VERTU THÉOLOGALE DE FOI
ment intellectuel à une vérité. Cette vérité est inévidente pour nous, mais nous avons des motifs sérieux de croire qu'elle est évidente en celui qui nous la certifie. Pour nous, en effet, l'évidence ne saurait être dans la proposition que nous acceptons, sans quoi nous ferions un acte de science et non un acte de foi, mais elle est dans les motifs extrinsèques qui justifient à nos yeux notre libre adhésion. Par prudence nous ne croyons qu'à bon escient et sur bonnes preuves, et, par un sentiment tout naturel de justice, nous respectons dans le témoin son autorité, sa loyauté, sa compétence.
m. La foi surnaturelle, la vertu théologale de foi. — Nous avons déjà traité du caractère surnaturel de la vertu théologale de foi, de sa nature, de son objet, de son motif, des facultés qui encourent à produire son acte et des propriétés de l'acte de foi (i) ; nous n'avons pas à y revenir. Rappelons seulement la définition de la foi donnée par le concile du Vatican : « Une vertu surnaturelle par laquelle, prévenus et aidés de la grâce de Dieu, nous croyons vraies les choses qu'il a révélées, non pas à cause de leur vérité intrinsèque perçue à la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu même qui révèle et qui ne saurait être ni trompé, ni trompeur. )) Nous ne sommes plus ici dans Tordre purement naturel ; mais toutes les observations que nous avons faites, au sujet de la foi naturelle, ont ici leur application. Nous sommes dans l'ordre surnaturel : il s'agit d'une vertu surnaturelle, que Dieu seul peut nous donner, et d'un acte surnaturel qui nécessite l'intervention de la grâce ; il s'agit d'une vertu qui nous fait entrer dans