‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 97 sur 312 · DIEU DOIT ÊTRE AIMÉ TOTALEMENT · texte numérisé non relu

DIEU DOIT ÊTRE AIMÉ TOTALEMENT

acte de crainte salutaire : autant d'actes très légitimes et d'une bonté morale indiscutable, mais qui ne sont pas le motif vrai de la charité. Le motif vrai de la charité, qu'il soit immédiatement perçu ou qu'il finisse par prédominer, c'est que Dieu est infiniment parfait. Le Catéchisme Romain, comme nous le verrons (i), a eu bien soin de le faire remarquer. N'oublions pas que ce motif prédominant, absolument indispensable pour constituer l'acte de charité envers Dieu, n'est pas exclusif de tout autre motif secondaire de gratitude, d'espérance ou de crainte salutaire ; ceux-ci, pourvu qu'ils soient subordonnés, n'excluent pas le motif de la charité, mais au contraire peuvent en faciliter la présence dans la volonté et acheminer l'âme vers l'acte même de charité. Ils peuvent fort bien coexister avec celui de la charité ; c'est dans l'ordre établi. Il est juste que nous aimions notre bien, quand ce bien est Dieu, l'infinie perfection, et qu'en l'aimant pour lui-même comme le bien parfait, nous possédions en lui la joie, le bonheur et le repos ; car nous ne pouvons pas faire que Dieu, aimé pour lui-même, ne soit pas en même temps notre récompense. Et la charité, pour parfaite qu'elle soit, ne supprime pas ici-bas l'espérance. Aussi l'Eglise a-t-elle raison, comme nous l'avons vu, de réprouver le quiétisme quand il affirmait la possibilité, l'existence et même l'obligation d'un amour de Dieu exclusif de tout amour de soi-même.

3. Dieu doit être aimé totalement. D'abord en luimême, dans tout ce qui lui appartient, sans rien exclure, parce que, à tous les points de vue, il est digne d'être aimé. Ensuite, comme nous l'avons déjà dit, par le sujet aimant, qui doit tout rappor-

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