‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 87 sur 312 · LA CRAINTE SERVILE · texte numérisé non relu

LA CRAINTE SERVILE

car elle le porte à commettre le péché pour éviter tel ou tel mal terrestre. Telle fut la crainte qui porta saint Pierre à renier son Maître dans la nuit de la Passion ; c'est celle de tous les apostats et renégats, qui préfèrent renoncer à la foi plutôt que de subir les tourments et la mort, dont on les menace ; celle aussi de tous les faibles chrétiens, qui manquent à leur devoir dans le but intéressé de ne point perdre une place ou un avantage temporel. Quand le mal redouté n'est simplement que la mésestime ou le mépris des hommes, elle se nomme le respect humain.

La crainte mondaine ou humaine est moralement mauvaise, parce qu'elle met la fin de l'homme dans le monde, alors qu'elle est en Dieu, ce qui n'est pas autre chose que le renversement de Tordre divin, c'est-à-dire une faute (i). Notre Seigneur l'a condamnée, quand il a dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer Vâme ; craignez plutôt celui qui peut perdre Vâme et le corps dans la géhenne (2). »

III. La crainte servile. — Ainsi dénommée, du mot latin servus, serf ou esclave, cette crainte appréhende les châtiments que 1^ justice divine doit infliger au péché. Elle s'inspire d'un motif assez bas, qui est celui, non d'un être libre agissant librement selon son inclination et son amour, mais d'un esclave, qui ne s'appartient pas et dont le propre est d'obéir par peur du châtiment, ou d'un serviteur qui est beaucoup plus aimé qu'aimant. On en distingue deux sortes, Fune qualifiée de servilement servile, l'autre simplement de servile.

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