I. De civil, Dei, XIX, xii
lui servent de notification de la volonté divine; elles sont, en dehors de Dieu, la première manifestation de la loi éternelle, la première communication de la Raison divine à sa raison, le premier écho en lui des desseins de Dieu sur lui.
Ainsi averti, l'homme n'a besoin de personne pour savoir qu'il doit pratiquement faire le bien et éviter le mal ; car, étant fait pour le bien, tout naturellement le bien l'attire et il désire le bien. C'est là une prescription d'ordre général, aussi évidente, aussi irrécusable pour sa raison pratique que les premiers principes pour sa raison spéculative. Or, tout s'y ramène.
• 2. Par elle il connaît ses principaux devoirs. Mais quant à savoir quel bien il doit rechercher, sa nature le lui indique aussi bien que sa raison. En effet, dit saint Thomas (j), l'homme est enclin d'abord vers les biens de la nature qu'il partage avec toutes les substances et qui fait que tout cherche nécessairement la conservation de son être. Sous l'empire de cette inclination, la loi naturelle le pousse vers ce qui est propre à alimenter, à entretenir, à conserver et à préserver sa vie individuelle. — Il est enclin ensuite aux biens de la nature qu'il partage avec les animaux. Sous l'empire de cette inclination, la loi naturelle règle son instinct animal, comme l'union des sexes pour la propagation de l'espèce, l'éducation des enfants, et autres choses semblables. — Il est enclin enfin aux biens de la nature spirituelle qui lui est propre. Sous l'empire de cette inclination, la loi naturelle lui fait rechercher la culture de l'esprit et du cœur, vis-à-vis de ses semblables et par rapport à Dieu. Car il ne peut pas nier qu'il ne soit un être fait pour vivre en société, vu son inca-