‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 57 sur 312 · LA LOI ECRITE · texte numérisé non relu

LA LOI ECRITE

au chef de l'Eglise ; et il l'exerce légitimement par rapport aux vœux, aux serments et aux mariages seulement contractés (i). »

IL La loi écrite

I. LeDécalogue. — La loi écrite, dite aussi loi de l'ancienne alliance, loi mosaïque, est désignée d'ordinaire, pour la partie morale, parle mot Décalogue, terme composé de deux mots grecs, dont les Septante s'étaient servis pour traduire les dix paroles dont parlent l'Exode (2) et le Deutéronome (3) :

ôÉxa XoYO'..

Les Rédacteurs du Catéchisme Romain se bornent à signaler quelques unes des raisons qui ont fixé le choix de Dieu sur la race d'Abraham pour lui confier la loi écrite, et les circonstances dans lesquelles le Décalogue fut donné à Moïse.

1. C'est plein de mystère. «Quoique le Seigneur ait donné cette loi aux Juifs sur la montagne, cependant, comme la nature l'avait gravée et scellée très avant dans le cœur de tous et que, pour cette raison, Dieu avait voulu que tous y fussent soumis, il importe beaucoup d'expliquer avec soin les termes dans lesquels elle fut promulguée par Moïse, son ministre et son interprète, et de raconter l'histoire des Israélites si pleine de mystère (4) . »

2. Choix d' Abraham . — « De toutes les nations qui étaient sur la terre, Dieu n'en choisit qu'une, celle qui tirait son origine d'Abraham. Il donna l'ordre à celui-ci d'habiter en étranger la terre de Ghanaan. Mais tout en lui en promettant la possession, il ne permit ni à lui ni à ses descendants de l'habiter qu'après avoir erré pendant plus de quatre cents ans. Durant cette pérégrination il ne les abandonna jamais. Ils allaient de nation en nation,

I. Didiot, Morale surnaturelle fondamentale, Paris, 1896, p. 5i5.5i6. — 2. Exod, xxxiv, 28. — 3. Deut., v, 4. — 4. Cal. Rom., III, Prim, prœc,, n. i ,

passaient d'un royaume dans un autre ; mais nulle part il ne toléra qu'on les maltraitât. Pour eux, il sévit même contre des rois. Avant qu'ils ne descendissent en Egypte, il envoya un homme prudent qui devait les délivrer, eux et les égyptiens, de la famine. Là il les environna d'une bonté telle que, malgré la résistance de Pharaon et son acharnement à les perdre, ils se multiplièrent de façon prodigieuse. Puis, quand il les vit dans une extrême aiïliction et soumis à l'esclavage le plus dur, il leur suscita dans la personne de Moïse un chef pour les délivrer par la puissance de son bras : délivrance que le Seigneur rappelle tout spécialement en tête de sa loi (i). »

3. Choix gratuit des Hébreux. — « Si Dieu s'est choisi cette nation de préférence aux autres pour l'appeler son peuple et pour être plus spécialement connu et servi par elle, ce n'est pas qu'elle l'emportât sur les autres par la justice et par le nombre, comme Dieu le lui rappelle, mais parce que cela lui plut, jugeant à propos de multiplier et d'enrichir une nation petite et pauvre pour rendre sa puissance et sa bonté plus sensibles et plus éclatantes aux yeux de tous. Ainsi Dieu s'attacha aux Hébreux et les aima au point que, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, ne rougit point de s'appeler leur Dieu, pour provoquer l'émulation des autres peuples et les amener par le spectacle du bonheur des Israélites à passer au culte du vrai Dieu (2). »

li. Longue attente. - «Si Dieu laissa longtemps les patriarches errer en pays étranger et leurs descendants gémir sous l'oppression et l'accablement de la plus dure servitude, c'est pour nous apprendre d'une part qu'on ne peut être ami de Dieu sans être ennemi du monde et étranger sur cette terre, et qu'on est plus facilement reçu dans son amitié quand on n'a rien de commun avec le monde, et, d'autre part, pour nous faire comprendre, à nous qui appartenons au vrai culte du Seigneur, combien il y a plus de bonheur à servir Dieu que le monde... Si Dieu mit plus de quatre cents ans à tenir sa promesse,

i, Ibid.f n. 2. — 2. Ibid.f n. 3,

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ce fut pour élever son peuple dans la foi et l'espérance. Car Dieu veut que ses enfants soient perpétuellement sous sa dépendance et placent tout leur espoir dans sa bonté (i). »

5. Le lieu et la date du don de la loi écrite. « Ce fut après la sortie d'Egypte et l'entrée dans le désert afin que, touchés par le souvenir de leur délivrance récente et par l'aspect désolé de la région où ils se trouvaient, les Hébreux fussent mieux disposés à accepter la loi. Car les hommes s'attachent fortement à ceux dont ils viennent d'éprouver la bonté et ils se réfugient sous la protection de Dieu, quand ils se savent privés de tout secours humain. Et ceci fait comprendre qu'on est d'autant plus porté à embrasser la doctrine céleste qu'on s'est soustrait davantage aux attraits du monde et aux voluptés de la chair (2). »

6. Application de cette histoire aux chrétiens. « Le curé doit s'efforcer d'amener les fidèles à avoir toujours dans l'esprit ces paroles : « Je suis Jéhovah, ton Dieu. » Elles leur feront comprendre qu'ils ont le Créateur pour législateur. Celui qui leur a donné et leur conserve la vie ; elles leur permettront de redire avec raison : « // est notre Dieu, et nous sommes le peuple de son pâturage, le troupeau que sa main conduit (3). »

« Quant à la suite : « Qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude, » bien qu'elle ne semble convenir qu'aux Juifs délivrés de la servitude des Egyptiens, cependant, à considérer la nature intime du salut universel, elle s'applique beaucoup mieux aux chrétiens qui ont été arrachés par Dieu, non à la servitude d'Egypte, mais à la région du péché et à la puissance des ténèbres pour être transférés dans le royaume de son Fils bien aimé (4). »

II. Texte de la loi écrite ou du Décalogue, d'après l'Exode (5). — 2. {(Je suis Jéhovah, ton Dieu, qui V ai fait

I. Cal. Rom,, III, Prim. prœcept., n. 4-5. — 2. Ibid., n. 6. -— 3. Ps., xciv, 7. — 4. Cat, Hom.f III, Prim. prœcept., n. 7-8, — 5. Exod., XX, a-17,

sortir du pays cF Egypte, de la maison de servitude, —S. Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. — 4. Tu ne feras pas d'image taillée, ni aucune figure de ce qui est en haut dans le ciel, ou de ce qui est en bas sur la terre, ou de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. — b. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras point. Car je suis Jéhovah, ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants, sur la troisième et quatrième génération à l'égard de ceux qui me haïssent, — 6. Et qui fais miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements .

7. Tu ne prendras point le nom de Jéhovah, ton Dieu, en vain, car Jéhovah ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom en vain.

8. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier, — 9. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tous les ouvrages, — 10. Mais le septième est un jour consacré à Jéhovah, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ton serviteur, ni ta' servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. — 11. Car, pendant six jours, Jéhovah a fait le ciel, latente, la mer et tout ce qu'ils contiennent, et il s'est reposé le septième jour, c'est pourquoi Jéhovah a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié,

12. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient longs dans le pays que Jéhovah, ton Dieu, te donne. i3. Tu ne tueras point.

i4. Tu ne commettras point d'adultère. jS

i5. Tu ne déroberas point.

16. Tu ne porteras point de faux témoignages contre ton prochain.

17. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient. »

III. Le Décalogue comprend la loi naturelle. — I . Comment il la renferme. Telle est la formule célèbre du décalogue. C'est le code des préceptes iuQ'

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