‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 7 sur 312 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Les Commandements et la Prière

Leçon V" La morale traditionnelle

I. La morale traditionnelle. — II. Objections qu'on lui oppose.

L La morale traditionnelle

LA morale traditionnelle, la u vieille morale, » n'est autre chose que la morale naturelle, inscrite originairement dans la conscience du premier homme, codifiée ensuite dans leDécalogue, et portée enfin à son plus haut point de noblesse et de pureté par Notre Seigneur (i). C'est la morale de tous les temps et de tous les lieux, parce que partout et toujours l'essence de la nature humaine, quelles que soient la variété et la succession de ses formes extérieures purement accidentelles, reste identique à elle-même ; morale accessible à tous, facile à connaître par tous, très pratique et très efficace, car elle répond excellemment aux intuitions les plus élevées de l'esprit comme à tous les besoins du cœur. Elle est fondée sur une théodicée et une anthropologie spiritualistes, sur ces dogmes, que la

I. BIBLIOGRAPHIE: Traité des Lois, des Actes humains, de la Conscience, dans les Manuels récents de Théologie ; Janet, La morale, d*' édit., Paris, 189A ; Didiot, Morale surnaturelle fondamentale, Paris, 1896 ; Piat, Destinée de Vliomme, Paris, 1898 ; Farges, La liberté et le devoir, Paris, 1902 ; Désers, La morale dans ses principes, Paris, 1906 ; d'Hulst, Conférences de Notre- Dame, Carême de 1891, Paris, 1908 ; Janvier, Conférences de Notre- Dame, Carême de 1908 et 1904.

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LE CATECHISME ROxMAIN

raison se démontre, l'existence d'un Dieu personnel, la spiritualité et Timmortalité de l'âme. Examinons d'abord ses éléments constitutifs.

1. Dieu et sa gloire extérieure. — i. Dieu a créé librement. Dieu n'a pu être poussé par aucune nécessité de nature à agir ad extra (i) ; car, même sans la création, il n'en aurait pas moins été tout ce qu'il est, l'Etre infini, souverainement parfait et totalement heureux dans son essence; il a donc été libre de manifester extérieurement sa toute-puissance, sa sagesse et sa bonté.

2. Dieu a créé sagement. Du moment qu'il n'était pas obligé de créer, il n'a pu, en s'y décidant, qu'agir conformément à sa nature d'Etre parfait ; et parce qu'il est la Raison par essence, il a eu nécessairement un but, il a dû concevoir le monde d'après un plan réfléchi et l'ordonner, dans tout son ensemble et dans chacun de ses détails, en vue du but qu'il s'était proposé. Il est tout à la fois la cause exemplaire, la cause efficiente et la cause finale delà création, et l'univers n'est autre chose que la réalisation extérieure et harmonieuse de ses desseins éternels. Différents êtres y apparaissent, supérieurs les uns aux autres, dans un enchaînement gradué, chacun avec une nature distincte, une fin particulière et des moyens appropriés, tous soumis à des lois qui règlent non seulement leurs fonctions individuelles, mais encore leur rôle dans l'ensemble.

3. Dieu a créé en vue de sa gloire extérieure. Rien ne manquant, en effet, à sa béatitude essentielle, Dieu n'a pu avoir en vue, dans la création, que sa glorification extérieure, la seule qu'il soit capable de recevoir. C'est donc dire qu'il est nécessairement l'Etre-Fin et que toute créature, chacune à son rang et à sa manière, doit manifester et publier cette gloire. C'est là une vérité d'ordre rationnel (2), clairement affirmée dans l'Ecriture (3),

I. Voir t. n, p. i4 sq. — 2. Sum. iheoL, P II*% Q. lxv, a. 2 ; Cf. S. Bonaventure, In II sent., dict. i, p. 2, a. 2, q. i ; dist. 16, a. I» q. I. — 3. Cf. Sap.y v, 18-24.

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