‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 53 sur 312 · I. La loi naturelle · texte numérisé non relu

I. La loi naturelle

1. La loi éternelle. — i. Son existence. — De toute évidence et de toute nécessité, Dieu, Raison souveraine et Sagesse infinie, n'a pu créer sans conformer la création et tous les êtres qui la composent, à son idéal divin, comme aussi sans leur fixer une fin et sans les ordonner à cette fin, c'est-à-dire sans leur imposer une loi. Car de même, dit saint Thomas (i), que la raison de la sagesse divine joue, vis-à-vis des choses créées, le rôle de l'art, du type exemplaire, du modèle ou de l'idée à réaliser, de même, vis-à-vis des êtres qu'elle meut vers leur fin, elle présente la notion et offre le caractère de la loi. La Raison éternelle implique une loi éternelle comme elle, et la création ne peut pas ne pas en porter l'empreinte.

2. Sa connaissance. Au dire de saint Augustin (2), cette loi éternelle, d'après laquelle il convient que tout soit ordonné, est la Raison suprême à laquelle il faut toujours obéir, et sa notion est imprimée en nous. Citant ce passage, le Docteur angélique (3) observe qu'une chose peut être connue de deux manières : ou en elle-même, ou dans ses effets. Or, nul ne peut connaître la loi éternelle telle qu'elle est en elle-même, à l'exception de Dieu et des bienheureux qui voient l'essence divine. Mais toute créature raisonnable la connaît par la radiation plus ou moins intense de sa lumière ; car toute connaissance de la vérité est un certain rayonnement, une participation de la loi éternelle, qui est la vérité immuable. Or, tous les hommes connaissent la vérité, tout au moins

I. Snm. theoL, I^ II", Q. xcm, a. i. — 2. Z)e lib. arhiir,, I, vi, i5. — 3. Sum. iheoL, I» ÏP®, Q. xcin, a. 2.

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quant aux principes communs et généraux de la loi naturelle.

3. Sa nature. La loi éternelle ne diffère pas de ressence divine : elle est cette essence même comme raison suprême ; mais elle se distingue nécessairement des choses créées qu'elle régit ; et toutes , qu'elles soient contingentes ou nécessaires, privées de raison ou intelligentes, lui sont soumises. Car rien, dit saint Augustin (i), ne peut échapper aux lois et à l'ordonnance du Créateur souverain, qui fait régner la paix dans le monde. Mais toutes ne lui sont pas soumises de la même manière. Les créatures sans raison la suivent sans la connaître, en tant que mues par la Providence divine; les créatures raisonnables; en la connaissant. Mais, parmi ces dernières, les bons lui obéissent librement, en suivant l'inclination naturelle qui les porte au bien et surtout la grâce, et ils sont ainsi dans l'ordre et la perfection ; les méchants lui désobéissent de parti pris et sont ainsi dans le désordre et le mal, sauf à payer dans la suite à la loi suprême la juste peine de leur désobéissance.

II. La loi naturelle. — i. Uhomme la connaît dans ses principes généraux. La loi naturelle est l'ordre que la Raison divine a imposé à tout être créé d'une manière conforme à sa nature. L'homme, étant une créature de Dieu, est donc régi par une loi naturelle, expression nécessaire de la loi éternelle et règle harmonieusement appropriée à sa nature d'être humain. Etant une créature intelligente, il la connaît par là même qu'il la porte inscrite dans son âme et dans son cœur.

La création qui l'entoure et la nature qu'il possède

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