I. Vacant, loc. ciL» t, ii, p. i
INTERVENTION NECESSAIRE DE "LA GRACE l65
de crédibilité raisonnables et prudents. Or, ces motifs de crédibilité la raison peut les trouver de manière à être persuadée que l'existence de Dieu et de la vie future a été révélée par Dieu. Ils rendent l'acte de foi prudent et sage et se rencontrent malgré tout dans tous les milieux où se conservent les restes encore reconnaissables de ces vérités révélées. 4. Intervention nécessaire de la grâce. Mais il va de soi, et ceci est un point important qu'il ne faut pas négliger, que dans cet acte de foi théologale, pour le préparer et pour l'aider, doit intervenir ce secours aussi suave que fort, ce facteur indispensable, qui s'appelle la grâce (i). Dieu ne la refuse à aucune âme de bonne volonté. Et « pourquoi la même grâce n'appellerait-elle pas l'attention du pauvre infidèle sur ces vérités obscures, dont personne ne lui parle, auxquelles presque personne ne prend garde autour de lui, et qui pourtant lui sont présentées comme des révélations divines, au milieu d'une foule de traditions disparates ? Pourquoi la même grâce ne lui ferait-elle pas sentir qu'il doit exister un Dieu supérieur au monde, bon, juste, miséricordieux, prêt à pardonner le péché et à récompenser la vertu après la mort.^ Pourquoi ne lui montrerait-elle pas que, parmi les traditions de sa race, il n'en est point qui soient plus dignes de venir de Dieu ? Pourquoi, après cette préparation plus ou moins difficile, ne lui ferait-elle pas faire un acte de foi, suivi ensuite d'un acte de repentir et de charité surnaturelle P Cela ne dépasse pas assurément la puissance de la grâce de Dieu (2). » Or, c'est elle, cette grâce divine, qui vient « mettre la clef de voûte à cet édifice, dont les matériaux sont par eux-mêmes incapables de tenir debout. Sans la
?. V. t, iiï, p. 466 sq. — 2, Vacant, loc, cit., t. ïi, p. 148.
grâce, les restes des vérités révélées, corrompues par les fausses religions, seraient impuissants à fournir l'objet de la foi ; sans la grâce, les preuves fragiles de leur révélation ne donneraient point la persuasion nécessaire ; sans la grâce, la volonté, privée d'un guide sûr et d'un soutien solide, ne surmonterait pas les obstacles qui s'opposent à l'acte de foi ; mais, avec la grâce, tous ces éléments se rapprochent et se soutiennent (i). »
(( C'est ainsi que la Providence divine dispose de moyens merveilleux pour sauver les âmes, qui semblent entièrement inaccessibles aux vérités de la foi et à toute influence surnaturelle. Quel est le nombre des âmes pour qui se réalisent ces prodiges ? Quel est le nombre de celles qui répondent aux sollicitations de la grâce intérieure et seront rangées parmi les élus ? Ce sont des mystères dont Dieu s'est réservé le secret (2). »
5. Vérités dont la foi est de nécessité de moyen pour la justification. Il est des vérités dont l'ignorance fermerait le chemin du salut même à celui qui ne serait pas responsable de cette ignorance ; c'est pourquoi elles sont dites nécessaires de nécessité de moyen. Tels sont les dogmes fondamentaux de l'existence de Dieu et de son rôle rémunérateur après cette vie. Ils appartiennent, il est vrai, au domaine naturel de la raison, mais servent de base nécessaire, Tun à tout l'enseignement révélé, l'autre à toute la morale surnaturelle, et sont objet de foi. Saint Paul a dit, en effet: « Il faut que celui qui s'approche de Dieu croie qu'il existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (3). » C'est le texte célèbre rappelé par le concile de Trente, au sujet de lapré-
i. Vacant, ibid,, p. 149. — a. Vacant, loç, cit., p. i5o. — 3. Hebr.f xi, 6»