‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 307 sur 312 · DANGER DES RICHESSES · texte numérisé non relu

DANGER DES RICHESSES

assez ; car on a bientôt fait un acte généreux : un élan de cœur y suffit ; et que de cœurs ont l'élan facile ! Il faut de gré ou de force \ivre dans la pauvreté. Alors on commence de reconnaître, avec les besoins frustrés et les attaches rompues, les passions plus ou moins secrètes qu'on a condamnées à mourir. Je ne parle pas môme del'avarice, ni de la cupidité. Je parle de cette large et toujours béante ouverture que la richesse donne à la satisfaction des désirs : non seulement des mauvais, ce qui fait d'elle comme une tentation perpétuelle ; mais des permis, des désirs naturels, humains, terrestres. Je parle de cette sorte de rempart qu'elle élève entre l'ame et la mortification des sens, l'austérité chrétienne et cette pénitence évangélique dont nul enfant d'Adam n'est dispensé. Je parle de cette étrange exemption qu'elle assure à qui la possède au regard d'une grande partie des maux qui pèsent sur le genre humain, u On ne les voit pas dans les travaux des autres, dit le Psalmiste (i), et les fléaux qui frappent tout le monde ont coutume de les épargner. » Je parle du caractère de solidité et de fixité qu'elle imprime à cette vie d'ici-bas qui, sous peine de forfaiture envers Dieu et notre destinée, doit cependant rester pour nous voyagcre. Je parle encore de cette indépendance qu'elle favorise, de ce pouvoir dont elle investit, de cette haute protection qu'elle permet d'exercer, de cette suprématie où elle semble établir, et, par là même, de cet orgueil qu'elle insinue, qu'elle nourrit, j'allais dire qu'elle autorise. Je parle enfin de cette atmosphère d'illusion et de mensonge dans laquelle elle oblige à vivre, soit à cause des mirages qu'elle produit, soit à cause de l'esprit bas, politique et faux qui, le plus souvent et comme irrésistiblement, devient celui des gens qui forment l'entourage d'un riche.

(( Voyez donc quelles racines un tel être a en ce monde, et à quelle profondeur chaque jour d'une telle vie les enfonce ! Aussi, comme le riche y tient à ce monde, et comme il s'y déploie ! Qu'il y a d'aplomb, qu'il y est paisible, épanoui, souriant ! Comme facilement il s'admiie ! Gomme instinctivement il se fait centre ! Tout cet appa-

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