‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 308 sur 312 · I. Ps,i LXXII · texte numérisé non relu

I. Ps,i LXXII

reil qui l'environne l'asservit au dedans par la sotte vanité qu'il en tire, par l'attache souvent misérable qu'il y a, par l'impérieux besoin qu'il s'en fait : cela va dès lors à diminuer moralement sa personne; et néanmoins, chose étrange, cela tend à exalter sa personnalité en se présentant à lui comme une sorte d'extension de son être, et un rayonnement naturel de sa vie. Je vous dirai le plus grand des malheurs de cet homme : il peut presque se passer d'espérance. Que voulez-vous que la pensée du ciel émeuve, réchauffe, ravissd un cœur à qui la terre donne tant et, peut-être, sauf la durée, les joies qu'il préfère ? Sent-il vraiment l'exil ") La mort, pour lui, n'est-clle pas le départ bien plus que l'arrivée? Et que dis-je que le riche peut se passer d'espérance ? C'est presque de la Providence qu'il semble se pouvoir passer... Réfléchissez à toutes ces conséquences naturelles et comme fatales de la richesse, et dites-moi si chacune d'elles ne vous apparaît pas comme une opposition et une sorte d'antipathie d'état à l'esprit du saint Evangile, comme un obstacle à la vie parfaite, comme une ombre, sinon comme un mur, entre l'âme et Dieu ? En somme un riche humble, sincèrement dépendant, vivant de cœur étranger sur la terre, un riche pauvre par l'esprit, l'Ecriture dit que c'est un prodige. » Mgr Gay, De la vie et des vertus chrétiennes^ 6^édit., Paris, 1878, t. 11, p. 233-235.

3. Puissances intérieures du péché. — « Nous avons été frappés dans notre cœur sensible et alors une fièvre de feu nous a saisis, qui pour un rien nous jette dans les crises et dans les transports delà concupiscence; dévorés par Je supplice de la soif et de la faim, nous soupirons après les breuvages qui sont des poisons et après les aliments qui nous tuent. La tentation ne nous quitte presque pas de nous abreuver au torrent impur des choses qui passent, de nous rassasier au banquet de la création, et plus nous buvons, plus nous sommes altérés, plus nous mangeons, plus nous sommes affamés. Le Prophète nous a comparés aux chiens errants qui rôdent le soir dans les carrefours des cités, en quête de leur misérable pâture ; famem patientur ut canes qui circui-

Page 1