‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 60 sur 312 · III. La loi évangélique · texte numérisé non relu

III. La loi évangélique

1. La loi nouvelle. — i. Elle a Dieu pour auteur comme Vancienne, mais elle a été donnée d'une manière différente. La loi ancienne a été écrite sur des tables de pierre, la nouvelle sur des tables de chair, dans le cœur, non avec de l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant (i). Selon l'expression de saint Paul (2), la loi ancienne écrite hors de l'homme a été un (( instrument de mort et de condamnation, » tandis que la nouvelle est un instrument de l'Esprit et de la justice, car par le don de TEsprit-Saint nous faisons le bien et nous sommes délivrés de la peine éternelle.

2. Son apparition tardive s explique . D'abord, parce qu'elle est la loi de grâce et que la grâce ne pouvait être donnée dans sa plénitude avant que l'obstacle du péché n'eût été détruit par la rédemption. C'est ce qui faisait dire à saint Jean : « V Esprit n'était pas encore donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié (3). » Ensuite, parce qu'elle est parfaite et que la perfection est le résultat d'un progrès continu, qui demande du temps. Ainsi l'homme est enfant avant d'atteindre sa maturité. De là cette expression significative de l'Apôtre : « La loi a été notre pédagogue pour nous conduire au Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi; mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue (4). » Enfin, parce qu'il convenait que l'homme reconnût le besoin qu'il avait de la grâce. D'où ce mot de l'Apôtre : « La loi est intervenue pour faire abonder la faute ; mais là ou le péché a abondé, la grâce a surabondé (5). »

I. II Cor,, III, 3-3.— 3. II Cor., m, 7, 9. — 3. Joan., vu, 89. — 4. Gai, m, 24-25. — 5. Bom., v, 20 ; Sum. theol,, P IP^, Q. Gvi» a. 3.

LA LOI évANGÉLIQUÈ l3l

3. La loi nouvelle est définitive. Etant parfaite sous tous les rapports, elle ne sera plus remplacée et durera désormais autant que le monde. Il ne peut y avoir, en effet, dans la vie présente un état plus parfait que celui de la loi évangélique, parce que rien ne saurait être plus rapproché de la fin dernière que ce qui nous y conduit immédiatement; ; et c'est justement là le rôle de la loi nouvelle (i).

4. Sa différence avec V ancienne. — La loi nouvelle n'est pas autre que l'ancienne, en ce sens que la soumission de l'homme à Dieu a été la fin de l'une et de l'autre ; elle en diffère pourtant, parce que l'ancienne se bornait au rôle de pédagogue, selon l'expression de saint Paul, tandis que la nouvelle, par cela même qu'elle est la loi de la charité, est une loi de perfection, la charité étant u le lien de la perfection. (2) » Chacune offre une des phases de la réalisation progressive du plan divin (3) . L'une portait le nom de loi de crainte, l'autre porte celui de loi d'amour. Cela n'empêche point qu'il n'y ait eu, dans l'Ancien Testament, des hommes possédant la charité et la grâce du Saint-Esprit, qui mettaient l'objet principal de leurs espérances dans les promesses spirituelles et éternelles et qui, sous ce rapport, appartenaient déjà à la loi nouvelle, tout comme il y a, sous le Nouveau Testament, des hommes charnels qu'il faut exciter, comme sous la loi de crainte, à la pratique de la vertu par la crainte des châtiments et par des promesses. Mais, quoique l'ancienne eût des préceptes de charité, elle n'avait pas le privilège, comme la nouvelle, de donner aux hommes l'Esprit-Saint qui répand la charité dans nos cœurs (4). Enfin, étant avec la loi ancienne dans le rapport du

I. Sum. «/leoZ., IMP, Q. cvi, a. 4. — a. Col., m, i4. — 3. Sixm, iheoL, h II* , Q. cvii, a. i. — 4- Ibid., ad a.

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parfait avec l'imparfait, la loi nouvelle est l'accoinplissement de la loi ancienne, la pleine réalisation de ses promesses et de ses figures. Notre Seigneur lui-même l'a accomplie, soit par ses œuvres en en remplissant les prescriptions, soit par sa doctrine, en en donnant le véritable sens, en la formulant d'une manière plus précise, en la complétant sur certains points et en y ajoutant les conseils de perfection (i). L'homme n'est plus régi désormais que par la loi évangélique. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est de savoir comment y sont envisagés les préceptes moraux de la loi naturelle, dûment conservés par la loi mosaïque.

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