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GLORIFICATION EXTÉRIEURE DE DIEU

enseignée par les Pères et les Docteurs, définie par le concile du Vatican (t) : toute créature, et par conséquent l'homme, a pour but de manifester la gloire extérieure de Dieu.

Mais comment et de quelle manière ? Nécessairement de la manière voulue par Dieu, car il est le maître absolu de son œuvre ; et ce mode doit être cherché et trouvé dans la nature, la fin, les moyens et les lois qu'il lui a plu de fixer. Or, parmi les êtres créés, les uns sont dépourvus de raison : ceux-là, sans le savoir, vont à leur fin particulière et contribuent à la glorification extérieure de Dieu d'une manière inconsciente, selon des lois inéluctables, auxquelles ils ne sauraient se soustraire ; mais cela suffît, quant à eux, pour bien remplir leur office.

Tel n'est pas assurément le cas de l'homme ; car l'homme, parce qu'il est doué d'intelligence et de volonté, forme comme un empire dans un empire; il occupe le premier rang parmi les êtres visibles ; il les dépasse tous par sa nature et par sa fin ; par là même il doit avoir une loi particulière pour procurer, en connaissance-de cause, et non comme les êtres privés de raison, la gloire extérieure de Dieu ; sa loi sera morale et non pas nécessitante, c'est-à-dire conforme à sa nature d'être raisonnable et libre; en l'accomplissant fidèlement, il atteindra sa fin dernière et glorifiera Dieu ; en la violant, au contraire, il n'atteindra pas sa fin, mais il n'en contribuera pas moins, par le châtiment qu'il aura mérité, à faire éclater la souveraine justice de Dieu. x\ussi, pour connaître la loi morale, faut-il savoir quelle est la fin dernière de l'homme, quelle est sa nature et quels sont les moyens dont il dispose.

I. Const. Dei Filius, cap. i et canon 5; Denzinger, n. 1780 (1682), i8o5 (1652). Nota bene : jusqu'ici, dans les quatre premiers volumes, VEnchiridion Symbolorum de Denzinger a été cité d'après la neuvième édition ; désormais nous le citerons d'après la dixième, donnée par le P. Bannwart, à Fribourg-en- Brisgau, en 1908, en ayant soin de mettre entre parenthèses, quand il y aura lieu, le numéro correspondant de la neuvième édition .

tx LE CATECHISME ROMAIN

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IL La fin de rhoinme. — i. V homme a une fin: le bonheur. Il serait étrange tout d'abord que l'homme n'eût pas une fin propre ; car l'idée de finalité est inscrite partout et s'impose impérieusement à la raison. Reste à savoir quelle est cette fin qui actionne l'activité intelligente de l'homme. Or, c'est un fait d'expérience intime, aussi certain qu'universel, que l'homme aspire de toutes les puissances de son être à la possession d'un bien tel qu'il y trouve son épanouissement complet et sa pleine félicité : il désire le bonheur, il veut être heureux, il ne veut que cela et tout le reste pour cela.

2. Mais ce bonheur ne se trouve pas dans les biens créés et finis. Ces biens, en effet, sont extérieurs ou intérieurs ; ni les uns ni les autres, comme le prouvent l'expérience et le bon sens, ne sont capables d'assouvir la soif insatiable de bonheur qui caractérise l'homme. Parmi les biens extérieurs, les uns regardent le corps, les richesses par exemple, mais ils ne sont qu'un moyen et non un but ; les autres concernent l'esprit, comme les honneurs, la renommée, la gloire et la puissance ; mais, outre qu'ils peuvent échoir aux pires des hommes comme aux meilleurs, ils comportent des aléas, n'atteignent pas l'intime de l'âme et sont regardés même par ceux qui en jouissent fortuitement comme insuffisants à leur ambition. Quant aux biens intérieurs, ni ceux du corps, tels que la santé, la force, la volupté, parce qu'ils n'intéressent que la partie la moins noble de l'homme, ni même ceux de l'âme, quoique supérieurs, comme l'acuité de l'intelligence et la rectitude de la volonté, parce qu'ils accusent une indigence native, qui oblige l'homme à s'alimenter au dehors à la source du vrai et du bien, ne sauraient constituer la fin suprême de l'homme, sa perfection, sa félicité.

3. Dieu seul, le souverain Bien, assure le bonheur du l'homme. C'est en Dieu seul, en effet. Vérité absolue et Bien par essence, que l'homme peut trouver la perfection de son être, la pleine satisfaction de ses désirs, le rassen--

l'homme est un ETRE LIBRE

siement complet de sa soif de bonheur : Dieu connu autant qu'il peut l'être par l'intelligence, Dieu possédé et goûté en égale proportion par la volonté, non certes par la fusion ou la confusion de la personne ou de la substance humaine avec la personne ou la substance divine, chose impossible, mais par un acte vivant, conscient et permanent de vision et d'amour, qui se saisisse de Dieu, s'en empare et se l'approprie en quelque sorte pour en jouir sans fin dans le repos béatifiant de cette vision pleine d'amour, qui se trouve être en même temps la glorification extérieure par excellence de Dieu (i).

III. Nature de rhomme. — i. Uhomme a deux facultés : rintelligence et la volonté ; c'est ce qui le caractérise et le place en quelque sorte hors rang dans la série des êtres visibles. Par son intelligence, il va au vrai. Spontanément, sans besoin d'enquête ou de raisonnement, dès que les termes lui en sont connus, il saisit la vérité des premiers principes dans l'ordre spéculatif et dans l'ordre pratique. Ces derniers : il faut faire le bien, éviter le mal, obéira Dieu, etc., sont les principes du droit naturel, d'oiî découlent toutes les obligations morales ; ils sont

T. La question morale préoccupe beaucoup nos contemporainSjComme la plupart ne veulent pas de la morale rehgieuse et surtout catholique, ils ont essayé d'en constituer une. Depuis une dizaine d'années, ils se réunissent dans une sorte de petit concile laïque, à Paris, pour soumettre à Texamen et à la critique de leurs pairs le résultat de leurs travaux. A quoi ont-ils abouti jusqu'ici ? A des discussions fort intéressantes sans doute, où l'on a fait passer au crible les systèmes proposés. Inutile de dire que l'accord n'existe point entre eux, et qu'il n'est pas à la veille de se réaliser. Ce n'est pas faute de bonne volonté, ni de travail, ni d'efforts, ni de savoir, mais à cause d'un parti-pris irréductible contre tout ce qui touche à la religion et au catholicisme et en faveur d'une morale exclusivement laïque, qu'ils donnent le spectacle fort instructif des dissentiments les plus profonds, et surtout de l'impuissance la plus radicale à dresser un système qui tienne debout et soit complet ou efficace.

pour l'action ce que les principes spéculatifs sont à la spéculation. Ils relèvent de ce que saint Thomas appelle la syndérèse (i), c'est-à-dire de cette disposition naturelle de la raison, de cette facilité primesaulière de l'esprit, qui se prononce instantanément, à la seule lumière qu'ils portent en eux, sur leur valeur morale et sur leur force directrice dans toutes les conclusions d'ordre pratique.

2. L'homme possède une conscience. A côté de cette syndérèse ou de cette tendance innée et sous sa direction, l'homme a de quoi se guider dans la vie, c'est la conscience. Celle-ci, dans son sens propre, est un acte de la puissance de connaître, se prononçant, au sujet de telle action déterminée, sur sa moralité, tantôt, avant d'agir, pour la permettre, la conseiller, l'ordonner ou l'interdire, tantôt, lorsque l'action a été faite quand elle n'aurait pas dû l'être ou lorsqu'elle a été omise alors qu'elle aurait dû être accomplie, pour nous blâmer et nous reprendre, tantôt enfin, quand tout s'est passé selon l'ordre et la raison, pour nous approuver et nous louer. C'est que l'homme est responsable.

3. Quoique dépendant, l'homme est libre. Il ne s'applique pas seulement au vrai par l'intelligence, il va encore au bien par sa volonté ; mais il ne peut pas ne pas vouloir le bien général, le bien suprême, puisqu'il est fait pour le bonheur, et que le bonheur le meut nécessairement. Sans cette motion première, voulue de Dieu et imposée à sa nature, il ne pourrait rien vouloir, car sa volonté ne saurait passer seule de la puissance à l'acte. Ce n'est qu'une fois mise en branle par Dieu vers le bien général, qu'elle se meut et se détermine elle-même, toujours avec le concours indispensable de Dieu, vers tel ou tel bien particulier. Et ici encore, elle dépend de la raison, car on ne peut vouloir que ce que l'on connaît. Si donc la raison lui présente un objet comme étant le bien absolu, elle s'y porte nécessairement ; mais si l'objet présenté par l'intelligence n'offre pas la raison totale de

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