X.B CATÉCHISME. — T. T, k
Que la morale doive être sociale, personne ne le conteste ; ce que Ton conteste, c'est qu'elle ne soit que cela ; car, en dehors de la société, il y a l'individu, et l'individu, pris comme tel, a des devoirs qui n'ont rien de social ; il y a aussi la famille, et, entre les membres qui la composent, comme nous le verrons en expliquant le quatrième commandement, il y a des devoirs très précis ; . il y a enfin Dieu, Dieu surtout, et nous verrons les devoirs qui nous obligent envers lui. De telle sorte que réduire la morale à n'être que sociologique, c'est escamoter ou nier la morale individuelle, familiale et religieuse, et l'on n'en a pas le droit. Or, c'est là l'erreur capitale de nos sociologues (i). Et lorsque M. Lévy- Bruhl nous affirme que u les faits moraux sont des faits sociaux, variant en fonction des autres faits sociaux (?,), » qu'il faut considérer la morale d'une société donnée, même de la nôtre, « dans son rapport nécessaire avec la réalité sociale, dont elle est une partie (3), » c'est une manière de voir et dédire qui n'est pas acceptable et que nous n'acceptons pas. Devant discuter d'un peu près la morale sociologique dans la leçon suivante, nous n'insisterons pas.
conduite humaine d'une conception religieuse, — à moins que ce ne soit la « morale sans obligation ni sanction » de Guyau, laquelle d'ailleurs est tout ce que l'on voudra, mais pas une morale ; — et on veut dire, en second lieu, que la raison ne saurait concevoir d'obligation ni de sanction qui ne soient ultra ou supra- rationnelles. Mais on veut dire quelque chose de plus; et on entend, avec M. Benjamin Kidd, dans son livre sur l'Evolution sociale, que les questions sociales étant des questions morales, et les questions morales, des questions religieuses^ les questions sociales sont donc, en dernière analyse, des questions religieuses. »
I. Voir la leçon suivante. — 2. La morale et la science des mœurs, Paris 1908, p. i8. — 3. Ibid,, p. 290,