‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 35 sur 312 · I. Morale de la solidarité · texte numérisé non relu

I. Morale de la solidarité

I. Exposé du système. — i. Point de départ. Les partisans de la morale de la solidarité entendent procéder avec une rigueur scientifique, sans tenir compte de la religion et de la métaphysique. Ils constatent donc tout d'abord l'existence d'un fait, qui se vérifie dans le monde, qui paraît universel et constitue une loi de la nature : la dépendance où sont les êtres par rapport les uns aux autres. Il est incontestable, en effet, que des relations étroites existent dans chaque être en particulier : leurs parties composantes, dépenderbt les unes des autres, se trouvent subordonnées et coordonnées, et concourent à riiarmonieuse unité de l'ensemble. Les êtres, à leur tour, sont en rapports constants entre eux dans un même règne, les minéraux avec les minéraux, les végétaux avec les végétaux, les animaux avec les animaux. Mieux encore, dans l'ensemble de l'univers, il y a des actions et des réactions incessantes d'un règne à l'autre et entre les divers règnes. Cette interdépendance constitue la solidarité, soit physique ou chimique, soit biologique ou physiologique, d'autant plus délicate et complexe qu'on s'élève davantage dans l'échelle des êtres. L'homme lui-même n'y échappe point. Il est un microcosme: il possède tout ce que l'on rencontre dans les êtres inférieurs, l'existence, la vie, la sensation, et il manifeste dans sa vie physique et animale la dépendance caractéristique des divers organes dont il est doté ; qu'on se rappelle la fable des membres et de l'estomac. Mais il n'est pas isolé ; il se trouve encore en rapport avec les autres êtres de la nature et avec ses semblables ; et là aussi se constate ce fait de dépendance, qui constitue la solidarité, au sens objectif du mot. Dans la société humaine, il y

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