDE CONTRE LA CONCUPISCENCE · texte numérisé non relu

SE TENIR EN GARDE CONTRE LA CONCUPISCENCE

III. Conduite répréhensible. — Le chapitre de l'humaine misère est tellement grand, que l'homme offre toujours par quelque endroit prise au mal. Quand il ne va pas jusqu'à le commettre ostensiblement, il se laisse facilement entraîner au désordre intime de ses pensées et de ses désirs coupables, surtout lorsqu'il est tourmenté par cette convoitise vicieuse à l'égard des biens du prochain. De là cette dernière observation du Catéchisme Romain^ dont l'importance pratique n'échappera à personne.

« Ceux qui sont le plus tourmentés par cette convoitise vicieuse, ce sont ceux qui se plaisent à des distractions indécentes ou qui se livrent au jeu sans modération. — Puis, les marchands qui appellent de leurs vœux la disette et la cherté des denrées, et qui \ oient avec peine qu'ils ne sont pas les seuls à acheter et à vendre, ce qui leur permettrait de vendre plus cher et d'acheter à plus bas prix ; ceux qui désirent que d'autres soient dans le besoin afin de gagner sur eux, soit en vendant, soit en achetant ; — les soldats qui demandent la guerre pour pouvoir piller ; — les médecins, qui souhaitent les épidémies ; — les jurisconsultes qui soupirent après des causes et des procès importants et nombreux; — les ouvriers qui, avides de gain, souhaitent la rareté de toutes les choses nécessaires à la vie et à l'entretien, pour faire de plus grands profits ; — tous ceux qui, dans leur cupidité, convoitent la réputation et la gloire des autres, non sans y porter quelque atteinte par la détraction, surtout quand ils sont euxmêmes lâches et sans mérite, car la réputation et la gloire sont le prix de la vertu et de l'activité, non celui de la lâcheté et de la paresse (i). »

I. La concupiscence. — La concupiscence de la chair, u Pour connaître plus à fond la raison delà défense que nous fait saint Jean, de nous laisser entraîner à la concupiscence de la chair, c'est-à-dire à l'attache au plaisir des sens, il faut entendre que cette attache est en nous

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