CRITIQUE DE LA METHODE SOCIOLOGIQUE QO
raie sociologique. « Entre Dieu et la société, il faut choisir, » disent-ils, et ils choisissent la société. Si donc leur choix n'est pas fondé en raison, si leur système est incomplet et faihle,- et si leur morale est fausse, cette conclusion s'impose : seule la morale chrétienne est vraie. Et c'est justement ce qui va ressortir de la critique des points principaux.
B. Critique de la méthode sociologique. — La
seule méthode employée parles sociologues, c'est la méthode positive, au moyen de laquelle ils étudient, analysent les faits sociaux et en dégagent le contenu.
I. Mais ils ne rappliquent pas à tous les faits. Car, ainsi qu'on l'a justement remarqué, certaines consciences reconnaissent des valeurs incommensurables qui ne sont pas sociales, celles du savant et de l'artiste, par exemple. — 11 y a, d'homme à homme, des devoirs humains de justice et de piété, qui sont extra-sociaux. — Il y a des devoirs individuels, de l'individu à l'égard de lui-même, le sentiment de l'honneur, de la dignité personnelle, et des devoirs qui lient directement l'individu à l'individu comme tel et non comme membre de la collectivité, l'amitié, l'amour. « Dans tous ces cas, la conscience admet des obligations extra-sociales, qui peuvent sans doute être déterminées et modifiées parla vie collective, mais pour lesquelles la vie collective n'est qu'un milieu d'action, un point de départ, une base (i). » M. Durkhcim l'a reconnu, mais il a déclaré vouloir les ignorer (2) ; or, il n'en a pas le droit, puisque, daprcs lui, la société seule fonde l'obligation.
Il est certain que tout elTort pour se connaître, pour devenir et rester maître de soi, a toujours été considéré comme ayant un caractère moral, comme un devoir, bien qu'il puisse être sans le moindre rapport voulu avec l'intérêt ou la perfection du groupe social. En outre l'individu humain, raisonnable, n"a pas de rapports qu'avec le groupe dont il fait partie ; par delà la cité, il y a la nature, le monde. Enfin, comme c'est des profondeurs de