IV. Défense de s'exposer sciemment et libre
I. Voir t. i,p. 453-456, à propos des causes du doute, de la myopie intellectuelle et morale, de la perte de la foi pour raison d'ordre intellectuel. Cf. Bossuet. lU" Sermon pour le premier dimanche du Carême, sur la prédication évangéliqae, et II" sermon pour le dimanche de la Passion, sur la haine de la vériùé, — 2. Sam. Iheol., Il* 11^ Q. xv, a. a-3.
ment à perdre la foi. — i. Précautions à prendre, La sauvegarde de la foi, cette vertu si nécessaire qui constitue le fondement et la racine de la vie surnaturelle, ne saurait être entourée de trop de précautions : précautions relatives à la fréquention des impies et des incroyants, surtout des hérétiques ; précautions relatives à la lecture des livres condamnés à cause des principes funestes et des erreurs qu'ils renferment. La prudence interdit d'affronter le danger et de côtoyer des abîmes.
2. S'interdire tout acte, tout geste, tout signe, qui pourrait passer pour une approbation d'une erreur contre ta foi. C'est là, dans les relations ordinaires, un danger plus fréquent qu'on ne croit. Sous prétexte de largeur d'esprit, d'émancipation intellectuelle, de liberté d'appréciation, on en vient trop souvent à laisser passer, sans protester, de malveillantes insinuations ou des imputations grossières contre la vérité des dogmes catholiques. Un croyant ne peut pas se permettre une pareille lâcheté ; et, puisque l'occasion s'en présente, il doit non seulement se défendre de tout assentiment coupable, mais encore faire valoir l'orthodoxie de sa foi, de façon nette et convenable.
I. Que penser de la négation purement extérieure et de l'abandon simulé de la foi ? « Nier extérieurement la vraie foi ou feindre de la nier, soit par écrits ou paroles, soit par gestes ou signes, soit même par abstention on silence, fut toujours considéré dans le monde des véritables croyants comme une faute extrêmement grave. On sait l'énergique opposition qu'y montra le vieil Eléazar, au temps de la persécution d'Antiochus. On sait la terrible sentence de Jésus-Christ contre ceux qui rougissent de lui et le renient devant les hommes. On sait avec quelle rigueur l'Eglise exigea toujours une pénitence et une rétractation publiques de ceux qui avaient sacrifié aux