I. Hebr., 3çi, |, — - a, Rçm,, vm, a
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séjour de l'enfer. Les damnés peuvent bien conserver une espèce de foi informe, qui les fait trembler (i), mais non point l'espérance ; ils ont, en effet, la certitude de ne jamais échapper à leur châtiment, et ce châtiment consiste dans la privation des biens éternels qui, pour eux, n'étant ni futurs, ni possibles, ne peuvent être l'objet de l'espérance (2).
3. Son objet. L'objet de l'espérance, vertu théologale, c'est Dieu dans les secours qu'il nous offre icibas par sa grâce et ses sacrements, dans la gloire dont il nous couronnera là-haut, en se donnant à nous par la vision béatifique. Dieu, en effet, possédé à tout jamais dans le ciel, vu et contemplé à découvert, contentant tous les désirs de l'homme et le béatifiant pleinement, voilà bien l'objet principal et suprême de l'espérance chrétienne. Par elle, l'âme se porte à la béatitude éternelle, comme à sa fin dernière, et aussi au secours indispensable de la grâce, comme au moyen d'y parvenir. D'aussi insondables perspectives déconcertent la raison, mais l'enseignement révélé nous en donne la certitude.
IlL Certitude de Tespérance chrétienne. — I . Non, r espérance ne trompe point, dit saint Paul (3). Bien qu'il s'agisse de la vision de Dieu, de la possession de Dieu, d'un poids éternel de gloire, le prophète avait raison de dire : « Dieu donne la grâce et la gloire (4). » 11 se réjouissait à la pensée d'aller au temple, dans la maison de Jéhovah (5) ; mais qu'é-
I. Jac, II, 19. — 3. Sum. theoL, II* Il^e, Q.xviii, a. 3. Dante a exprimé cette vérité théologique dans le dernier vers de l'inscription qu'il place sur la porte de Tenfer : Lascial" oyni speranza, voi ch'entraie. — Inf. III, — 3. Hom., v, 5. — 4* ^^m
GARANTIES DE L*ËSPÉRANCE 187
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tait-ce que le temple de Jérusalem, à côté de la céleste Jérusalem, que l'Eglise salue comme la bienheureuse vision de la paix ? C'est jusque-là pourtant, dans cette vraie demeure de Dieu, dans ce Saint des Saints par excellence, que le grand Apôtre avait jeté « l'ancre >; de son âme (i), son espérance sûre et ferme; et c'est jusque-là, qu'à son exemple, tous les saints ont jeté la leur, pleinement assurés de n'être point l'objet d'une décevante illusion. Car l'espérance est surnaturellement garantie.
2 . Elle est garantie par la nature même de Dieu : par sa puissance, qui seule peut opérer ce prodige de faire entrer la créature humaine dans la participation de son être et de sa béatitude ; par sa bonté, qui seule est capable de s'épancher d'une manière aussi ineffable ; par sa justice enfin, car si le salut de l'homme est l'œuvre gratuite de l'éternel amour, il est aussi, par la grâce de Dieu, l'œuvre de l'homme lui-même qui peut répéter avec saint Paul : « // ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que me donnera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront aimé son avènement (2). »
3. Elle est garantie par la parole et les promesses de Dieu. Car, relativement à la fin béatifîque que Dieu nous a libéralement assignée et à la grâce qui en est le moyen de conquête assuré, Dieu s'est engagé, il a donné sa parole, il a fait de formelles promesses ; et comme si tout cela était insuffisant, il y a ajouté le serment. « Dieu, voulant montrer avec plus d'évidence aux héritiers de la promesse, l'immuable stabilité de son dessein, fit intervenir le serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est
\» Heb,, vï, j^. -^ a. ji Tim,., ir, 8.
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impossible que Dieu nous trompe, nous soyons, nous qui avons cherché en lui un rejuge, puissamment encouragés à tenir ferme V espérance qui nous est proposée (i). )) Rien d'étonnant dès lors que les auteurs inspirés, sans nous faire connaître de tous points ce que sera l'éternelle béatitude, en parlent en des termes si magnifiques. « Par sa gloire et sa vertu, dit saint Pierre, Jésus-Christ nous a mis en possession de si grandes et si précieuses promesses, afin de nous rendre ainsi participants de la nature divine (2). » « Nous sommes maintenant enfants de Dieu, dit saint Jean, et ce que nous serons un Jour n'a pas encore été manifesté; mais nous savons qu'au temps de cette manifestation, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est (3). » Saint Paul n'est pas moins expressif ; parlant « des choses que Dieu a préparées pour ceux qui r aiment, » il fait allusion au texte d'Isaïe(/i), oii il est dit que ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme (5). D'un mot, mais profond et insondable, Notre Seigneur résume la béatitude destinée à l'homme, et qui n'est autre que la béatitude même de Dieu, c'est le mot du Maître au serviteur bon et fidèle : « Entre dans la Joie de ton maître (6). »
I. Hebr., vi, 17-18. — 3. II Petr., i, 4- — 3. I Joan.f III, 2, — 4. Is., Lxiv, 4» — 5. I Cor., Il, 9. — 6. Matth., XXV, 21, « J'entrerai en Dieu et je trouverai là le parfait contentement de mes désirs ; car Dieu est tout. Ici-bas Dieu se cache en même temps qu'il se donne ; il se distribue et se déguise. 11 n'y a de bon dans les objets qui me charment, que ce qu'il y a déposé de lui-même. C'est quelque chose de sa lumière qui m'éclaire par son soleil ; c'est sa vertu vivifiante qui entre en ma poitrine avec le souffle des brises ; c'est sa bonté qui rayonne à mes yeux dans les splendeurs de la nature ou dans les magnificences de l'art ; c'est un reflet de sa sagesse qui séduit ma pensée dans les spéculations de la scieuce ; sur"